37 : Startup UTC — série I

Tous les secteurs ver­ti­caux sont touchés par les inno­va­tions numériques et par les ten­dances du Con­sumer Elec­tron­ic Show (CES) qui est le plus grand événe­ment mon­di­al high-tech auquel assis­taient 3 start up UTC.

La dis­tri­b­u­tion par exem­ple, qui s’interroge sur la ten­dance en très forte pro­gres­sion du com­merce en ligne et de la réal­ité virtuelle. Les assur­ances quant à elles sont con­cernées par le développe­ment de la voiture à con­duite automa­tique. Les ban­ques, elles obser­vent de près les évo­lu­tions du paiement mobile. L’automobile pour­suit son marché de tech­nolo­gies embar­quées, pour l’audio, les cap­teurs, la con­duite assistée et la con­duite automa­tique. Les indus­tries tra­di­tion­nelles enfin peu­vent observ­er com­ment leurs con­cur­rents pren­nent ou pas le train des objets con­nec­tés. Bref, tout le monde est concerné !

Une vis­ite du CES donne un éclairage sur la stratégie numérique en y inté­grant les moments de vie, les seg­ments d’utilisateurs et les usages les plus per­ti­nents sans oubli­er la dimen­sion économique : est-ce que le prix de la solu­tion est com­pat­i­ble avec sa valeur d’usage ? Est-ce que celui-ci peut poten­tielle­ment baiss­er rad­i­cale­ment pour démoc­ra­tis­er l’usage ? Ce genre de ques­tion est à se pos­er partout : pour l’impression 3D, pour la TV 4K et pour les objets con­nec­tés de toutes catégories.

Les grandes entre­pris­es innovent en s’appropriant ce qui est tech­nologique­ment imag­in­able et en le croisant avec ce qui pour­rait amélior­er les ser­vices four­nis aux clients et/ou la per­for­mance de l’entreprise. Reste ensuite à équili­br­er l’externalisation et l’internalisation des risques inhérents à l’innovation. A l’UTC en par­ti­c­uli­er on approu­ve quand, au CES, le pro­fesseur Shawn DuBravac, directeur de recherche de d’innovation pour le CES, affirme haut et fort que ce n’est pas la tech­nolo­gie qui compte mais les usages qu’on en fait : il faut se focalis­er sur ce qui est pos­si­ble tech­nologique­ment par­lant et sur ce qui fait du sens. C’est le « mean­ing­ful » vs le « pos­si­ble ». Les pro­duits présen­tés par les 3 utcéens présents à Las Vegas et les autres start up détail­lées dans le dossier témoignent de cette pri­or­ité dans leur créa­tion. Elles anticipent par ailleurs les ten­dances dans les secteurs de la san­té, de l’alimentation et du loisir.

Cepen­dant, il est clair qu’aujourd’hui, con­firme tou­jours le pro­fesseur Shawn Dubravac, que les deux tiers du chiffre d’affaires du secteur numérique sont con­cen­trés sur cinq caté­gories de pro­duits : les mobiles, les tablettes, les TV et les ordi­na­teurs. L’émergence de nou­velles caté­gories de pro­duits comme les drones, la réal­ité virtuelle ou l’impression 3D pour­rait chang­er cet équilibre.

Au delà du pro­duit, le CES a révélé trois méta-ten­dances clés qui font appréhen­der à tous les grands change­ments qu’apporte le numérique :

• La détec­tion ambiante: dores et déjà, des cap­teurs mesurent tout en con­tinu, on sur­veille les bébés, les con­duc­teurs, la tem­péra­ture de la mai­son, notre activ­ité physique, nos chiens et chats, ce que nous man­geons, tout est même filmable et enregistrable.

• L’apprentissage agrégé con­cerne l’exploitation des don­nées issues des cap­teurs (lumière, météo, nom­bre de per­son­nes, tem­péra­ture, notre niveau de fatigue), mais aus­si les algo­rithmes d’apprentissage de Google à par­tir de nos don­nées, le machine learn­ing IBM Wat­son… bref l’apprentissage agrégé se fait par l’ appren­tis­sage col­lec­tif et l’information du sys­tème en con­tinu pour dévelop­per de meilleurs scé­nar­ios comme l’ont démon­tré les jeux et main­tenant les équipemen­tiers qui créent des sys­tèmes de machine learn­ing et d’autoapprentissage.

• Con­struc­tion des écosys­tèmes : c’est une banal­ité, mais les nou­velles tech­nolo­gies maturent quand leurs écosys­tèmes se met­tent en place. C’est le cas avec la réal­ité virtuelle (VR) qui impactera les voy­ages. Son écosys­tème intè­gre les caméras 360° très présentes sur ce CES. La 4K égale­ment monte en puissance. 

Label­lisé en 2012 par le Cen­tre d’innovation de l’UTC, le pro­jet Aspic Engine, porté par deux étu­di­ants en génie infor­ma­tique, Marc Muller et Quentin George, a abouti à la créa­tion d’une entre­prise, Aspic Tech­nolo­gies, fin 2014.

L’entreprise conçoit et pro­pose des logi­ciels et du matériel des­tinés aux pro­fes­sion­nels du jeu vidéo et de la réal­ité virtuelle, per­me­t­tant d’obtenir un ren­du réal­iste de l’environnement sonore. « Aspic Tech­nolo­gies rend cohérentes la vue et l’ouïe dans un envi­ron­nement virtuel, et rem­place des méth­odes longues et coû­teuses par une solu­tion effi­cace et en temps réel, moyen­nant de légères approx­i­ma­tions », explique Quentin George.

Actuelle­ment, la start­up est notam­ment l’unique four­nisseur de logi­ciels et de matériel sonore pour la plate­forme EQUIPEX Inno­va­tion-research in the Dig­i­tal and Inter­ac­tive Visu­al Envi­ron­ments (IrDIVE) du lab­o­ra­toire SCAL­ab des uni­ver­sités de Lille. Cette plate­forme, qui sera inau­gurée au print­emps 2016, sera la plus grande salle de réal­ité virtuelle en France.

