39 : Startup — série III

Après la série I et II présen­tant quelques unes des start up UTC, nous vous offrons la série III qui se pour­suiv­ra ensuite sur le web, la webTV UTC et sur les réseaux. Elles sont, s’il en fal­lait, une preuve que l’UTC, de part sa péd­a­gogie à la carte et son con­tin­u­um formation/recherche en favorisant l’é­panouisse­ment de ses étu­di­ants, encour­age l’ex­pres­sion de la créa­tiv­ité et de l’innovation.

Vous avez tou­jours rêvé d’une présence atten­tive qui règle votre réveil, pré­pare votre café ou éteint les appareils élec­triques au moment de votre départ du domi­cile ? L’as­sis­tant con­nec­té Gladys se charge pour vous de ces tâch­es quo­ti­di­ennes rébar­ba­tives en fonc­tion de vos habitudes.

Pour la somme mod­ique d’une cinquan­taine d’euros, ce sys­tème intel­li­gent est capa­ble de plan­i­fi­er le fonc­tion­nement de tous les appareils élec­triques de la mai­son à con­di­tion qu’ils soient branchés à des pris­es con­nec­tées. Plus qu’une sim­ple com­mande à dis­tance, le logi­ciel libre tour­nant sur un mini-ordi­na­teur Rasp­ber­ry Pi applique des scé­nar­ios et pro­pose des solu­tions adap­tées en se con­nec­tant à l’agenda et à cer­taines appli­ca­tions de l’utilisateur.

A l’inverse d’autres sys­tèmes exis­tants, Gladys s’adresse lui-même à l’intéressé pour déter­min­er ses préférences. En fonc­tion des répons­es, il organ­ise la réal­i­sa­tion d’un cer­tain nom­bre de tâch­es. Selon l’horaire d’arrivée au bureau souhaitée, celui-ci peut par exem­ple cal­culer l’heure de réveil en ten­ant compte de paramètres comme la durée du tra­jet en fonc­tion du traf­ic.
Avec une lumière et une musique douce, l’annonce de la météo à l’extérieur, cette solu­tion con­nec­tée est un com­pagnon idéal pour des réveils en douceur. « Un inter­naute m’a racon­té qu’une coupure d’électricité avait coupé tous ses réveils sauf Gladys qui s’était recon­nec­té et remis à l’heure automa­tique­ment, ce qui lui a per­mis d’être réveil­lé nor­male­ment » indique Pierre-Gilles Ley­marie, l’étudiant en fil­ière génie infor­ma­tique de l’UTC à l’origine du projet.

Une innovation faite maison

Il y a 3 ans, ce pas­sion­né d’informatique a passé 8 mois à éla­bor­er une pre­mière ver­sion. « C’est en voy­ant l’assistant Jarvis du film Iron Man que l’idée m’est venue, les tech­nolo­gies con­nec­tées exis­taient, il suff­i­sait de les agréger et d’y ajouter une intel­li­gence arti­fi­cielle » s’amuse le jeune créa­teur. Une for­ma­tion auto­di­dacte en élec­tron­ique grâce à de nom­breuses lec­tures sur Inter­net lui a per­mis de men­er le pro­jet seul de bout en bout.

Alors que les instal­la­tions de domo­tique clas­siques sont fac­turées plusieurs mil­liers d’euros, ce dis­posi­tif à « bricol­er soi-même » per­met de démoc­ra­tis­er l’habitat intel­li­gent auprès d’un pub­lic doté de con­nais­sances basiques en élec­tron­ique et pro­gram­ma­tion. Le suc­cès est au ren­dez-vous puisque 11 000 télécharge­ments ont déjà été effec­tués. Réal­isé en open source, le pro­gramme peut évoluer en fonc­tion des besoins de cha­cun.
Une impor­tante com­mu­nauté de 450 développeurs ajoute régulière­ment des mod­ules com­plé­men­taires à la ver­sion de base. Tra­duc­tion des mes­sages dans dif­férentes langues, adap­ta­tion à d’autres types de matériels con­nec­tés ou com­mande des box télé sont quelques-unes des amélio­ra­tions apportées. L’utilisation d’un logi­ciel libre est égale­ment une garantie de sécu­rité pour une tech­nolo­gie dédiée à la ges­tion du domi­cile et présen­tant ain­si un risque de sur­veil­lance de la vie privée.

