Pour une conception soutenable

Enseignante-chercheuse habilitée à diriger les recherches, Flore Vallet est rattachée au département d’ingénierie mécanique et au laboratoire Roberval dans l’équipe « Systèmes intégrés produits process » (SIPP). Elle est responsable titulaire de la chaire RE USE lancée en mars 2025.
Après son agrégation en sciences industrielles, elle décide de suivre une formation complémentaire en design industriel. Ses recherches portent essentiellement sur la conception soutenable de produits, services et systèmes.
En mars 2025, elle devient titulaire de la Chaire Professeur Junior (CPJ) intitulée RE USE. Concrètement ? « C’est un type de poste particulier en ce sens que, contractuellement, je vais l’occuper durant 5 ans. A l’issue de cette période, et si tout se passe bien, cela va permettre une titularisation de professeure des universités à l’UTC. C’est un dispositif qui permet de monter des projets de recherche tout en assurant une activité, plutôt réduite, d’enseignement », assure-t-elle.
Le choix de l’intitulé RE USE ? « Le terme RE USE signifie “réindustrialisation au juste nécessaire” en ce sens qu’elle doit faire preuve de sobriété technologique face aux enjeux de la transition environnementale et sociétale. Cette sobriété doit surtout se penser en amont dès la conception, ce qui nécessite des moyens de simulation importants. Deux domaines où Roberval excelle », explique Flore Vallet.
Une thématique qui va générer nombre de projets de recherche impliquant d’autres laboratoires de l’UTC mais aussi des partenaires extérieurs tout en enrichissant les enseignements.
L’intérêt de Flore Vallet pour la problématique de la sobriété technologique ne date pas d’aujourd’hui puisqu’elle fait partie, depuis sa création en 2012, du Réseau EcoSD, un réseau national visant à favoriser les échanges entre chercheurs et industriels, afin de créer et de diffuser les connaissances dans le domaine de l’éco-conception de systèmes durables (EcoSD) en France, et au-delà de promouvoir l’expertise française dans ce domaine à l’international. Un réseau cofinancé par l’Ademe et soutenu par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de l’Innovation, par le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et par la DGA. « Dans ce cadre-là, des projets, co-portés par un acteur académique et un acteur industriel, sont ainsi cofinancés sur 2 à 3 ans. Je suis moi-même impliquée en tant que porteuse académique sur l’intégration de la notion de sobriété en éco-conception (projet ASEEC) avec APESA comme partenaire industriel et deux autres acteurs académiques : l’université de Grenoble Alpes et celle de Bordeaux », indique-t-elle.
Parmi les objectifs de RE USE ? « Il s’agit tout d’abord de développer des connaissances autour de la notion de la circularité et de la sobriété dans la conception de produits et process et surtout d’en évaluer les conséquences environnementales et sociétales. Nous menons des travaux à plusieurs échelles, qui vont du composant au produit et enfin à des systèmes plus larges tels les systèmes de mobilité ou les systèmes énergétiques. Ainsi, dans le dernier rapport d’évaluation du laboratoire Roberval, 2024–2025, du Hcérès, le véhicule léger intermédiaire dans la mobilité urbaine a été identifié comme un sujet d’intérêt d’autant que cette problématique connaît, actuellement, une réelle dynamique. C’est également une thématique autour de laquelle pourraient se fédérer les chercheuses/chercheurs du laboratoire », affirme-t-elle.
Une chaire qui va impliquer nombre d’étudiants au travers de divers projets dits « TX » (projets à caractère expérimental). « Ils pourraient travailler, en dehors de leurs UV d’enseignement, sur des projets libres sur un semestre. Le sujet de la réparation, par exemple, pose la question de comment créer un écosystème où la réparation devienne une solution reconnue et acceptée qui prenne de l’ampleur dans la société et participe ainsi à la sobriété technologique. Réparer plutôt qu’acheter un nouvel appareil ou de nouvelles machines en somme. Comment faire adhérer à cette vision les industriels, les réparateurs indépendant ou citoyens pour favoriser l’éclosion d’un tel écosystème ? » conclut Flore Vallet.
MSD