Par ailleurs, la start­up compte faire une lev­ée de fonds dans le courant de l’année, pour agrandir son équipe mar­ket­ing et commerciale.

www.aspictechnologies.com

Le mal de dos, qui touche près de huit français sur dix, est sou­vent qual­i­fié de “mal du siè­cle”. En cause le plus sou­vent, notre mode de vie trop séden­taire et une mau­vaise pos­ture lorsque nous sommes assis devant un bureau. C’est pour remédi­er à ce prob­lème qu’Antony Rouh­ban, qui a inté­gré l’UTC en for­ma­tion con­tin­ue pour le cur­sus d’ingénieur en génie Biologique, et Nicolás Latorre de l’université Favoloro (Buenos Aires), qui a effec­tué un dou­ble diplôme à l’UTC, ont dévelop­pé une tech­nolo­gie portable con­nec­tée, per­me­t­tant de sig­naler une mau­vaise posture.

“Notre objec­tif est de con­cevoir un dis­posi­tif médi­cal des­tiné à la préven­tion, au traite­ment et au suivi des prob­lèmes de pos­ture. Cet appareil devra donc être util­isé avec l’encadrement d’un pro­fes­sion­nel de san­té (un médecin,un kinésithérapeute, etc.).

Pour Antony Rouh­ban et Nicolás Latorre, les orig­ines de ce pro­jet remon­tent à 2014, lorsqu’ils s’in­scrivent au con­cours d’in­no­va­tion pro­posé par l’As­so­ci­a­tion Française des Ingénieurs Bio­médi­caux (AFIB) : “Nicolás a de bonnes com­pé­tences en élec­tron­ique, et on se com­plète dans les domaines de la ges­tion de pro­jet, du mar­ket­ing et de la régle­men­ta­tion. Nous avons donc décidé de présen­ter un pro­jet pour le con­cours, et Didi­er Gamet du lab­o­ra­toire BMBI a accep­té que notre par­tic­i­pa­tion à celui-ci fasse l’ob­jet d’une UV TX.”

Antony et Nicolás ont reçu le pre­mier prix ex-aequo de ce con­cours et ils font égale­ment par­tie des 20 pre­miers pro­jets sélec­tion­nés par le Prix Pépite – Trem­plin pour l’Entrepreneuriat Etu­di­ant. Mais ils ont aus­si été pré-label­lisés par le Cen­tre d’In­no­va­tion de l’UTC, lors du con­cours de pro­jets inno­vants de sep­tem­bre 2014. “Cette pré label­li­sa­tion, qui va se pour­suiv­re par une label­li­sa­tion cette année, nous a per­mis d’obtenir des fonds, mais aus­si et surtout la crédi­bil­ité néces­saire pour pou­voir faire tra­vailler des étu­di­ants de l’UTC sur notre pro­jet,” ajoute Antony.

Le Cen­tre d’In­no­va­tion, un espace par­fait pour que ces deux jeunes entre­pre­neurs puis­sent dévelop­per leur pro­jet : “Nous avons pleine­ment exploité les ressources offertes par l’UTC et le Cen­tre d’In­no­va­tion, con­firme Antony. Sur un an Nous avons tra­vail­lé au total avec près de 50 étu­di­ants de l’UTC, dans des domaines aus­si var­iés que la ges­tion de pro­jet, l’in­tel­li­gence économique, le design, la créa­tion d’en­tre­prise… Nous avons notam­ment employé plusieurs étu­di­ants de la fil­ière MPI, car cela nous a per­mis d’avoir un suivi pré­cis des dif­férents volets pro­jet, une aide était indis­pens­able car j’é­tais en stage le semes­tre précé­dent. Nous avons égale­ment util­isé le Fablab et la salle de motion cap­ture du Cen­tre d’In­no­va­tion.

D’ailleurs Antony et Nicolás ne comptent pas quit­ter le Cen­tre d’in­no­va­tion main­tenant qu’ils sont diplômés : “je vais enfin être à temps plein sur le pro­jet, et nos bureaux vont être au sein du Cen­tre d’In­no­va­tion, con­firme Antony. Par ailleurs, avec le lab­o­ra­toire BMBI, nous allons inté­gr­er un pro­gramme de mat­u­ra­tion accom­pa­g­né et financé par la SATT Lutech.

On a ten­dance à penser que la vente d’œuvres d’art est réservée à un milieu très restreint et se déroule unique­ment dans les galeries ou bien dans les ventes aux enchères, et dans ce cas le web n’est pas adap­té. Erreur ! Un jeune diplômé de l’UTC, Adrien Saix, a juste­ment créer une start­up MyArt­Mak­ers , qui rap­proche ama­teurs d’art et artistes contemporains.

Je voulais mon­ter un pro­jet web, et j’ai remar­qué que le secteur de l’art était très en retard du point de vue des prob­lé­ma­tiques dig­i­tales. C’est pour cette rai­son que je me suis ori­en­té vers ce secteur, plus que par affinité” révèle Adrien Saix, diplômé en Génie des Sys­tèmes Urbains à l’UTC. “Et comme je n’avais aucune con­nais­sance en art, j’ai eu un regard neuf sur ce secteur. Aujour­d’hui bien sûr, je com­mence à bien m’y con­naître, mais du fait d’avoir eu une approche naïve lors du lance­ment du pro­jet, nous avons pu créer quelque chose d’in­no­vant, car nous n’é­tions pas influ­encés par les pra­tiques existantes.”

MyArt­Mak­ers, est une plate­forme web qui tient tout autant de la Mar­ket­place (comme Ama­zon), que du réseau social (comme Face­book). Ama­teurs d’art et artistes peu­vent s’y inscrire, selon deux pro­to­coles dis­tincts. Pour les ama­teurs, lors de l’in­scrip­tion, gra­tu­ite, ils vont être amenés à suiv­re 40 artistes et à aimer une cen­taine d’œuvres, ce qui per­met à l’algorithme dévelop­pé par la start­up  de leur pro­pos­er par la suite des œuvres et des artistes qui cor­re­spon­dent à leur goûts.
Avant d’être admis sur la plate­forme, les artistes doivent eux ren­seign­er des infor­ma­tions sup­plé­men­taires et fournir des pho­tos de leur œuvres. “Ensuite nous choi­sis­sons de valid­er ou non l’artiste, explique Adrien, car nous n’ac­cep­tons pas n’im­porte qui sur la plate­forme. La per­son­ne doit avoir le statut d’artiste indépen­dant, ou être inscrit à la Mai­son des artistes. Elle doit aus­si avoir un vrai univers à faire val­oir ! Par con­tre, nous accep­tons tout type d’art sur la plate­forme : pein­ture, sculp­ture, pho­togra­phie, gravure, street art…” Autre point fon­da­men­tal pour Adrien : ” Nous ne nous occupons que du marché dit de pre­mière main, c’est à dire que c’est l’artiste lui même qui créé son compte et vend ses œuvres.”

