Les utécéens préparent les 100 ans du transport aérien

A l’UTC, des étu­di­ants s’in­vestis­sent chaque semes­tre depuis deux ans dans un pro­jet orig­i­nal : recon­stru­ire un avion français conçu en 1929, le Laté­coère 28, dont il n’ex­iste plus aucun appareil aujourd’hui.

En 2018, à Paris, le Grand Palais accueillera une expo­si­tion com­mé­morant les 100 ans du trans­port aérien. L’association Com­piég­noise du Cer­cle des Machines Volantes s’est asso­cié à cet événe­ment en déci­dant de recon­stru­ire un Laté­coère 28, avion français emblé­ma­tique des débuts de l’avi­a­tion civile. Pour men­er à bien ce pro­jet, Frédérick Collinot, prési­dent de l’association, a fait appel à l’UTC pour par­ticiper à des travaux d’ingénierie aéro­nau­tique. Ce n’est pas la pre­mière col­lab­o­ra­tion entre l’UTC et le CMV, des étu­di­ants ayant déjà tra­vail­lé depuis 4 ans sur le pro­jet de recon­struc­tion d’un autre avion, le Cau­dron C430 (le pro­jet avançait bien, mais il a été mis entre par­en­thès­es en 2016, pour con­cen­tr­er tous les efforts sur la recon­struc­tion du Laté­coère, plus urgente). 

Mais un tel pro­jet demande une organ­i­sa­tion rigoureuse, c’est pourquoi chaque semes­tre, qua­tre à cinq étu­di­ants par­ticipent à une UV de ges­tion de pro­jet. “Nous faisons le lien entre Mr Picard, ini­ti­a­teur du pro­jet à l’UTC, et les étu­di­ants des UVs de réal­i­sa­tion de pro­jet que nous sommes chargés de recruter, explique War­ren Pasi­ni, étu­di­ant à l’UTC. Nous nous char­geons égale­ment de la com­mu­ni­ca­tion et du mécénat.”

Chaque UV pro­jet répond à une prob­lé­ma­tique pré­cise con­cer­nant la recon­struc­tion du Laté­coère. “Il y a notam­ment des UVs de sim­u­la­tion numérique pour étudi­er le pro­fil de l’avion, de mod­éli­sa­tion du moteur, une autre pour la fab­ri­ca­tion des nervures en bois, et ce semes­tre nous avions aus­si un groupe qui étu­di­ait les pro­priétés de l’en­toilage” explique War­ren. Mais, pour envis­ager de recon­stru­ire l’ap­pareil, il a d’abord fal­lu faire une énorme recherche, notam­ment de plans, à la fon­da­tion Laté­coère et chez les descen­dants de ce dernier. “Les étu­di­ants sont par­tis de ces plans pour les travaux de mod­éli­sa­tions, grâce aux­quels nous avons établi des devis pour les pièces qui ne peu­vent être con­stru­ites directe­ment dans les ate­liers du CMV.” L’ob­jec­tif de l’as­so­ci­a­tion est d’avoir toutes les pièces au début de l’an­née 2018, pour com­mencer l’assem­blage de l’ap­pareil dont la struc­ture doit être ter­minée pour l’exposition au Grand Palais. Les moteurs et tous les équipements fonc­tion­nels seront mis en place après, avec en point de mire de retrac­er le pre­mier par­cours aéro­postal entre l’Eu­rope et l’Amérique du sud.

Ce pro­jet atyp­ique attire en tout cas étu­di­ants et enseignants-chercheurs en nom­bre. “Ceux qui rejoignent le pro­jet ne sont pas for­cé­ment pas­sion­nés par l’aéro­nau­tique au départ, mais ils le devi­en­nent par la suite ! Plusieurs étu­di­ants pensent d’ailleurs se spé­cialis­er dans ce domaine, et un enseignant a même passé son brevet de pilote !” s’ex­clame War­ren. Ce pro­jet apporte énor­mé­ment aux étu­di­ants en leur per­me­t­tant d’ap­pli­quer directe­ment les com­pé­tences théoriques appris­es en cours sur un cas con­cret. Il exige aus­si de leur part une grande autonomie, de l’or­gan­i­sa­tion, le respect des délais et une bonne répar­ti­tion des tâch­es. “C’est aus­si un pro­jet qui demande un gros investisse­ment per­son­nel, les étu­di­ants doivent y con­sacr­er en moyenne une soix­an­taine d’heures au cours du semes­tre. C’est aus­si très respon­s­abil­isant, car, l’avion devant pou­voir vol­er, ils n’ont pas le droit à l’er­reur,” com­plète Warren.

Ren­dez-vous l’an­née prochaine au Grand Palais !


Encadré

En 1918, Pierre-Georges Laté­coère créée la Société Générale des Lignes Laté­coère (qui devien­dra l’Aéro­postale en 1927). C’est la fin de la pre­mière guerre mon­di­ale, l’aviation mil­i­taire cède la place à l’avi­a­tion civile, et le ser­vice postal aérien con­nait un essor ful­gu­rant. Pour trans­porter cour­ri­er et pas­sagers sur des dis­tances tou­jours plus grandes, les con­struc­teurs conçoivent alors régulière­ment de nou­veaux mod­èles. C’est le cas du Laté­coère 28, conçu en 1929, et qui peut accueil­lir à son bord jusqu’à huit pas­sagers en plus du cour­ri­er. En 1930, Jean Mer­moz réus­sit avec une ver­sion équipée de flot­teurs la pre­mière tra­ver­sée sans escale de l’Atlantique Sud en 21 heures entre le Séné­gal et le Brésil, ouvrant la voie à de nom­breuses lignes aéro­postales vers le con­ti­nent sur américain.

Le magazine

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