Promouvoir l’attractivité des métiers de l’eau

Pro­fesseur des uni­ver­sités, Thier­ry Ribeiro est enseignant-chercheur au sein du départe­ment génie des procédés et du lab­o­ra­toire TIMR (Trans­for­ma­tions Inté­grées de la Matière Renou­ve­lable). Spé­cial­iste en génie des biopes­ti­cides, il tra­vaille en par­ti­c­uli­er sur la méthani­sa­tion. Il par­ticipe comme co-por­teur péd­a­gogique et sci­en­tifique à la chaire Ingénierie de l’assainissement et inno­va­tion envi­ron­nemen­tale (IAIE) lancée en juil­let 2025.

Une chaire « IAIE » coor­don­née par Ade­line Lécot et qui implique, out­re l’UTC, Sor­bonne Uni­ver­sité et le Ser­vice pub­lic de l’assainissement fran­cilien (SIAAP), un parte­naire de longue date de l’UTC, puisque l’université a été impliquée dès 2014 dans le pro­jet Mocopée (Mod­éli­sa­tion con­trôle et opti­mi­sa­tion des procédés d’épuration des eaux) qui a con­nu plusieurs phas­es : Mocopée 1, Mocopée 2 et enfin Mocopée 3. Avec Mocopée 3 qui s’inscrit dans le pro­gramme innEAU­va­tion, impli­quant un grand nom­bre de parte­naires académiques dont l’UTC, le SIAAP voulait aller plus loin que l’épuration des eaux exigée par la régle­men­ta­tion en se posi­tion­nant claire­ment en faveur de la val­ori­sa­tion des ressources. En cela, l’opérateur pub­lic a changé de par­a­digme. On n’est plus unique­ment dans la logique d’épurer l’eau. Des ques­tions émer­gent : que fait-on de l’eau en tant que sous-pro­duit de la sta­tion ? Doit-on la rejeter dans la riv­ière, l’utiliser pour l’irrigation, la réin­jecter dans le réseau ou encore dans les nappes ? Com­ment récupère-t-on les nutri­ments que sont l’azote, le phos­pho­re ou encore le potas­si­um con­tenu dans l’eau rejetée par les sta­tions ? Par ailleurs, les sta­tions d’épuration pro­duisent de l’énergie, notam­ment du biogaz. On passe de la logique de traiter l’eau pour respecter les normes à la mise en place de poli­tiques qui, tout en respec­tant cet objec­tif, vont plus loin dans la val­ori­sa­tion des sous-produits.

Cette col­lab­o­ra­tion fructueuse va pren­dre un tour nou­veau avec la mise en place de la chaire nou­velle­ment créée, adossée égale­ment au pro­gramme innEAUvation.

Les objec­tifs de la chaire ? « Il s’agira avec cette chaire, mise en place pour une durée de 5 ans, de répon­dre à un défi majeur : celui de ren­forcer l’attractivité des for­ma­tions supérieures notam­ment dans les métiers de l’eau, de l’assainissement et des déchets et de répon­dre ain­si à la crise des voca­tions con­statée dans ces métiers. En ce qui nous con­cerne, il nous faudrait struc­tur­er une offre de for­ma­tion envers, entre autres, les ingénieurs qui soit nour­rie et enrichie par les réal­ités indus­trielles du ter­rain et les derniers résul­tats de recherche et d’innovation en lien avec la prob­lé­ma­tique du traite­ment et de la val­ori­sa­tion des eaux usées. L’idée est de dynamiser les for­ma­tions liées à ces domaines indus­triels afin qu’ils puis­sent attir­er des jeunes tal­ents. D’autant que les jeunes, aujourd’hui, se sen­tent de plus en plus con­cernés par les ques­tions envi­ron­nemen­tales, dont la ressource en eau et la val­ori­sa­tion des déchets », assure Thier­ry Ribeiro.

« En effet, il s’agit de con­necter l’enseignement supérieur et l’innovation indus­trielle en inté­grant les prob­lé­ma­tiques indus­trielles dans les enseigne­ments afin de répon­dre aux enjeux indus­triels présents et futurs. Le sec­ond con­cerne la recherche. Le but étant d’articuler enseigne­ment, recherche académique et besoins d’in­no­va­tion de l’in­dus­triel pub­lic. En effet, avec les appels à man­i­fes­ta­tion d’intérêt, il s’agit de con­tribuer à faire émerg­er des pro­jets – com­bi­nant intérêts sci­en­tifiques et opéra­tionnels – qui irrigueront ensuite les pro­grammes de recherche du SIAAP tels Mocopée ou MeSeine », abonde Ade­line Lécot.

Com­ment fonc­tion­nera la chaire ? « La chaire IAIE, c’est l’opportunité de décou­vrir con­crète­ment le monde indus­triel de l’assainissement et des déchets par des vis­ites de sta­tions d’épuration et de val­ori­sa­tion des eaux usées, et par des journées portes ouvertes sur les inno­va­tions indus­trielles du secteur ain­si que par des web­con­férences thé­ma­tiques et des con­férences avec les spé­cial­istes du domaine. Les parte­naires de la chaire béné­ficieront d’ailleurs d’un accès priv­ilégié aux con­tenus péd­a­gogiques et opéra­tionnels pro­duits par la démarche innEAU­va­tion et son site web dédié. Enfin, la for­ma­tion par la recherche sera mise à l’honneur lors des Hack­EAU­tons où des groupes “pro­jets” asso­ciant des étu­di­ants des dif­férentes for­ma­tions parte­naires plancheront sur des thèmes de l’ingénierie de l’assainissement et de l’innovation envi­ron­nemen­tale. À la clef pour les étu­di­ants : une décou­verte appro­fondie du secteur, une super expéri­ence col­lec­tive à inscrire sur le CV et un prix pour les trois meilleurs », souligne Ade­line Lécot.

Le rôle de chaque parte­naire ? « Sor­bonne Uni­ver­sité et l’UTC sont mobil­isées sur les aspects for­ma­tion et recherche. Le SIAAP exprime ses besoins que l’on décline en pro­grammes de recherche et développe­ment ou d’innovation qui débouchent sur des solu­tions venant in fine irriguer nos enseigne­ments. Au SIAAP incombent les aspects d’opérationnalité, de trans­féra­bil­ité et de déploiement indus­triel des résul­tats de recherche. Le SIAAP finance égale­ment des stages d’étudiant(e)s et des thès­es dont cer­taines en coen­cadrement », con­clut Thier­ry Ribeiro.

Chaque année, ce sont plusieurs cen­taines d’étudiants de l’UTC, de Sor­bonne Uni­ver­sité et d’un réseau élar­gi de for­ma­tions (BTS, licences, mas­ters) qui béné­ficieront de cette nou­velle chaire.

MSD

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