Le mod­èle économique de la plate­forme est du type Freemi­um : les artistes peu­vent s’in­scrire gra­tu­ite­ment et met­tre cinq œuvres en vente, ain­si qu’un lien vers leur pro­pre site web. Ils peu­vent ensuite souscrire un abon­nement pour déblo­quer d’autres fonc­tion­nal­ités sur la plate­forme, comme aug­menter leur vis­i­bil­ité. Par ailleurs, MyArt­Mak­ers prend aus­si une com­mis­sion sur les ventes réal­isées. Actuelle­ment, la plate­forme regroupe déjà plus de 1000 artistes français et 300 inter­na­tionaux, preuve qu’elle répond à une vraie attente.

Mais la start­up ne s’ar­rête pas là, et con­tin­ue de dévelop­per de nou­veaux pro­jets. “Nous avons été les pre­miers à pro­pos­er de pass­er des com­man­des d’œuvres d’art per­son­nal­isées  en ligne, souligne Adrien. les acheteurs décrivent ce qu’ils souhait­eraient et don­nent leur bud­get, et les artistes intéressés leur font des propo­si­tions. Com­man­di­taire et artistes peu­vent ensuite dis­cuter de la taille de l’oeu­vre, des matéri­aux, des couleurs, etc. A ce jour, nous avons déjà eu cinq com­man­des final­isées sur le site, en plus des ventes d’œuvres “clas­siques”

La start­up va aus­si pro­pos­er à la fin de l’an­née un tout nou­veau ser­vice aux artistes : “MyArt­Mak­ers Acad­e­my est un cen­tre de for­ma­tion pour les artistes sur la com­mu­ni­ca­tion dig­i­tale, l’ad­min­is­tra­tion de site inter­net, le com­mu­ni­ty man­age­ment… Il y a en effet un vrai besoin actuelle­ment.“affirme Adrien.

Par ailleurs, grâce à une ving­taines de lieux d’ex­po­si­tion tem­po­raires, tels que des restau­rants et des hôtels, où sont exposées des œuvres, MyArt­Mak­ers ren­tre aus­si dans le monde réel. “Et nous com­mençons à met­tre en place des vernissages, car c’é­tait une demande des artistes,com­plète Adrien. Mais ce n’est pas tout, nous pro­posons égale­ment des ser­vices par­ti­c­uliers pour les entre­pris­es. Nous leurs pro­posons nos con­seils pour l’ac­qui­si­tion d’œuvres d’art, pour organ­is­er des ate­liers “Art et Man­age­ment”, ou encore pour des vernissages

Récem­ment, le site s’est égale­ment doté d’une ver­sion anglaise, afin de faciliter son développe­ment à l’in­ter­na­tion­al. En effet, selon Adrien, “Le marché de l’art con­tem­po­rain français représente 2,8% du marché mon­di­al, explique Adrien. Les trois gros acteurs sont les Etats-Unis, la Chine et la Grande Bre­tagne qui con­cen­trent 77% du marché. Il est donc essen­tiel pour nous de nous posi­tion­ner à l’international.”


Tout comme Alice Frois­sac (cf. Inter­ac­tions n°35), Adrien Saix est un ser­i­al entre­pre­neur. En plus de MyArt­Mak­ers, il a créé sa pro­pre agence de com­mu­ni­ca­tion, Le Web Français. “Nous dévelop­pons des applis, des plate­formes web, on fait du référence­ment… Et, du coup, nous pou­vons tester pas mal d’idées sur la plate­forme MyArt­Mak­ers !” s’a­muse-t-il.

www.myartmakers.com

Le site pour les entre­pris­es : services-entreprises.myartmakers.com

Le site de l’a­cadémie MyArt­Mak­ers : academy.myartmakers.com

Le blog de MyArt­Mak­ers : www.myartmakers.com/le-mag/

Le site de Le Web Français : www.lewebfrancais.fr

Alors que nous sommes sat­urés d’informations visuelles et sonores au quo­ti­di­en, com­ment pour­rions-nous trans­met­tre des infor­ma­tions par notre sens du touch­er, quant à lui peu sol­lic­ité ? C’est la ques­tion à laque­lle a tra­vail­lé à répon­dre le lab­o­ra­toire Costech de l’UTC à tra­vers un pro­jet inno­vant lau­réat du 1er con­cours du Cen­tre d’innovation en 2010. Après trois années de mat­u­ra­tion du pro­jet, deux diplômés de l’UTC, Thibaud Sev­eri­ni et Vanes­sa Caig­nault ont alors créé Novi­tact. L’objectif de la start-up ? Don­ner du sens au touch­er, notam­ment à tra­vers son pre­mier pro­duit, le bracelet de com­mu­ni­ca­tion par vibra­tion Feeltact.

Le bracelet Feeltact est un bracelet con­nec­té per­me­t­tant d’émettre et de recevoir des mes­sages tac­tiles sous forme de vibra­tions. ” Le nom­bre de vibreurs sol­lic­ités ain­si que la durée, l’intensité de la vibra­tion et sa fréquence peu­vent être paramétrées afin de créer des mes­sages per­son­nal­isés et facile­ment iden­ti­fi­ables ” pré­cise Thibaud Sev­eri­ni, prési­dent de Novi­tact. Le bracelet est égale­ment relié au smart­phone de l’utilisateur par blue­tooth.
Les appli­ca­tions du bracelet FeelTact sont très nom­breuses. Celui-ci pour­rait donc trou­ver des débouchés pour les pro­fes­sion­nels, mais aus­si les par­ti­c­uliers, même si Novi­tact cible dans un pre­mier temps le marché pro­fes­sion­nel de la sécu­rité, pour des envi­ron­nements où la com­mu­ni­ca­tion visuelle et orale peut être dif­fi­cile, voire dan­gereuse. ” Par exem­ple, explique Vanes­sa Caig­nault, direc­trice générale de Novi­tact, un con­trôleur de train se sen­tant en dan­ger peut appuy­er sur son bracelet pour prévenir ses col­lègues dis­crète­ment ; et recevoir un mes­sage de retour lui sig­nalant le délai de leur arrivée. ”