Depuis le pre­mier pro­to­type, le sec­ond mod­èle a évolué pour mieux coller avec les besoins exprimés par les inter­nautes. L’élève-ingénieur réflé­chit main­tenant au développe­ment d’un mod­èle économique : « Le pro­gramme restera open source mais pourquoi pas main­tenant com­mer­cialis­er une box prête à l’emploi pour le grand public ? ». 

Nous con­nais­sons tous ce moment où, par manque de temps, on se fait rapi­de­ment cuire un plat de pâtes ou on vide un paquet de gâteaux. Rapi­de, mais pas très bon pour l’organisme si cela se répète trop sou­vent… Antoine Boil­let a bien con­nu ce souci, notam­ment avant les exa­m­ens. C’est pourquoi, il a décidé de dévelop­per un repas en poudre, for­mulé pour con­tenir tous les nutri­ments dont le corps humain a besoin, et ce dans les ratios idéaux. La start up Smeal était née. 

«J’ai d’abord soumis mon idée à l’appel de pro­jet inno­vant du Cen­tre d’Innovation de l’UTC en sep­tem­bre 2015, et j’ai été retenu, explique Antoine Boil­let, diplômé en 2015 de la fil­ière GSM, pro­duc­tiv­ité et logis­tique. Cela nous a per­mis d’être incubé au sein du Cen­tre d’Innovation, et de béné­fici­er de locaux et d’un parte­nar­i­at avec la fil­ière indus­trie agro-ali­men­taire et agro-ressource. Nous nous sommes notam­ment rap­prochés du lab­o­ra­toire culi­naire de l’UTC pour tra­vailler sur le pro­jet. Ils nous appor­tent un sup­port tech­nologique très impor­tant.»

Afin de con­cevoir un repas qui soit par­faite­ment équili­bré, Antoine Boil­let s’est appuyé sur les recom­man­da­tions de l’EFSA (Euro­pean Food Safe­ty Author­i­ty). «Nous avons la même approche que les nutri­tion­nistes des sportifs de haut niveau; nous par­tons des tables nutri­tion­nelles pour éla­bor­er notre pro­duit», affirme Antoine Boil­let. La nutri­tion, un domaine qui lui était totale­ment incon­nu avant qu’il se lance dans son pro­jet. Mais cela n’était pas un prob­lème, car selon lui : « à l’UTC, on apprend à acquérir de nou­velles com­pé­tences !»

Con­crète­ment, Smeal se présente sous la forme d’un sachet de poudre con­tenant l’équivalent de trois repas env­i­ron. Lorsqu’il a faim, l’utilisateur n’a qu’à vers­er dans un shak­er la quan­tité de poudre néces­saire, com­pléter avec de l’eau fraîche, agiter et c’est prêt ! Le for­mat poudre, sans con­ser­va­teur, per­met au pro­duit de se con­serv­er un an sans aucun prob­lème. «L’idée est d’avoir tou­jours un sachet dans un plac­ard, pour se pré­par­er un repas en 30 sec­on­des en cas de besoin», s’enthousiasme Antoine. Smeal peut se con­som­mer à n’importe quel moment de la journée, et se dose en fonc­tion de la faim de l’utilisateur. Ce dernier pour­ra acheter un shak­er gradué pour vers­er la juste quan­tité de poudre.

Smeal est déjà végé­tarien et sans OGM, et Antoine compte dans un sec­ond temps pou­voir pro­pos­er des ver­sions sans lac­tose et sans gluten. L’ingrédient présent en plus grande quan­tité dans Smeal est de l’avoine. Mais la poudre est com­posée d’une trentaine d’ingrédients, afin d’avoir un pro­fil nutri­tion­nel com­plet. Par ailleurs, «nous util­isons du sucre inno­vant, qui a la par­tic­u­lar­ité d’être digéré très lente­ment, afin d’avoir un indice gly­cémique bas”, ajoute Antoine. “Bien­tôt, notre pro­duit sera label­lisé com­pat­i­ble pour les diabétiques».

