Sélection des sondes nucléotidiques, futurs aptamères

Ingénieur de recherche au sein du laboratoire GEC, Stéphane Octave travaille, avec Séverine Padiolleau, sur la maladie de Lyme. Il explique le processus de sélection des sondes oligonucleotidiques.
Concrètement ? « Dans un premier temps, nous utilisons de l’ADN simple brin ou de l’ARN qui peuvent se structurer et ainsi posséder la capacité à reconnaître spécifiquement une cible moléculaire. Dans ce cas, cette séquence oligonucléotidique devient aptamère », dit-il.
Le processus de sélection de la cible ? « Il s’agit de produire la protéine d’intérêt dans une autre bactérie que celle impliquée dans la maladie de Lyme, de la purifier et de s’assurer qu’elle est dans sa conformation naturelle afin de pouvoir commencer la sélection. On va fixer cette protéine sur des billes magnétiques que l’on met en contact avec notre banque d’ADN d’une diversité de 1014 oligonucléotides différents. Ensuite, il nous faut isoler, parmi ces 1014 brins d’ADN, ceux susceptibles de reconnaître la cible pour devenir des candidats aptamères. C’est là qu’intervient l’expertise du laboratoire, et notamment de la Pr. Bérangère Bihan-Avalle, permettant de mener à bien cette sélection. Si j’osais la métaphore, je dirais que ce processus est fondé sur le principe des chaises musicales mais à l’échelle moléculaire. À chaque tour de sélection, nous récupérerons les candidats qui nous intéressent. Ainsi, si l’on fixe une protéine sur une bille et que l’on met notre banque d’ADN en contact, un certain nombre de ces molécules d’ADN vont interagir, se lier à la protéine et être récupérées pour en faire des copies pour le tour suivant. Le reste de l’ADN, non lié, n’aura pas d’intérêt à nos yeux. Au tour suivant, les conditions de sélection sont modifiées pour faire en sorte que cela soit de plus en plus complexe de se fixer à notre cible. On parle dans ce cas de figure de pression de sélection. C’est ainsi qu’au fur et à mesure nous arrivons à réduire la diversité et à obtenir quelques molécules candidates au statut d’aptamères. Enfin, nous les synthétisons de manière indépendante, et nous les testons une à une pour déterminer leur capacité à reconnaître spécifiquement notre cible. Bien entendu, nous gardons les meilleures en fonction d’un seuil de performance compatible avec l’objectif d’utilisation finale », explique Stéphane Octave.
MSD