L’idée d’un dis­posi­tif de trans­fert d’informations par vibra­tions a émergé en 2010 sous l’impulsion de Nico­las Espos­i­to, alors chercheur au lab­o­ra­toire Costech. Il a donc con­tac­té Thibaud Sev­eri­ni (ingénieur en infor­ma­tique diplômé de l’UTC. Thibaud a rejoint l’aventure en juin 2011 pour porter ce qui est devenu un pro­jet d’innovation, devenant notam­ment co-inven­teur de la solu­tion au for­mat bracelet. Vanes­sa Caig­nault (ingénieur diplômée de l’UTC avec une spé­cial­i­sa­tion en man­age­ment de pro­jets inno­vants) a rejoint l’aventure peu après : ” Après 10 ans d’accompagnement au lance­ment de pro­duits et de jeunes entre­pris­es, j’ai décidé de pass­er de l’autre côté et de me lancer à mon tour dans l’entrepreneuriat “.
Lau­réat du 1er con­cours du Cen­tre d’innovation de l’UTC, le pro­jet a béné­fi­cié de finance­ments du Con­seil Région­al de Picardie, via son fonds de mat­u­ra­tion, ain­si que de l’Europe au tra­vers du FEDER.
Par ailleurs, la start-up, créée offi­cielle­ment en octo­bre 2013, a rem­porté le 5 juin dernier le con­cours du Print­emps du Numérique, qui avait lieu au Cen­tre d’Innovation de l’UTC, gag­nant de ce fait sa place au sein de la délé­ga­tion française au prochain Con­sumer Elec­tron­ic Show (CES) à Las Vegas, ce qui va lui per­me­t­tre de se faire con­naître à l’international.

” Mais l’objectif prin­ci­pal de cette année, annonce Thibaud Sev­eri­ni, est de tester les bracelets en con­di­tion réelle grâce aux pro­to­types fonc­tion­nels que nous pos­sé­dons depuis le mois d’avril. ” Ces pro­to­types leur ont déjà per­mis d’entrer au con­tact de plusieurs entre­pris­es intéressées par le pro­jet, et d’identifier celles volon­taires pour entr­er en phase de test en sit­u­a­tion réelle d’ici la fin de l’année.

Quand on par­le robo­t­ique, on pense d’abord à des robots humanoïdes, des drones, ou encore des robots jou­ets. Pour­tant, la robo­t­ique est un domaine offrant bien d’autres pos­si­bil­ités encore. Avec son pro­jet Ga.ia, la start­up Still Human trans­forme ain­si en cyborg rien de moins que nos… plantes vertes !

A l’o­rig­ine de ce pro­jet un peu fou, Math­ias Schmitt, qui a suivi une for­ma­tion de design­er indus­triel au sein de l’é­cole Strate Col­lège, à Sèvres : “Pour mon diplôme, je devais dévelop­per un pro­jet indus­triel, et j’ai choisi de tra­vailler dans le domaine de la robo­t­ique. J’ai d’abord pen­sé à ali­menter un robot avec une plante, puis j’en suis venu à la con­clu­sion que la plante aus­si pou­vait trou­ver de l’in­térêt à être liée à un robot ! C’est là que m’est venu l’idée de faire un cyborg mi plante-mi machine, pour faire en sorte que les plantes puis­sent ‘pren­dre des décisions’ ”. 

Math­ias Schmitt s’as­so­cie alors avec un autre diplômé de son école pour fonder la start­up Still Human, afin de dévelop­per le pro­jet Ga.ia. C’est alors qu’ils font la ren­con­tre de Quentin Guilleus, diplômé de l’UTC en Génie des Sys­tèmes Mécaniques, sta­giaire au sein du Cen­tre de Robo­t­ique Inté­grée d’Île de France.

Trois ans plus tard, Ga.ia se présente sous la forme d’une base robo­t­ique à deux roues, con­nec­tée à inter­net et munie de nom­breux cap­teurs (hydrométrie, UV, lumière, tem­péra­ture…). Les don­nées récoltées en temps réel par les cap­teurs sont recoupées avec des don­nées con­cer­nant le type de plante, la péri­ode l’an­née, la météo, etc., récupérées sur inter­net. L’ensem­ble de ces infor­ma­tions va ensuite per­me­t­tre au robot de pren­dre des décisions.


“Par exem­ple, si la plante a besoin d’eau ou de lumière, avance Math­ias, le robot va pou­voir pren­dre la déci­sion de la déplac­er vers un endroit plus favor­able. Ga.ia est donc bien un cyborg, qui va avoir des com­pé­tences de robo­t­ique, dans le sens où il va pou­voir pren­dre des déci­sions dans des sit­u­a­tions nou­velles, par exem­ple si on déplace des meubles.” Pour per­me­t­tre les déplace­ments, le pot est en effet équipé de caméras et de lasers, pour faire une car­togra­phie pré­cise du lieu où il se trou­ve. “Des cap­teurs ultra­sons vont aus­si prévenir le robot qu’il y a du mou­ve­ment et qu’il doit éviter cette zone”, ajoute Math­ias. Pas de risque donc de voir la plante heurter un meu­ble où è ou un ani­mal. “Au départ, notre pro­jet por­tait sur des robots qui devaient se trou­ver dans les espaces publics, racon­te Math­ias. Et puis, au fil du temps, on s’est recen­tré sur des robots à des­ti­na­tion des par­ti­c­uliers ou des entre­pris­es, et qui doivent donc pou­voir cir­culer sans prob­lème dans un apparte­ment ou une maison.”

Mais, pour Math­ias Schmitt et ses asso­ciés, ce pot robo­t­isé n’a pas pour seul objec­tif de ren­dre la plante autonome : “Actuelle­ment les végé­taux sont con­sid­érés comme des meubles, et nous avons ten­dance à les oubli­er. Là, comme la plante va bouger, nous prenons con­science qu’elle est vivante, qu’elle a un rythme pro­pre, et des besoins. Nous allons donc ressen­tir de l’empathie envers elle, et pren­dre mieux con­science de la place des végé­taux dans notre envi­ron­nement”, affirme Math­ias : l’équipe tra­vaille donc pour ren­forcer l’in­ter­ac­tion entre la plante et la per­son­ne. “En cas de manque d’eau, la plante pour­rait envoy­er une noti­fi­ca­tion sur le smart­phone ou un mes­sage sur la paroi avant du robot. La plante pour­rait aus­si aller directe­ment se rav­i­tailler en eau à une base munie d’un réser­voir, capter l’hu­mid­ité de l’air, ou bien encore exploiter ses cap­teurs et sa liai­son inter­net, pour deman­der à sor­tir lorsque de la pluie est prévue.