Smeal apporte au con­som­ma­teur la juste quan­tité jour­nal­ière de pro­téines, vit­a­mines, etc. Il serait donc par­faite­ment pos­si­ble de ne se nour­rir que de Smeal, mais ce n’est pas l’objectif d’Antoine : «Nous voulons rem­plac­er les repas fonc­tion­nels, où l’on cherche l’efficacité en ter­mes de temps et d’équilibre nutri­tion­nel, pas les repas plaisir !» Après une étude de marché, pour ajouter la touche plaisir, la start-up pro­posera trois par­fums clas­siques sur son site : vanille, fruits des bois et légumes du potager. «Nous souhai­te­ri­ons lancer d’autre par­fums, voire lancer des par­fums spé­cial­isés selon la péri­ode l’année, cit­rouille pour hal­loween, can­nelle pour Noël…», ajoute Antoine.

Les pro­duits seront com­mandés en ligne sur le site de la start-up cet été, pour une dis­tri­b­u­tion en France, puis dans toute l’Europe plus tard. «Mais nous avons déjà des idées de développe­ment, de nou­veaux for­mats et d’outils asso­ciés ! » con­clut Antoine. Bon appétit !

En 1928, Mau­rice Martenot développe un instru­ment dis­posant d’une touche d’ex­pres­sion, très appré­ciée des musi­ciens per­me­t­tant de mod­uler le vol­ume du son. Mal­heureuse­ment, il décède sans livr­er le secret de sa fab­ri­ca­tion. Eric Simon, diplômé de l’UTC en design indus­triel, a trou­vé une solu­tion pour repro­duire ce fameux touch­er Martenot, Touché, un boîti­er de con­trôle tactile.

«Nous sommes tous musi­ciens et com­pos­i­teurs à la base», explique Roméo Ver­let, respon­s­able com­mer­cial d’Expressive E. «Eric est com­pos­i­teur de musique de film, Vic­tor Grimal­di, diplômé de l’UTC, est musi­cien dans un groupe de trip-hop, et moi, je suis com­pos­i­teur de rap. Cela nous per­met d’avoir une com­plé­men­tar­ité de vision». C’est le principe de cette équipe fon­da­trice. Cela leur a per­mis de pren­dre con­science des dif­férentes façons de tra­vailler, chaque musi­cien abor­dant sa musique différemment.

Vic­tor et Eric ont com­mencé à dévelop­per le pro­jet ensem­ble, à la suite du stage d’Eric à l’UPMC, ajoute Roméo Ver­let, et ils sont venus frap­per à la porte de la SATT Lutech. Moi, j’y étais chargé d’affaires, et lorsque nous avons décidé d’investir dans le dossier, nous nous sommes très bien enten­dus. L’idée con­sis­tait à créer une société pour repro­duire la touche Martenot. Nous avons lancé la start-up Expres­sive E, avec Alexan­dre Bel­lot, le qua­trième mem­bre fon­da­teur (ingénieur ICAM spé­cial­isé en sci­ences industrielles).»

“Touché”, le con­trôleur tac­tile inspiré des Ondes Martenot, se branche sur un syn­thé­tiseur et per­met au musi­cien d’avoir le con­trôle sur une mul­ti­tude de paramètres. Le boîti­er se présente sous la forme d’une sur­face tac­tile en bois. Il per­met au musi­cien d’obtenir le même genre de nuances et de mod­u­la­tions qu’avec un instru­ment acous­tique. «Le con­trôleur se con­necte à tous les syn­thé­tiseurs, et le musi­cien peut ensuite réa­juster ses sons et les remod­el­er», explique Roméo.

« Nous prenons un peu tous les autres con­struc­teurs à con­tre-pied avec “Touché”. Nous pro­posons un pro­duit très sim­ple, qui revient un peu à ce qu’on peut ressen­tir avec un vrai instru­ment, dans une logique de lutherie. C’est d’ailleurs la grande force de ce pro­duit : il y a une véri­ta­ble dimen­sion mécanique, c’est de la lutherie moderne.»Le design du con­trôleur a été con­fié à un cab­i­net français. «Le bois est finale­ment le matéri­au le plus adap­té pour toutes les con­fig­u­ra­tions de jeu qu’on attend de ce pro­duit». Bien sûr, “Touché” sera accom­pa­g­né d’un logi­ciel per­me­t­tant une mul­ti­tude de réglages.

