Relevez les défis de votre époque

Diplômé de l’École poly­tech­nique, corps des Mines, Stéphane Dupré la Tour est directeur de l’innovation avancée et des tech­nolo­gies numériques chez EDF. Il par­raine la remise des diplômés de la pro­mo­tion 2025.

À l’issue de ses études, Stéphane Dupré la Tour rejoint, en tant que fonc­tion­naire, la pré­fec­ture régionale de Lille. Quelles sont ses mis­sions ? « À l’époque, nom­bre de secteurs indus­triels, notam­ment la sidérurgie, le tex­tile ou encore l’industrie minière, étaient en restruc­tura­tion, voire en voie de dis­pari­tion, dans le Nord-Pas-de-Calais, nom de la région à l’époque. Il s’agissait de gér­er des pro­jets de recon­ver­sion indus­trielle et des aides économiques », dit-il.

Après cette pre­mière expéri­ence, il rejoint les ser­vices décon­cen­trés de l’État pour l’environnement. « La recon­ver­sion devait en effet s’accompagner du respect des règles con­cer­nant notam­ment la pol­lu­tion des sols, de l’air, de l’eau, etc. On a ain­si mis en place le pre­mier plan région­al pour la ges­tion des déchets indus­triels et celui sur la qual­ité de l’air », souligne-t-il.

Une sit­u­a­tion en par­ti­c­uli­er l’a mar­qué : des enfants vivant aux alen­tours d’une anci­enne usine sidérurgique avaient des con­cen­tra­tions de métaux dans le sang si élevées qu’ils souf­fraient de trou­bles cog­ni­tifs assez sévères. D’où sa prise de con­science des liens entre envi­ron­nement et san­té. La con­fronta­tion au réel du « Nord » a con­duit Stéphane Dupré la Tour à tou­jours essay­er de trou­ver des solu­tions pour amélior­er l’environnement sans que cela entraîne la fer­me­ture des industries.

Après un pas­sage par le min­istère de l’Industrie, il intè­gre, en 2000, le cab­i­net de Jacques Chirac, alors prési­dent de la République, en tant que con­seiller à l’écologie. « C’est en inté­grant le poste que je me suis ren­du compte que le périmètre était beau­coup plus large, puisqu’il inclu­ait, entre autres, les trans­ports, l’industrie et l’artisanat, l’innovation, l’aménagement du ter­ri­toire, etc. Tout ce qui pou­vait avoir un impact écologique en somme », explique Stéphane Dupré la Tour.

Lors de la cam­pagne prési­den­tielle de 2002, Jacques Chirac, qui mon­trait un intérêt réel pour les ques­tions écologiques, a fait une propo­si­tion phare : une Charte de l’environnement. Jacques Chirac réélu, Stéphane est resté à son cab­i­net, s’est attelé à la tâche et la Charte de l’environnement, un texte à valeur con­sti­tu­tion­nelle, comme la Déc­la­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen de 1789, fut ain­si pro­mul­guée en 2005. Elle con­tient notam­ment le droit de cha­cun de vivre dans un envi­ron­nement qui ne nuise pas à sa santé.

« Pen­dant tout le quin­quen­nat, nous sommes par­tis des faits écologiques et avons déroulé un pro­gramme com­plet sur le développe­ment durable avec notam­ment un plan nation­al san­té et envi­ron­nement. Mes leçons du “Nord” avaient porté leurs fruits », précise-t-il.

Quels mes­sages souhait­erait-il trans­met­tre aux futurs ingénieurs ? « Dans un monde com­plexe et par­fois anx­iogène, il ne faut surtout pas baiss­er les bras. Chaque généra­tion fait face à des enjeux majeurs et doit met­tre toute son énergie pour relever les défis de son époque. Aux journées portes ouvertes de l’UTC, j’ai com­pris que le pro­jet péd­a­gogique de l’UTC, inclu­ant pleine­ment les human­ités, peut les armer dans ce sens », con­clut Stéphane Dupré la Tour.

MSD

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