La liai­son avec inter­net pour­rait aus­si per­me­t­tre à tous les cyborg de com­mu­ni­quer entre eux. ” On aimerait utilis­er le cloud com­put­ing pour remon­ter de l’in­for­ma­tion, afin que les robots puis­sent appren­dre des erreurs des autres, si une plante est morte par exem­ple. Nous avons vrai­ment envie d’ex­ploiter la robo­t­ique au max­i­mum de ses pos­si­bil­ités” affirme Mathias.

Bien sûr, les util­isa­teurs auraient tou­jours la pos­si­bil­ité de repren­dre le con­trôle du cyborg, par exem­ple pour lui inter­dire cer­taines pièces, ou le faire aller à un endroit pré­cis. L’équipe prévoit de com­mer­cialis­er à terme plusieurs tailles de pots, de la mini plante de bureau au petit arbuste. “Pour l’in­stant nous tra­vail­lons sur un pot d’une quar­an­taine de cen­timètres de diamètre, ce qui per­met déjà de met­tre une belle var­iété de plantes dedans, ajoute Math­ias. Nous sommes aus­si en train de dévelop­per Biom, le petit frère de Ga.ia, qui fait la même chose mais sans se déplac­er, et qui sera donc plus acces­si­ble en terme de prix, de l’or­dre d’une cinquan­taine d’eu­ros, con­tre 300–400 euros pour Ga.ia.” 


La com­mer­cial­i­sa­tion de Ga.ia et Biom devrait avoir lieu en 2017. “Notre pre­mière cible va sans doute être les entre­pris­es, car nous avons beau­coup de deman­des con­cer­nant de la loca­tion de flottes de robots pour les open space, ou de l’événe­men­tiel. Après, nous ne savons pas si nous allons tout de suite ouvrir la vente aux par­ti­c­uliers, rien n’est encore défi­ni, annonce Math­ias. Mais nous aime­ri­ons beau­coup faire de la vente en mag­a­sin, en jar­diner­ie par exemple.”

Même si elle se con­cen­tre pour le moment sur le développe­ment de leurs deux pro­duits, la start­up pense déjà à l’in­ter­na­tion­al. “Nous réfléchissons à nous dévelop­per en Asie, et notam­ment au Japon ou en Corée, avance Math­ias car ce sont des marchés très ouverts à la fois aux végé­taux et à la robotique.”

http://stillhuman.fr/

Aujour­d’hui, la maîtrise d’une langue étrangère, notam­ment de l’anglais, est indis­pens­able dans le monde du tra­vail. Com­pren­dre et se faire com­pren­dre par des per­son­nes issues du monde entier, ayant donc une cul­ture et des accents dif­férents, est donc fon­da­men­tal. Mal­heureuse­ment, l’en­seigne­ment des langues, et en par­ti­c­uli­er celui de l’anglais, aujour­d’hui dans le cur­sus sco­laire et uni­ver­si­taire, ne répond pas à ce besoin pré­cis. C’est  pour pal­li­er à ce manque qu’in­ter­vient Pip­plet, une start­up fondée cette année par trois diplômés de l’UTC.

Pip­plet se présente sous la forme d’un ser­vice d’é­val­u­a­tion en ligne dans les langues. Il a pour objec­tif d’é­val­uer la capac­ité d’une per­son­ne à com­mu­ni­quer, argu­menter et faire pass­er des sen­ti­ments dans une langue étrangère.

L’o­ral est donc pré­dom­i­nant dans ce test, comme le con­firme Bap­tiste Derongs : “Dans notre test, nous ne nous focal­isons pas sur les con­nais­sances gram­mat­i­cales, comme c’est le cas dans l’ap­pren­tis­sage académique des langues, mais sur la capac­ité d’un indi­vidu à à com­pren­dre un ensem­ble d’autres per­son­nes et à se faire com­pren­dre par elles. Il faut donc avoir déjà un min­i­mum de con­nais­sance dans la langue pour pou­voir utilis­er le ser­vice, mais les ques­tions sont adap­ta­tives en fonc­tion du niveau. En fait, même quelqu’un dont c’est la langue mater­nelle peut pass­er le test pour éval­uer sa capac­ité à se faire com­pren­dre par des non natifs.”

C’est lors de leur séjour à Lon­dres que l’idée de Pip­plet est venue à Adrien, diplômé en Génie Infor­ma­tique, Bap­tiste diplômé égale­ment en Génie Infor­ma­tique et Matthieu ‚diplômé en Génie mécanique. Ils déci­dent alors de créer leur start­up. “Grâce à l’UTC, on a réus­si à avoir une belle com­plé­men­tar­ité de com­pé­tences. Je m’oc­cupe plus du développe­ment com­mer­cial, explique Bap­tiste Derongs, tan­dis qu’Adrien est en charge des aspects tech­nologique et Matthieu struc­ture et défi­ni notre pro­duit. Nous sommes deux infor­mati­ciens et un Génie mécanique, et au final nous tra­vail­lons dans les sci­ences humaines. C’est ça l’e­sprit de l’UTC !”

La start­up a été désignée lau­réate en juil­let 2015, dans la caté­gorie “en émer­gence”, du con­cours I‑Lab, organ­isé con­join­te­ment par la BPI et le Min­istère de l’En­seigne­ment supérieur et de la Recherche. “Nous avons obtenu la sub­ven­tion max­i­male de 45 000€ pour accélér­er notre développe­ment, indique Bap­tiste. Pour l’in­stant, nous avons déjà con­clu un parte­nar­i­at avec La Sor­bonne, Paris 6 et bien­tôt l’UTC. ” Ce parte­nar­i­at avec les uni­ver­sités per­met à la start­up de se bâtir rapi­de­ment un cor­pus d’u­til­isa­teurs venant des cinq con­ti­nents. Notre objec­tif est d’avoir un échan­til­lon représen­tatif du monde entier. Au final, un util­isa­teur va échang­er avec entre 50 et 100 autres util­isa­teurs, de plusieurs pays, afin d’être mis en con­tact avec les dif­férents accents ” détaille Baptiste.