Plusieurs équipes tech­niques tra­vail­lent ain­si au sein de la start-up pour ren­dre le pro­duit com­pat­i­ble avec tous les syn­thé­tiseurs du marché.«Nous avons ren­con­tré plus d’une cen­taine de musi­ciens dont ceux de Por­tishead, Mas­sive Attack, Björk…”, s’exclame Roméo. Ils ont par­ticipé au développe­ment du pro­duit. Leurs retours et leurs ressen­tis sur le pro­duit ont influ­encé la direc­tion que nous avons don­née à la con­cep­tion du pro­duit.» La prise en main du con­trôleur est assez facile, même si elle dépend évidem­ment de chaque musi­cien. «Il n’y a pas vrai­ment de for­ma­tion, il faut appren­dre à s’exprimer avec ses gestes. C’est à la portée de tous», com­plète Roméo.

“Touché” sor­ti­ra avant la fin de l’année 2016, pour moins de 500 euros. «Nous tra­vail­lons pour qu’il soit dis­tribué dans tous les mag­a­sins de musique, et à l’international”, annonce Roméo. Nous voulons vrai­ment nous impos­er comme un acteur durable au sein d’une indus­trie très exigeante, et qui demande beau­coup de développements. 

www.expressivee.com

Pour con­quérir le marché améri­cain, il faut un pro­duit qui suit les nou­velles ten­dances évidem­ment, mais aus­si un pro­duit dont le nom stim­ule l’imag­i­na­tion. Gré­goire Gérard l’a bien com­pris, en présen­tant au Con­sumer Elec­tron­ics Show de Las Vegas en jan­vi­er son réveil con­nec­té au nom typ­ique­ment français, Bonjour.

Les objets con­nec­tés, ne sont pas une nou­veauté pour Gré­goire Gérard, diplômé de l’UTC en 2003, puisqu’ils sont la spé­cial­ité de sa start up Holî. Il a notam­ment dévelop­pé Smart­lamp, une lampe déco­ra­tive con­trôlée par iPhone, dis­tribuée dans tous les Apple Store.

Et ce sont les retours de ses clients qui ont poussé Gré­goire Gérard à spé­cialis­er sa start up : «Une part non nég­lige­able de nos clients util­i­saient Smart­lamp dans leur cham­bre à couch­er. A par­tir de 2015, nous avons décidé de recen­tr­er les activ­ités de la start up autour de la cham­bre à couch­er et du som­meil.» «Pour dévelop­per les nou­veaux pro­duits, nous avons tra­vail­lé avec des cen­tres du som­meil et des médecins spé­cial­isés.» Un aspect beau­coup plus sci­en­tifique qui n’est pas pour déplaire à Gré­goire : «Si j’ai fait l’UTC, c’est juste­ment parce que je voulais cette com­pé­tence tech­nologique, même si j’ai tou­jours souhaité dévelop­per des pro­duits.» Holî sort alors Sleep Com­pan­ion, une ampoule de luminothérapie asso­ciée à une appli d’analyse du som­meil. 

En 2016, la start up fran­chit un nou­veau cap en s’attaquant à un chal­lenge inédit : con­quérir le marché améri­cain. «Pour cela, nous avons décidé de lancer un nou­veau pro­duit, que nous avons présen­té au CES à Las Vegas en jan­vi­er : Bon­jour. Cela nous a per­mis de véri­fi­er que les fonc­tion­nal­ités pro­posées étaient les bonnes et que le design et le nom plai­saient aux Améri­cains. 

« Bon­jour est un réveil con­nec­té qui offre de nom­breuses fonc­tion­nal­ités. «Nous com­mençons et finis­sons notre journée dans notre cham­bre et nous avons tous des automa­tismes lorsque nous nous réveil­lons, regarder la météo par exem­ple, avance Gré­goire Gérard. Mais sor­tir son smart­phone en per­ma­nence est pénible, et les ondes inquiè­tent de plus en plus les util­isa­teurs.

Bon­jour per­met de régler ce prob­lème, car pour ceux qui craig­nent les ondes, «Le Wifi s’éteint pen­dant la nuit» ras­sure Grégoire.Par ailleurs, il dis­pose de fonc­tions intel­li­gentes, il est pos­si­ble de lui deman­der de nous réveiller plus tôt s’il fait beau, ou s’il y a des embouteil­lages sur notre tra­jet pour le tra­vail. Il va aus­si affich­er des infos utiles au moment du réveil : météo, traf­ic routi­er, agen­da per­so, …» L’appareil sera égale­ment muni d’un haut-par­leur, pour dif­fuser de la musique. Tech­nique­ment Bon­jour sera com­pat­i­ble iOS (Apple) et Android. 

