Thomas Roulleau, doctorant réglé comme une horloge

Loin de con­sis­ter en une somme de journées con­sacrées à la recherche en lab­o­ra­toire, à rédi­ger des arti­cles sci­en­tifiques ou son mémoire de thèse, le doc­tor­at offre d’autres dimen­sions. Par­mi les 250 doc­tor­ants de l’UTC, Thomas Roul­leau, partage son temps entre Com­piègne, Chartres, Paris et Milan. Fon­da­teur de l’association UT’Clock et d’une autoen­tre­prise dédiée à sa pas­sion pour l’art de l’horlogerie, Thomas Roul­leau mène sa bar­que avec pré­ci­sion, mon­tre en main.

Reçu pour démar­rer en sep­tem­bre le pro­gramme du Busi­ness Foun­da­tions Cer­tifi­cate de l’IN­SEAD, l’Institut européen d’ad­min­is­tra­tion des affaires, Thomas Roul­leau espère y « acquérir des com­pé­tences man­agéri­ales et stratégiques, com­pléter mes com­pé­tences, et met­tre en valeur mon exper­tise tech­nique en entre­prise dans l’op­tique de tra­vailler sur des postes d’ori­en­ta­tion stratégique de la R&D en milieu indus­triel. » Ce doc­tor­ant de 24 ans, spé­cial­isé en ingénierie et con­cep­tion mécanique, con­cen­tre actuelle­ment ses recherch­es sur la détec­tion pré­dic­tive de défail­lances, en lien avec des pro­duits de la robi­net­terie indus­trielle. « Ce sont prin­ci­pale­ment des élec­trovannes qui équipent des secteurs divers, de la machine à café, aux cen­trales nucléaires, en pas­sant par la pro­duc­tion auto­mo­bile. Aver­tir les clients de la défail­lance à venir d’un com­posant est pri­mor­dial. » Son par­cours d’étude et son pas­sage par l’UTC ont forgé sa poly­va­lence. « J’apprécie le mod­èle de l’UTC pour la lib­erté qu’elle offre de choisir ses enseigne­ments et de se for­mer à un diplôme en phase avec ce que l’on envis­age à l’avenir. Choisir de suiv­re une thèse ici était donc une évi­dence », indique Thomas Roul­leau. Celle qu’il développe depuis jan­vi­er 2024 sous la direc­tion de Frédéric Lamar­que et en parte­nar­i­at avec la société Emer­son, son employeur et parte­naire indus­triel Cifre (Con­ven­tion indus­trielle de for­ma­tion par la recherche), doit lui per­me­t­tre de se spé­cialis­er en un domaine et lui apporter des méth­odes de tra­vail pour davan­tage d’efficience en recherche. « Et me per­me­t­tre de pren­dre des respon­s­abil­ités et d’occuper des postes stratégiques en man­age­ment de pro­jet, souligne-t-il. Le lab­o­ra­toire Rober­val auquel je suis rat­taché apporte un sup­port et des con­nais­sances théoriques. Mon tra­vail à Emer­son, grosse entre­prise de près de 80 000 employés, se déroule à Chartres et Milan en Ital­ie. Ça ajoute une plus-val­ue inter­na­tionale à ma thèse. Si demain Emer­son n’a pas les répons­es matérielles ou tech­nologiques pour la fab­ri­ca­tion des pro­to­types, l’UTC pour­ra s’y engager. C’est un vrai parte­nar­i­at. » Pour Thomas Roul­leau, suiv­re une thèse est à la fois « per­son­nelle­ment prenant et un pro­jet col­lec­tif nour­ri d’une dynamique d’équipe. Se remet­tre en ques­tion est un principe pri­mor­dial dont l’objectif est d’aboutir à des solu­tions inno­vantes et per­ti­nentes. C’est for­ma­teur et stimulant. »