Toute per­son­ne qui s’in­scrit au test va ensuite devoir répon­dre à une cinquan­taine de ques­tions : 25 ques­tions où elle va s’ex­primer et 25 ques­tions où elle va devoir écouter un autre can­di­dat et répon­dre à des ques­tions con­cer­nant ce qu’il a dit. “Par exem­ple un util­isa­teur va expli­quer com­ment aller de A à B sur une carte, et un sec­ond util­isa­teur va devoir trou­ver le point B en par­tant du point A. Si les deux can­di­dats se sont com­pris, cela nous per­met de valid­er la bonne com­préhen­sion et donc la ques­tion pour les deux can­di­dats. Sta­tis­tique­ment, on arrive à avoir une note représen­ta­tive de la capac­ité de la per­son­ne à com­pren­dre et se faire comprendre.“Pipplet repose sur un cor­pus de ques­tions, ces dernières ont été élaborées avec l’aide d’un pro­fes­sion­nel en lin­guis­tique. Le Test Pip­plet est pour le moment disponible en anglais, mais son exten­sion à d’autres langues est d’ores et déjà prévue.

“Notre sys­tème est poten­tielle­ment disponible en n’im­porte quelle langue, pourvu qu’on adapte les ques­tions à la cul­ture de la langue. Nous avons d’ailleurs déjà beau­coup de deman­des pour dévelop­per le test en français. En fait, pour met­tre en place le test dans une autre langue, il nous faut surtout un bon cor­pus de per­son­nes par­lant cette langue, dont cer­tains pour lesquels c’est la langue mater­nelle,” affirme Bap­tiste. L’ob­jec­tif à plus long terme porte sur la recon­nais­sance du résul­tat obtenu à l’is­su de ce test pour qu’il soit util­is­able sur son CV par exemple.

“Les util­isa­teurs obtiendraient un score à la fin du test pour définir l’ai­sance à la com­mu­ni­ca­tion des per­son­nes, déclare Bap­tiste. Plus l’u­til­i­sa­tion de Pip­plet aug­mentera, plus la recon­nais­sance de la cer­ti­fi­ca­tion du niveau sera impor­tante. Mais pour cela, il faut aus­si que l’on s’as­sure de la méth­ode de pas­sa­tion du test, notam­ment pour véri­fi­er qu’il ne se fasse pas aider par quelqu’un.” Pip­plet est pour le moment des­tiné prin­ci­pale­ment aux entre­pris­es, notam­ment pour des tests de recrute­ment. L’évo­lu­tion est, selon Bap­tiste : “de pro­pos­er des ser­vices per­son­nal­isées aux entre­pris­es, par exem­ple de tester les capac­ités de com­mu­ni­ca­tion des équipes, dans un domaine pré­cis, comme l’au­to­mo­bile où la banque, et vers des pays par­ti­c­uliers, comme la Chine où l’Inde par exem­ple.” Mais le test sera bien­tôt égale­ment disponible pour les par­ti­c­uliers qui voudraient éval­uer leur capac­ité à communiquer.

http://www.pipplet.com

Lorsqu’ils inter­vi­en­nent pour un incendie dans un lieu fer­mé, les pom­piers sont sou­vent gênés par le manque de vis­i­bil­ité dû à la fumée. Un incon­vénient qui fera peut-être bien­tôt par­tie du passé grâce à Iperio, une caméra se fix­ant sur leur casque, qui per­me­t­tre aux pom­piers de voir à tra­vers la fumée. Ce petit bijou de tech­nolo­gie est dévelop­pé par Corentin Huard et Alice Frois­sac, une diplômée de l’UTC.

“Je suis une ser­i­al entre­pre­neuse !” C’est ain­si que se définit Alice Frois­sac, diplômée de l’UTC en 2010 et lau­réate du prix “début promet­teur” du Prix des Ingénieurs de l’an­née d’U­sine Nou­velle et Indus­tries et Tech­nolo­gies. Et pour­tant, sa for­ma­tion ini­tiale ne la prédis­po­sait pas spé­ciale­ment à cela. ” J’ai fait une licence en sci­ence de l’ingénieur à l’UPMC, mais c’é­tait très théorique, se sou­vient Alice Frois­sac. J’avais tou­jours été intéressée par le design indus­triel et donc, au lieu de faire un mas­ter, j’ai cher­ché une for­ma­tion qui pour­rait me rap­procher de ce domaine et l’UTC était une des seules écoles en France qui per­me­t­tait de suiv­re des études d’ingénieurs com­biné à une sen­si­bil­ité au design indus­triel. J’ai donc inté­gré la fil­ière design indus­triel, qui per­met notam­ment d’avoir un pro­fil trans­ver­sal entre ingénieur et design­er, et donc de savoir s’adapter à dif­férentes sit­u­a­tions et métiers.”

Après son diplôme, Alice suit un an les cours de la Paris-Est d.school de l’Ecole des Ponts et s’im­plique dans un pro­jet de réin­ven­tion de l’ex­péri­ence des pom­piers dans les incendies grâce à une tech­nolo­gie apportée par Thalès Optron­ics per­me­t­tant de voir à tra­vers la fumée. ” En juin 2014, Thalès n’a pas souhaité repren­dre le pro­jet en interne, et Corentin Huard, qui avait aus­si tra­vail­lé sur ce pro­jet, et moi avons donc décidé de repren­dre le pro­jet et de créer notre entre­prise, Ektos. ”

Et c’est dans le cadre de cette start­up qu’ils con­tin­u­ent le développe­ment du pro­jet, désor­mais bap­tisé Iperio. Une caméra infrarouge est accrochée au casque, elle est même détach­able au besoin. Les images s’af­fichent dans le masque res­pi­ra­teur, soit par pro­jec­tion, soit par mini écran monoc­u­laire (les deux tech­niques sont encore à l’é­tude). Les images sont trans­mis­es en par­al­lèle en temps réel à l’ex­térieur, afin que les officiers aient une vision claire de ce qui se passe durant l’in­ter­ven­tion. Elles pour­raient à terme être enreg­is­tra­bles, pour de la for­ma­tion et du retour d’ex­péri­ence. ” On a passé beau­coup de temps avec les pom­piers pour com­pren­dre leurs besoins, explique Alice. C’est la base du Design Think­ing, c’est à dire l’in­no­va­tion cen­trée util­isa­teur. On observe les usages et les com­porte­ments pour apporter des solu­tions. C’est un peu l’in­verse de ce qui se fait sou­vent en France, où l’on développe des tech­nolo­gies, pour chercher ensuite com­ment les utiliser. ”

Pour définir au mieux les besoins des pom­piers, Alice Frois­sac et Corentin Huard ont col­laboré avec la caserne de Moissy Cra­mayel (77). ” Les pom­piers utilisent déjà ce type de caméras infrarouge, mais elles sont tenues à la main, et cela ralen­tit en fait leur avancée. Lors des tests, nous nous sommes ren­du compte qu’il y avait énor­mé­ment de con­traintes à inté­gr­er : il ne faut pas que la caméra soit trop lourde, il faut qu’elle soit petite pour ne pas gên­er dans les déplace­ments, Il faut qu’elle résiste aux tem­péra­tures et aux chocs, et aus­si qu’elle ait une cer­taine autonomie.

