Octometha : une méthanisation par voie pâteuse au service de l’agriculture durable

Fon­da­teur de la start-up Octometha, Vin­cent Bachet a mis au point, avec son équipe, une inno­va­tion majeure pour décar­bon­er l’agriculture : un procédé de méthani­sa­tion par voie pâteuse, val­orisant des résidus agri­coles peu ou pas exploités actuelle­ment, comme les fumiers et la paille.

Cette tech­nolo­gie unique en France n’aurait pu voir le jour sans la con­tri­bu­tion sci­en­tifique d’André Pauss, enseignant-chercheur à l’UTC, et de Thier­ry Ribeiro, alors chercheur à Uni­LaSalle, aujourd’hui pro­fesseur à l’UTC. Une avancée d’autant plus per­ti­nente que la France génère chaque année plus de 85 mil­lions de tonnes de fumi­er, encore très peu valorisées.

La genèse du pro­jet repose sur un con­stat : « La méthani­sa­tion en voie liq­uide, large­ment répan­due en France, néces­site sou­vent de cul­tiv­er de la bio­masse spé­ci­fique­ment pour ali­menter les diges­teurs. C’est une solu­tion coû­teuse, éner­gi­vore et inadap­tée aux exploita­tions agri­coles de taille inter­mé­di­aire, explique Vin­cent Bachet. Nous avons donc voulu dévelop­per une alter­na­tive capa­ble de val­oris­er les ressources déjà présentes dans les fermes. »

C’est dans ce cadre qu’une thèse Cifre, codirigée par Thier­ry Ribeiro et André Pauss, a été lancée en 2018. Elle por­tait notam­ment sur l’étude des pro­priétés rhéologiques du fumi­er et sur des essais à l’échelle pilote.

En par­al­lèle des travaux de recherche, Octometha a conçu un diges­teur de démon­stra­tion d’une capac­ité de 300 m³ : un couloir enter­ré de 40 mètres de long, 3 mètres de large et 4 mètres de haut. Ce pro­to­type a per­mis de valid­er la preuve de con­cept. « Ce mod­èle est par­ti­c­ulière­ment adap­té aux exploita­tions inter­mé­di­aires. Les coûts de con­struc­tion et de main­te­nance sont bien inférieurs à ceux des diges­teurs tra­di­tion­nels », pré­cise-t-il. Son fonc­tion­nement repose sur un principe sim­ple : chaque jour, l’exploitant intro­duit les déchets organiques bruts à l’entrée du diges­teur, sans broy­age. Après 50 jours de diges­tion anaéro­bie, les matières sont évac­uées à l’extrémité sous forme de dige­s­tat, util­isé comme fer­til­isant. Le biogaz pro­duit per­met de génér­er de l’électricité ou du bio­méthane, reven­du sur le réseau. « C’est une source de revenu com­plé­men­taire pour l’agriculteur », souligne Vin­cent Bachet.

La pre­mière instal­la­tion opéra­tionnelle de cette tech­nolo­gie est prévue fin 2025, près d’Amiens. Un pro­jet vit­rine, alors que les deman­des afflu­ent de toute la France. Vin­cent Bachet vise égale­ment une implan­ta­tion à l’échelle européenne, pour faire de cette inno­va­tion une référence en matière de méthani­sa­tion agri­cole durable.

MSD

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