Artisan d’art passionné

Une pas­sion pour l’art l’horlogerie ani­me par ailleurs Thomas Roul­leau qui enseigne pour la sec­tion hor­logère du lycée Diderot à Paris. Pour le fon­da­teur de l’association utécéenne UT’Clock qui promeut ce domaine « de niche » et tout l’art de la mécanique de pré­ci­sion via des ate­liers depuis 2022, « le temps se trou­ve. Ce qu’il faut c’est de la moti­va­tion. J’ai pas mal d’activités et je fais tou­jours en sorte de pou­voir les men­er comme ma pas­sion de l’horlogerie. » Com­pren­dre les mécan­ismes, les méthodolo­gies de démon­tage et d’assemblage, tra­vailler avec minu­tie sur des pièces joail­lères et d’orfèvrerie, de la mon­tre à gous­set à l’horloge d’exception, s’avère pour le doc­tor­ant d’une richesse infinie. L’officialisation en févri­er de son autoen­tre­prise pour la répa­ra­tion et la restau­ra­tion de tré­sors d’horlogerie dans les règles de l’art, con­firme un peu plus son ent­hou­si­asme, niché au fond d’un ate­lier instal­lé près de Chartres. « L’artisanat d’art est une activ­ité soli­taire et apaisante. C’est la pause, le moment de recueil avec moi-même. J’ai tou­jours l’impression de faire des choses pas­sion­nantes, stim­u­lantes et intéres­santes. En tout point de vue, je n’éprouve ni las­si­tude ni rou­tine. » Le doc­tor­at, est finale­ment tout une mécanique, loin du cliché du chercheur solitaire.

« L’accueil des doctorants fait avancer la recherche »

Le webi­naire Ingénieures et ingénieurs, osez le doc­tor­at ! organ­isé le 11 mars par l’UTC et ses parte­naires (REDOC SPI, ABG, CGE et Cde­fi) avait voca­tion à don­ner envie de s’investir dans la recherche, de bal­ay­er les idées reçues et de répon­dre aux inter­ro­ga­tions des poten­tiels pos­tu­lants. Pour Thomas Roul­leau, « il ne faut pas voir le doc­tor­at comme trois ans d’études sup­plé­men­taires mais comme une véri­ta­ble expéri­ence pro­fes­sion­nelle rémunérée large­ment val­oris­able dans laque­lle des mis­sions nous sont con­fiées. » Expéri­ence pro­fes­sion­nelle de trois années de recherche min­i­mum en lab­o­ra­toire uni­ver­si­taire, dans un organ­isme de recherche ou un cen­tre de recherche-développe­ment-inno­va­tion au sein d’une entre­prise, le doc­tor­at se pré­pare en post diplôme de mas­ter. À L’UTC, près de 250 doc­tor­ants pour la grande majorité salariés sur la base de 35h par semaine (dont plus d’une soix­an­taine de nou­veaux inscrits chaque année), pré­par­ent une thèse au sein de ses huit unités de recherche recon­nues par le min­istère de la Recherche (Avenues, BMBI, Costech, GEC, LMAC, Rober­val, TIMR et Heudi­asyc) et l’unité Inter­act d’Unilasalle Beau­vais. En lien égale­ment avec les straté­gies dévelop­pées par l’établissement et ses parte­naires en biotech­nolo­gie, bio­ingénierie, infor­ma­tique, math­é­ma­tiques appliqués, génie indus­triel… « L’accueil des doc­tor­ants fait avancer la recherche au sein des lab­o­ra­toires et per­met de val­oris­er l’établissement. Faire de la recherche, c’est accepter de ne pas suiv­re un chemin tout tracé qui mèn­erait d’un point A à un point B. C’est très dif­férent que d’être ingénieur, indique Chris­tine Prelle, direc­trice de l’école doc­tor­ale de l’UTC, l’une des 40 mem­bres du Réseau nation­al des écoles doc­tor­ales en sci­ences pour l’ingénieur (REDOC SPI). La sélec­tion et la val­i­da­tion des can­di­da­tures sont réal­isées via des entre­tiens mul­ti­ples et un jury final afin de s’assurer de la moti­va­tion et des com­pé­tences des pos­tu­lants. Tous ne sont pas utécéens mais accueil­lir ces derniers en thèse et parce que nous les con­nais­sons, est un atout pour min­imiser le risque d’abandon en cours de par­cours. » Étape d’approfondissement d’une approche ou d’un domaine orig­i­nal, le doc­tor­at béné­fi­cie de finance­ments pro­pres à l’UTC, de finance­ments con­ven­tion­nés avec des entre­pris­es comme le dis­posi­tif Cifre, ain­si que des cofi­nance­ments nationaux et européens.

IL

Le magazine

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