” Pour per­me­t­tre aux pom­piers de “voir” à tra­vers la fumée, la caméra utilise de l’in­frarouge Ther­mique, qui per­met de voir les dif­férentes zones de chaleur, et donc par exem­ple de voir une vic­time sur le sol, ou une zone de feu plus intense. ” Mais, dans un sec­ond temps, on aimerait utilis­er la tech­nique que Thalès nous avait pro­posée au début du pro­jet, le proche infrarouge, qui per­met réelle­ment de voir à tra­vers la fumée en niveaux de gris, indique Alice. Mais c’est une tech­nolo­gie qui coûte très cher, et qui néces­site encore pas mal de développe­ment pour qu’elle soit vrai­ment performante.

” Cette tech­nolo­gie de proche infrarouge per­me­t­trait aus­si au sys­tème Iperio d’être util­isé lors de feux de forêt par exem­ple, où les Canadair pour­raient visu­alis­er directe­ment la local­i­sa­tion du foy­er de l’in­cendie, et ain­si effectuer leur largages beau­coup plus pré­cisé­ment. Après une série de tests qui a eu lieu fin avril, Alice Frois­sac et Corentin sont en ce moment à la recherche de finance­ments pour dévelop­per leur prochain pro­to­type, qui serait beau­coup plus petit et fonctionnel.

” Nous avons déjà obtenu la bourse Frenchtech de la BPI, et nous avons été lau­réats du prix PEPITE-Trem­plin pour l’en­tre­pre­neuri­at étu­di­ant, ajoute Alice. Nous cher­chons donc aujour­d’hui d’autres finance­ments et parte­nar­i­ats. Et, nous envis­ageons déjà de dévelop­per notre pro­duit à l’in­ter­na­tion­al, car tous les pom­piers du monde sont con­cernés par un pro­duit comme Iperio.” Mais Alice et Corentin voient encore plus loin. Ils sont déjà en train de lancer une autre entre­prise, cette fois dans le domaine de la for­ma­tion au design think­ing et du coach­ing pour les entre­pris­es. C’est ça la vie de ser­i­al entrepreneur !

Depuis quelques mois, le cen­tre d’in­no­va­tion accueille star­tups et entre­pris­es qui y trou­vent, en plus de locaux mis à dis­po­si­tion, un Fablab, con­seils, plate­formes tech­niques, etc. La start­up Equi­sense en fait par­tie, depuis le mois d’avril. 

“Depuis avril, je tra­vaille à temps plein sur le pro­jet Equi­sense au Cen­tre d’In­no­va­tion, annonce Benoît Blanch­er, diplômé en Génie des Sys­tèmes mécaniques de l’UTC en 2015.

Comme nous tra­vail­lons sur un objet con­nec­té, c’est vrai­ment pra­tique d’avoir le FabLab juste à côté. De plus, à l’UTC, on ren­con­tre nos pro­fesseurs et on côtoie l’IN­PI, ain­si que d’autres étu­di­ants avec des prob­lé­ma­tiques dif­férentes. On peut aus­si faire tra­vailler des étu­di­ants via des TX ou PR ou des ate­liers pro­jets. Par ailleurs, on tra­vaille dans le domaine de l’équi­tation, et à Com­piègne il y a l’In­sti­tut Français du Cheval et de l’E­qui­tation, un cen­tre de référence dans le domaine, ain­si que de nom­breuses écuries. C’est un envi­ron­nement très favor­able pour nous.

” L’équi­tation, un domaine, que Benoît con­nait bien, lui en a fait pen­dant 10 ans, notam­ment en com­péti­tion. “J’ai remar­qué qu’il n’y avait pas d’ob­jet con­nec­té dans le monde de l’équi­tation alors que c’est un sport où il y a un cer­tain nom­bre de métriques très impor­tantes pour la per­for­mance et le bien être du cheval : vitesse, équili­bre, boi­terie… A la suite d’un stage en été, dans une start­up d’un ancien de l’UTC, qui fai­sait une lampe con­nec­tée reliée à un smart­phone, je m’in­téres­sais beau­coup à l’im­pres­sion 3D et aux objets connectés.”

Le pre­mier pro­jet dévelop­pé au sein d’Eq­ui­sense est un boîti­er qui se fixe sur un cheval per­me­t­tant de mesur­er et d’analyser la loco­mo­tion du cheval, pour assur­er un suivi des entraîne­ments, même s’il y a plusieurs cav­a­liers. Il per­met par exem­ple d’avoir une vision très pré­cise d’un par­cours d’ob­sta­cle, afin d’analyser les paramètres de per­for­mance et de pro­grès : ampli­tude des foulées, tracés, forme des sauts, vitesse,…

Il s’ag­it donc d’un out­il de suivi glob­al pour aider les cav­a­liers à adapter leur tra­vail, et d’un out­il d’analyse pré­cis, facile à met­tre en oeu­vre. “Il est des­tiné à tous les cav­a­liers qui mon­tent leur cheval plus d’une fois par semaine, ajoute Benoît Blanch­er. L’ob­jec­tif est de per­me­t­tre aux cav­a­liers, quelque soit leur niveau, de pro­gress­er et de pren­dre soin de leurs chevaux.” [Pour cela, Il per­met au cav­a­lier d’en­tr­er dans le sys­tème les soins que reçoit le cheval. Le sys­tème peut ensuite imprimer un rap­port de suivi du tra­vail. le vétéri­naire peut ain­si suiv­re les résul­tats des traite­ments qu’il a don­né, notam­ment au point de vue de la loco­mo­tion.] Le cap­teur présent est com­plète­ment autonome : il s’al­lume et détecte seul lorsqu’il est fixé sur un cheval, et il enreg­istre ensuite automa­tique­ment les don­nées récoltées et les envoie au télé­phone, quand celui ci est à proximité.