Le réveil sera aus­si con­nectable avec les autres pro­duits de la gamme. «Tous nos pro­duits sont con­nec­tés à la même appli­ca­tion, explique Gré­goire, et l’appli évolue en fonc­tion des pro­duits con­nec­tés. C’est plus sim­ple à gér­er pour l’utilisateur mais aus­si pour nous. Finale­ment, plus qu’un réveil, Bon­jour est, depuis sa cham­bre, un moyen d’interactions avec sa vie numérique et sa mai­son con­nec­tée. C’est un rac­cour­ci vers l’ensemble des objets con­nec­tés. Avec lui, vous pou­vez par exem­ple con­trôler votre ther­mo­stat con­nec­té, vos caméras de sécu­rité, la lumière, ou tous les autres pro­duits holî, comme le sleep com­pan­ion.»

Pour lancer son réveil aux USA, Gré­goire Gérard a décidé de lancer une cam­pagne de finance­ment par­tic­i­patif Kick­starter, «car c’est un moyen de met­tre un pied aux USA en racon­tant une belle his­toire.» La cam­pagne Kick­starter devrait débuter en juin, en pro­posant le réveil au prix de 129 euros. Ensuite, il sor­ti­rait sur le marché inter­na­tion­al début 2017, avec un prix de 199 euros env­i­ron.
Mais Gré­goire Gérard pense déjà à la suite : «en sep­tem­bre, nous allons sor­tir un track­er de som­meil, à pos­er sur le mate­las, qui per­me­t­tra de se réveiller au bon moment de son cycle de som­meil. Cet appareil sera con­nectable avec Bon­jour, qui déclenchera alors le réveil au bon moment.» Holî, s’occupe de vous !

https://www.holi.io/fr/

De plus en plus de Français font de l’automédication, sans for­cé­ment con­naître la bonne manière d’utiliser les médica­ments ou leurs poten­tielles inter­ac­tions. C’est en par­tant de ce con­stat que Pas­cal Huynh, Cédric Tang et Kevin Tan ont dévelop­pé Medica­men­tum, une plate­forme web et mobile, qu’ils ont présen­tée au Hackathon de l’Assurance mal­adie, dont la finale se tien­dra le 10 mai à Paris. 

Après avoir mon­té sa pre­mière start-up, qui s’appelait déjà Bey­owi, à Bangkok, Pas­cal Huynh, diplômé en génie infor­ma­tique en 2008, décide d’ou­vrir son agence de développe­ment d’applications mobiles et de plate­formes web en France en jan­vi­er 2015. Il est rapi­de­ment rejoint par Cédric Tang, diplômé en génie mécanique en 2008, Kevin Tan, diplômé en génie infor­ma­tique en 2009 et Chloé Fasquel, graphiste dig­i­tale. Et c’est en dévelop­pant un pro­jet pour un phar­ma­cien de mise à dis­po­si­tion d’informations con­cer­nant les médica­ments, qu’ils déci­dent de par­ticiper au Hackathon* qu’organisait l’Assurance Mal­adie, en adap­tant le pro­jet, qu’ils bap­tisent Medicamentum.

«Medica­men­tum est un écosys­tème, con­sti­tué d’une plate­forme web et mobile, explique Pas­cal Luynh qui per­met de s’informer et de prévenir les usagers sur le bon usage des médica­ments, et sur les inter­ac­tions médica­menteuses pos­si­bles entre les médica­ments, les risques d’allergies…» Pour cela, Medica­men­tum utilise les don­nées mis­es à dis­po­si­tion par l’assurance mal­adie et ses fil­iales. «Il va donc pou­voir dire à l’utilisateur s’il y a un risque à con­som­mer cer­tains médica­ments ensem­ble, ou un risque de sur­dosage. Il est aus­si pos­si­ble d’avoir l’historique de ses traite­ments, notam­ment en cas de change­ment de médecin.

“Mais on ne se sub­stitue pas aux pro­fes­sion­nels de san­té”, tient à pré­cis­er Pas­cal, “notre appli sert à apporter un meilleur sup­port de com­mu­ni­ca­tion, sérieux car les infor­ma­tions y sont véri­fiées.» Medica­men­tum cible donc en par­ti­c­uli­er les usagers qui souhait­ent avoir des infor­ma­tions fiables sur les médica­ments, les pro­fes­sion­nels de san­té et les entre­pris­es phar­ma­ceu­tiques, les uni­ver­sités et les lab­o­ra­toires phar­ma­ceu­tiques. Du point de vue de la vie privée, Pas­cal Huynh et ses asso­ciés ont déjà prévu : «l’anonymisation est fon­da­men­tale et nous ne stock­ons aucune infor­ma­tion liée au pro­fil de l’utilisateur sur notre serveur.»

