Obiwan : du biogaz à des produits à haute valeur ajoutée

Maître de con­férences, Xiao­jun Liu est enseignant-chercheur au lab­o­ra­toire TIMR. Il coor­donne pour l’UTC le pro­jet Obi­wan, lancé en octo­bre 2024 dans le cadre d’Interreg France-Wal­lonie-Vlaan­deren, financé par le Fonds Européen de Développe­ment Région­al – FEDER et des­tiné à encour­ager les col­lab­o­ra­tions trans­frontal­ières tant en matière de recherche que de développe­ment industriel.

Doté de 2,59 mil­lions d’euros, ce pro­jet, des­tiné à trans­former des flux de déchets organiques en pro­duits chim­iques avancés, implique, out­re la Région Hauts-de-France, la Wal­lonie et la Flan­dre. « Une des tech­niques prin­ci­pales de val­ori­sa­tion actuelle est la méthani­sa­tion. On par­le, dans ce cas, de la diges­tion anaéro­bie, un bio­procédé per­me­t­tant de pro­duire du biogaz con­tenant du méthane et du CO2. Dans la pra­tique indus­trielle habituelle, on isole ce dernier et le méthane est soit injec­té dans le réseau, soit brûlé pour pro­duire de l’énergie. Avec Obi­wan, on souhaite val­oris­er non seule­ment le méthane mais aus­si le CO2 qui sera trans­for­mé en pro­duits à haute valeur ajoutée », explique Xiao­jun Liu. Porté par l’université de Gand, Obi­wan implique, out­re l’UTC, le CNRS à Lille mais aus­si l’entreprise Certech en Belgique.

Le rôle de l’UTC dans Obi­wan ? « L’UTC est recon­nue pour ses com­pé­tences en méthani­sa­tion. Pour notre part, nous inter­venons en amont, l’objectif étant de pro­duire un débit et une com­po­si­tion de biogaz sta­bles. En effet, les parte­naires en aval ont besoin de s’assurer de la sta­bil­ité du biogaz fourni pour pou­voir le trans­former en méthanol. Or, il peut y avoir des vari­a­tions saison­nières dans la bio­masse col­lec­tée, vari­a­tions qui impactent autant la quan­tité que la qual­ité du biogaz. Les pro­por­tions de méthane et de CO2 peu­vent ain­si chang­er. Notre rôle est de réalis­er des expéri­men­ta­tions et des mod­éli­sa­tions afin d’assurer une pro­duc­tion sta­ble sous la con­trainte d’intrants vari­ables. Une thèse, coen­cadrée par Thier­ry Ribeiro, Stéphane Mot­telet, André Pauss (UTC), Lau­ra André (Uni­LaSalle) et moi-même, va bien­tôt débuter afin de ren­forcer l’équipe sur le pro­jet Obi­wan », souligne-t-il. 

Et celui des autres parte­naires ? « Dans le biogaz, il peut y avoir, out­re le méthane et le CO2, d’autres impuretés tel le sul­fure d’hydrogène, un pro­duit très tox­ique. C’est là qu’intervient Certech, spé­cial­isée, entre autres, dans les procédés de purifi­ca­tion. Le CNRS et l’université de Gand, quant à eux, utilisent ce biogaz puri­fié pour tester dif­férents procédés cat­aly­tiques ou ther­miques pour trans­former le gaz en bio­méthanol qui peut servir de car­bu­rant mais aus­si val­oris­er le car­bone solide pour des appli­ca­tions comme matière pri­maire pour les pneus, par exem­ple », con­clut Xiao­jun Liu.

MSD

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