“Dans un sec­ond temps, il sera même capa­ble de dif­férenci­er les chevaux,” pour­suit Benoît. L’in­ter­face du sys­tème est pour le moment disponible en anglais, français et alle­mand, et per­met d’en­reg­istr­er plusieurs chevaux et plusieurs cav­a­liers. “On crée son pro­fil et le pro­fil de son cheval, que l’on peut partager ensuite avec d’autres cav­a­liers, explique Benoît. Il y aus­si une inter­face spé­ciale pour les coach, qui peu­vent ain­si suiv­re les entraîne­ments, même lorsqu’ils ne sont pas présents. Nous pro­poserons égale­ment des offres spé­ciales pour les pro­fes­sion­nels, notam­ment un sys­tème d’abon­nement avec une flotte de cap­teurs fournie.”

La start­up teste depuis plusieurs mois des pro­to­types fonc­tion­nels, et tra­vaille déjà à la ver­sion com­mer­cial­is­able. “Nous avons déjà levé des fonds cet été, et nous nous pré­parons à lancer une cam­pagne de col­lecte de fonds sur Kiskstarter fin octo­bre, pour nous ouvrir sur le marché améri­cain très habitué à la tech­nolo­gie.” La sor­tie est prévue dans le courant de l’an­née 2016.

La pause déje­uner au tra­vail est sou­vent un moment indis­pens­able de détente et d’échange entre salariés. Mais il peut être dif­fi­cile pour ceux qui n’amè­nent pas leur repas et dont l’en­tre­prise ne dis­pose pas de can­tine pour bien se nour­rir le midi. C’est là qu’in­ter­vient La Boîte à Encas, une start­up créée par un diplômé de l’UTC.

L’idée de cette start­up est venue tout naturelle­ment à Michael Ormancey, diplômé en Génie des procédés en 2012, lors de ses stages en entre­prise : “J’ai fait mes stages dans des zones indus­trielles, et j’ai pu m’apercevoir qu’il y avait très peu de solu­tions de restau­ra­tion pour les entre­pris­es qui n’avait pas de can­tine ou de self. C’est là que j’ai eu l’idée d’une cafétéria qui s’adapte aux besoins et aux moyens de l’en­tre­prise.

L’idée de Michael est sim­ple : livr­er aux entre­pris­es une cafétéria “clé en main”, munie de réfrigéra­teurs, de cou­verts, de micro-ondes et d’une borne de paiement. Mais la boîte à Encas se dis­tingue d’une cafétéria clas­sique par son mode de fonc­tion­nement et son mode de dis­tri­b­u­tion. “Nous four­nissons une carte mag­né­tique que les per­son­nes vont pou­voir recharg­er par carte ban­caire où par tick­et restau­rant. La borne de paiement est en fait une tablette tac­tile, où le salarié va bad­ger sa carte pour pay­er. La tablette est reliée à notre sys­tème d’in­for­ma­tion, ce qui nous per­met de savoir en temps réel qui con­somme, à quelle fréquence et dans quelle entre­prise. Nous pou­vons ensuite affin­er les réas­sor­ti­ments, en per­son­nal­isant selon les goûts des employés, et opti­miser notre plan­ning de livrai­son en fonc­tion des stocks restants dans les entre­pris­es.

Deux­ième orig­i­nal­ité, un mode de dis­tri­b­u­tion dif­férent selon la taille de l’en­tre­prise. “Entre 30 et 100 per­son­nes, les pro­duits sont en libre ser­vice, explique Michael. Notre sys­tème est basé sur la con­fi­ance entre les salariés, qui fonc­tionne très bien dans ces petites entre­pris­es. Par con­tre, lorsque l’en­tre­prise compte plus de 100 salariés, ce sys­tème n’est plus gérable. La per­son­ne va alors devoir bad­ger pour ouvrir le fri­go et sélec­tion­ner les pro­duits qu’elle veut. Une fois le fri­go refer­mé, celui-ci va déduire la somme cor­re­spon­dante sur la carte mag­né­tique.

Et qu’y a‑t-il dans les fri­gos ? “Notre but est de pro­pos­er des pro­duits de meilleure qual­ité par rap­port à ce qu’on peut trou­ver en grande dis­tri­b­u­tion, déclare Michael. Nous tra­vail­lons donc avec trois trai­teurs pour les plats cuis­inés, et avec de petits pro­duc­teurs, pour les soupes, les desserts, etc. La diver­sité de nos parte­naires nous per­met d’avoir une carte suff­isam­ment diver­si­fiée, qui change chaque semaine et nous per­met donc de  nous adapter à des régimes spé­ci­fiques (sans gluten, sans sucre…). De plus, nous priv­ilé­gions les pro­duits de sai­son et l’ensem­ble des plats cuis­inés sont élaborés à par­tir de pro­duits frais, sans con­ser­va­teur.

Au final, un menu coûte à l’employé entre sept et dix euros. “L’idée c’est qu’il fal­lait ren­tr­er dans la valeur du tick­et restau­rant, note Michael. Mais les clients peu­vent aus­si pren­dre un encas où un petit déje­uner avec notre sys­tème !

Après s’être con­cen­trée sur les entre­pris­es de trente à cent employés pour com­mencer, la Boîte à Encas compte main­tenant s’at­ta­quer au marché des entre­pris­es de 100–300 per­son­nes. “Nous voulons devenir un référence sur le marché Paris Île-de-France, révèle Michael, sachant que c’est la région où l’of­fre de restau­ra­tion est la plus dense. Nous avons déjà équipé plus d’une trentaine d’en­tre­pris­es, dans la région parisi­enne pour le moment. Mais le marché est déjà énorme sur ce secteur !

Mais la petite entre­prise voit encore plus grand, et pense déjà à tra­vers­er la Manche. En effet, selon Michael : “Lon­dres a des habi­tudes de con­som­ma­tion cor­re­spon­dant à celles offertes par la Boîte à Encas. Nous envis­ageons donc de nous implanter là-bas d’i­ci deux-trois ans. Mais avant, nous voulons éten­dre notre offre à toute la France.”

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