Quant au Busi­ness Mod­el, Medica­men­tum serait gra­tu­it pour les util­isa­teurs. «Nous voudri­ons ensuite créer des parte­nar­i­ats avec l’industrie phar­ma­ceu­tique et les lab­o­ra­toires, afin qu’ils puis­sent adapter et amélior­er leurs médica­ments, affirme Pas­cal. En effet, plus notre écosys­tème va être util­isé, plus nous allons pou­voir en tir­er des don­nées sta­tis­tiques, grâce notam­ment aux patients qui accepteraient de par­ticiper à des for­mu­laires de ressen­ti à la fin d’un traite­ment par exemple.

Bien sûr, ces ques­tion­naires seraient aus­si com­plète­ment anonymes, nous récolte­ri­ons seule­ment des infor­ma­tions générales : âge, sexe, mal­adies, aller­gies… Ces ques­tion­naires per­me­t­traient, par exem­ple, d’avoir des retours sur de pos­si­bles inter­ac­tions médica­menteuses ou des effets sec­ondaires non détec­tés lors des études clin­iques». Un pro­to­type sera disponible en mai, pour la finale du concours. 

*Le Hackathon Médica­ment a pour objec­tif la créa­tion de ser­vices ou d’applications au ser­vice de la pop­u­la­tion, des pro­fes­sion­nels de la san­té et étab­lisse­ments ou des autorités publiques agis­sant dans le domaine du médica­ment et mobil­isant les don­nées disponibles au sein du sys­tème d’information de l’Assurance Mal­adie ou ren­dues publiques par d’autres organisations.

Com­ment visu­alis­er rapi­de­ment les rela­tions entre des mil­lions de don­nées qu’il s’agisse de mots-clés, de noms pro­pres ou de trans­ac­tions ban­caires ? La solu­tion dévelop­pée par la start-up Linku­ri­ous pro­pose un out­il d’exploration des graphes à par­tir de bases de don­nées com­plex­es. Inves­ti­ga­tions finan­cières, fia­bil­ité des réseaux infor­ma­tiques, travaux sci­en­tifiques, les appli­ca­tions sont mul­ti­ples et ne cessent de se développer.

A l’écran, un ensem­ble de points de dif­férentes couleurs reliés par des flèch­es plus ou moins grandes, nous avons en fait devant nous la resti­tu­tion graphique des flux financiers et des local­i­sa­tions géo­graphiques reliant une mul­ti­tude d’entreprises entre elles. Un exem­ple par­mi d’autres des éton­nantes « car­togra­phies » de don­nées que pro­pose Linkurious.

« Nous pro­posons une inter­face intu­itive qui per­met une prise en main aisée par des pro­fes­sion­nels de domaines très dif­férents », souligne Sébastien Hey­mann, co-fon­da­teur de Linku­ri­ous. Diplômé de l’UTC en infor­ma­tique, fil­ière ingénierie des con­nais­sances et sys­tèmes d’information avec men­tion en philoso­phie des tech­nolo­gies cog­ni­tives, l’entrepreneur n’en est pas à son pre­mier logi­ciel de visu­al­i­sa­tion de graphes. Etu­di­ant, il monte un groupe pro­jet avec l’enseignant-chercheur Franck Ghi­tal­la du lab­o­ra­toire Costech et d’autres élèves-ingénieurs le pro­jet asso­ci­atif Gephi, un out­il de visu­al­i­sa­tion des graphes gra­tu­it dédié à la recherche notam­ment dans les sci­ences humaines.

« Ce pro­jet nous a per­mis de faire nos pre­mières armes dans le développe­ment d’un pro­jet à voca­tion inter­na­tionale. Ce sont des choses que l’on n’apprend pas au cours de notre sco­lar­ité. Par con­tre, nous avons reçu notre pre­mier prix d’innovation avec le Prix Ingénieur de l’année de L’U­sine Nou­velle. En infor­ma­tique les moyens financiers ne sont pas essen­tiels pour se lancer, il faut avant tout savoir s’organiser et trou­ver des parte­naires », se sou­vient l’informaticien. De belles col­lab­o­ra­tions sont alors tis­sées avec RTGI, le CNRS et l’Université Pierre et Marie Curie.

