Itinéraire d’un ingénieur tout-terrain

Diplômé de l’UTC en génie chim­ique (aujour­d’hui génie des procédés) en 1989, Philippe Miquel n’est pas homme à trac­er des lignes droites. Son par­cours est une suite de méta­mor­phoses réussies. D’une thèse pointue à l’université Johns Hop­kins de Bal­ti­more aux États-Unis jusqu’à la direc­tion Afrique d’Engie, il a su trans­former chaque étape en trem­plin. Por­trait d’un homme qui a exploré toutes les facettes de l’entreprise, des lab­o­ra­toires feu­trés aux développe­ments en Afrique, en pas­sant par la direc­tion de la stratégie.

Pourquoi l’UTC ? « Par refus du for­matage. Au lycée de Ville­momble, je n’avais aucune idée pré­cise de ma voie, mais je savais ce que je ne voulais pas : la classe pré­pa, trop sco­laire à mes yeux », con­fie-t-il. Il cherche alors une école général­iste capa­ble de préserv­er ses options. L’UTC s’impose comme une évidence.

Ce qui a fait la dif­férence avec d’autres écoles ? L’ouverture d’esprit, dit-il. À l’UTC, un dossier sco­laire ne se résume pas à un bul­letin de notes ou à une réus­site aux exa­m­ens, pré­cise-t-il. Philippe Miquel est un sportif pas­sion­né, en escrime notam­ment, sport pour lequel il par­ticipera aux cham­pi­onnats de France, mais égale­ment intéressé par le théâtre et l’animation. L’université val­orise, à ses yeux, cette richesse : « J’ai entraîné l’équipe d’escrime de l’UTC pen­dant un semes­tre. L’expérience a même été compt­abil­isée comme une UV ! » s’enthousiasme-t-il encore.

Au-delà de la rigueur sci­en­tifique, il y puise une curiosité insa­tiable, suiv­ant même un cours sur l’histoire de l’art. « L’UTC préfère les têtes bien faites aux têtes bien pleines. Elle t’apprend surtout à appren­dre et à décou­vrir par toi-même, loin du “par cœur” val­orisé par le sys­tème clas­sique du sys­tème français. » Une autonomie pré­cieuse qui le portera jusqu’à Bal­ti­more, aux États-Unis, à l’université Johns Hop­kins, pour un mas­ter, puis pour une thèse sur les nanoparticules.

De retour en France, il intè­gre la direc­tion de la recherche de Gaz de France (GDF). Mais, après qua­tre ans dans la R&D, l’envie de voir d’autres facettes de l’entreprise le démange. Il opère alors son pre­mier grand virage : direc­tion le com­mer­cial et le mar­ket­ing. Le tim­ing est impor­tant pour l’entreprise : c’est l’époque de la fusion avec SUEZ (pour devenir GDF SUEZ) et de l’ouverture des marchés européens de l’én­ergie. Philippe Miquel se retrou­ve à gér­er les grands clients du groupe, notam­ment les géants de la sidérurgie et du secteur de l’automobile.

Sa poly­va­lence séduit. Il grimpe à la direc­tion de la stratégie du groupe avant d’être repéré par le directeur général adjoint. Devenu son chef de cab­i­net, il plonge pen­dant trois ans dans le grand bain de la diplo­matie énergé­tique. Russie, Algérie, Pays-Bas, Roy­aume-Uni, Nige­ria : il sil­lonne les pays four­nisseurs et décou­vre les arcanes des négo­ci­a­tions internationales.

Au bout de trois ans, nou­veau cap : l’Afrique. Un con­ti­nent où 44 % des habi­tants n’ont tou­jours pas accès à l’électricité. Après avoir piloté un pro­jet de liqué­fac­tion de gaz au Camer­oun, il pose ses valis­es à Abid­jan, en Côte d’Ivoire. En tant que directeur région­al pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique cen­trale chez Engie (nou­veau nom de GDF SUEZ), sa mis­sion prend une dimen­sion socié­tale. « L’objectif était clair : faciliter l’accès à l’énergie pour les par­ti­c­uliers et les entre­pris­es, en mis­ant sur le renou­ve­lable », explique-t-il. Exit les sché­mas clas­siques. Il développe des solu­tions agiles : cen­trales solaires rac­cordées au réseau, mini-réseaux pour ali­menter des aggloméra­tions isolées, ou instal­la­tions en toi­ture pour des indus­triels et pour le secteur ter­ti­aire (écoles, hôpi­taux, etc.). « Nous com­mer­cial­i­sions même des kits solaires indi­vidu­els pour les loge­ments des particuliers. »

À tra­vers ces mul­ti­ples expéri­ences, c’est un nou­veau monde énergé­tique qui se des­sine sous ses yeux : décen­tral­isé, durable et proche des besoins. Une vision que Philippe Miquel a portée et a con­tribué à dévelop­per tout au long de son parcours.

Bio express

  • 1990–1996 : Ph.D. en génie chim­ique à l’Université Johns Hop­kins de Bal­ti­more (États-Unis)
  • 1996 : intè­gre la direc­tion de la recherche de Gaz de France
  • 2010 : directeur de cab­i­net chez GDF SUEZ
  • 2016 : directeur Afrique de l’Ouest et Afrique cen­trale d’Engie

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