Regard sur le rôle des alliances européennes dans le dynamisme des universités européennes

Directeur général de l’enseignement supérieur et de l’insertion pro­fes­sion­nelle, Olivi­er Ginez a assisté, le 23 sep­tem­bre, au pre­mier som­met de l’alliance SUNRISE, par­mi les dernières-nées des alliances européennes. Des alliances d’universités européennes dont la mise en place fait suite au dis­cours du prési­dent de la République en 2017 a la Sorbonne.

Ces alliances devaient respecter une direc­tive prin­ci­pale : elles doivent être con­sti­tuées d’« un réseau d’universités de plusieurs pays d’Europe, met­tant en place un par­cours où cha­cun de leurs étu­di­ants étudiera à l’étranger et suiv­ra des cours dans deux langues au moins ».

En 2025, ce ne sont pas moins de 65 alliances qui ont vu le jour dont SUNRISE, une des dernières nées. Des alliances réu­nis­sant 570 étab­lisse­ments européens, dont 64 étab­lisse­ments français. La France est ain­si le deux­ième pays le plus représen­té par le nom­bre d’établissements impliqués (64), der­rière l’Allemagne (67). Les atouts de ces alliances ? « Le min­istère sou­tient forte­ment ces alliances, qu’il finance à hau­teur de 50 %, notam­ment dans le cadre du plan France 2030, et dont les béné­fices, six ans plus tard, s’avèrent extrême­ment posi­tifs. Elles ont dynamisé nos étab­lisse­ments au niveau européen, stim­ulé les mobil­ités tant des étu­di­ants que des enseignants-chercheurs, con­solidé les parte­nar­i­ats exis­tants, la recherche étant par nature inter­na­tionale, en leur don­nant un cadre for­mal­isé afin que nos étab­lisse­ments puis­sent se pro­jeter dans des pro­jets de recherche au long cours », explique Olivi­er Ginez.

SUNRISE : une toute jeune alliance

Les par­tic­u­lar­ités de SUNRISE par rap­port aux autres alliances ? « Effec­tive­ment, SUNRISE est une toute jeune alliance. Cepen­dant, le réseau nou­velle­ment for­mal­isé s’appuie sur des bases anci­ennes et on peut en mesur­er la per­ti­nence par ce qui fonde SUNRISE. En effet, la valeur ajoutée de SUNRISE se mesure à la spé­ci­ficité des uni­ver­sités parte­naires. Elles sont de taille moyenne et ancrées dans un ter­ri­toire don­né. Très tournées vers la for­ma­tion d’ingénieurs, elles sont très large­ment ori­en­tées vers les prob­lé­ma­tiques économiques et par­ticipent, par leur exper­tise, au développe­ment économique et indus­triel ain­si qu’au trans­fert de tech­nolo­gies vers les entre­pris­es locales. Actuelle­ment, des dis­cus­sions sont en cours pour la créa­tion d’un label européen d’ingénieur », souligne-t-il. Ain­si, la Com­mis­sion des titres d’ingénieur (CTI), organ­isme indépen­dant en charge d’évaluer toutes les écoles d’ingénieurs français­es (et étrangères sur demande) en vue de leur accrédi­ta­tion, est un des mem­bres fon­da­teurs de l’association Euro­pean Net­work for Accred­i­ta­tion of Engi­neer­ing Edu­ca­tion (ENAEE) en 2006, à l’origine du label EUR-ACE. « Par­mi les alliances exis­tantes, SUNRISE con­stitue un atout alors que les dis­cus­sions en vue de la créa­tion d’un label de diplôme européen d’ingénieur sont en cours. En effet, par­mi les objec­tifs d’EUR-ACE fig­urent la délivrance d’un label européen aux for­ma­tions d’ingénieurs, l’amélioration de la qual­ité des for­ma­tions, la mise en place d’accords de recon­nais­sance des diplômes et enfin l’accroissement de la mobil­ité académique des étu­di­ants et pro­fes­sion­nelle des ingénieurs. En ce sens, SUNRISE qui com­prend 9 parte­naires dont l’expertise est recon­nue per­me­t­tra, à terme, la mise en place d’un référen­tiel com­mun en matière, entre autres, de for­ma­tion, d’innovation péd­a­gogique ou de partage des bonnes pra­tiques », précise-t-il.

SUNRISE et la dynamique des territoires

Quel est le rôle de ces uni­ver­sités de tech­nolo­gie dans la dynamique des ter­ri­toires ? « Lorsque l’on par­le de ter­ri­toire, on par­le de bassin de vie, de bassin économique avec des entre­pris­es et des emplois à créer et/ou à sauve­g­arder. Tous les parte­naires de SUNRISE sont ancrés dans un ter­ri­toire avec des car­ac­téris­tiques don­nées. Une uni­ver­sité telle que l’UTC par exem­ple, enrac­inée dans le Com­piég­nois et, au-delà, dans les Hauts-de- France ne peut ignor­er les enjeux économiques, envi­ron­nemen­taux et socié­taux spé­ci­fiques à ce ter­ri­toire. On peut ain­si tout à la fois avoir les yeux tournés vers l’Europe et garder ses deux pieds dans sa région. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si le pre­mier som­met de SUNRISE, axé sur la déf­i­ni­tion des actions à venir, se tient à Com­piègne. Cela prou­ve égale­ment que ces alliances ne sont pas que des pro­jets con­ceptuels mais que les uni­ver­sités de tech­nolo­gies mem­bres con­stituent un réel atout pour répon­dre aux besoins de leur ter­ri­toire », estime Olivi­er Ginez. Quels sont les atouts par­ti­c­uliers de l’UTC ? « L’UTC a de nom­breuses qual­ités dont elle peut faire béné­fici­er les autres parte­naires. C’est une uni­ver­sité agile avec une for­ma­tion d’ingénieurs de très grande qual­ité mêlant, entre autres, mod­u­lar­ité péd­a­gogique et inter­dis­ci­pli­nar­ité, dynamique en recherche et for­ma­tion en con­stante évo­lu­tion, liens forts avec l’industrie et enfin fort encour­age­ment de l’entrepreneuriat. C’est une uni­ver­sité qui est mobil­isée notam­ment sur les tran­si­tions, qu’elles soient écologique, numérique ou encore énergé­tique. Je note égale­ment, ce qui est bien pour l’avenir de la recherche, que de plus en plus d’ingénieurs se tour­nent vers la recherche. Avoir un étab­lisse­ment qui assure ce con­tin­u­um est une chance pour SUNRISE et je souhaite qu’elle ait un rôle moteur en son sein », conclut-il.

MSD

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