Gephi totalise à ce jour 1,5 mil­lions de télécharge­ments ! Basée sur un tra­vail bénév­ole et open source, la struc­ture n’est, cepen­dant, pas adap­tée à un développe­ment com­mer­cial. En 2013, Sébastien Hey­mann décide de créer la start-up Linku­ri­ous pour pro­pos­er une solu­tion de visu­al­i­sa­tion de graphes adap­tée aux entre­pris­es. Le trente­naire repart de zéro : « Les usages en entre­prise sont très dif­férents du milieu académique, et les tech­nolo­gies Web sont dev­enues la norme. » explique-t-il.

Faciliter l’analyse de données

Linku­ri­ous fonc­tionne un peu comme un moteur de recherche visuel. À par­tir d’un mot-clé, on peut affich­er un réseau de points et de traits matéri­al­isant les rela­tions de cette entité avec d’autres don­nées. Le principe est d’explorer les don­nées locale­ment en fonc­tion des con­nais­sances et des pistes de l’analyste. Des out­ils de nav­i­ga­tion et de manip­u­la­tion facili­tent l’accès aux dif­férents niveaux d’information pour gag­n­er en vitesse d’analyse. Autre­fois réservées aux ser­vices de ren­seigne­ments ou à la recherche sci­en­tifique, ces inno­va­tions sont désor­mais acces­si­bles à un large pub­lic professionnel.

Les groupes ban­caires, infor­ma­tiques et les insti­tu­tions sont les cibles pri­or­i­taires en tant que clients. Déter­min­er les liens éloignés d’une entre­prise off­shore avec des per­son­nal­ités, exam­in­er les rela­tions cachées de comptes ban­caires avec des réseaux crim­inels, déter­min­er les réper­cus­sions d’une panne sur un réseau infor­ma­tique, les besoins sont nom­breux. Cette tech­nolo­gie a récem­ment per­mis aux 370 jour­nal­istes du Con­sor­tium inter­na­tion­al de jour­nal­isme (ICIJ) d’établir des liens entre les comptes off­shore des « Pana­ma papers » et des personnalités.

Les ban­ques et le min­istère des Finances utilisent déjà Linku­ri­ous pour détecter d’éventuels blanchi­ments d’argent et fraudes. Face à ce suc­cès, la jeune entre­prise aut­o­fi­nancée souhaite lancer prochaine­ment une lev­ée de fonds pour accélér­er son développement. 


https://linkurio.us/

Ren­dre le savoir sci­en­tifique acces­si­ble au plus grand nom­bre grâce à l’archivage en ligne des pub­li­ca­tions sci­en­tifique et aux réseaux soci­aux, c’est l’ob­jec­tif suivi par la start-up MyScience­Work. Créée en 2010 par Vir­ginie Simon, diplômée de l’UTC dans la fil­ière biotech­nolo­gies, et Tris­tan Davaille, l’en­tre­prise de 15 salariés est désor­mais implan­tée en Europe et aux Etats-Unis. L’u­ni­ver­sité de Stan­ford, l’institut Hen­ri Poin­caré ou bien la fon­da­tion ARC comptent par­mi les clients de cette solution.

C’est au cours d’un stage dans un grand lab­o­ra­toire phar­ma­ceu­tique pen­dant son cur­sus UTCéen que Vir­ginie Simon a pris con­science de l’importance de s’informer sur les travaux menés ailleurs. « L’hyperspécialisation fait par­fois oubli­er la néces­sité de se ren­seign­er sur le con­texte sci­en­tifique » insiste-t-elle en se sou­venant du sujet très pointu sur lequel elle avait alors planché. Son diplôme d’ingénieur en poche, elle pour­suit dans la recherche avec une thèse à l’UPMC sur les nan­otech­nolo­gies pour lut­ter con­tre le can­cer. C’est au cours de cette expéri­ence que germe l’idée de mutu­alis­er en ligne les ressources sci­en­tifiques. « Je pas­sais énor­mé­ment de temps à faire de la veille sci­en­tifique et à iden­ti­fi­er les bonnes per­son­nes avec pour seule aide des résumés d’articles sci­en­tifiques disponibles gra­tu­ite­ment » se sou­vient-elle. Lors de cette thèse en con­ven­tion CIFRE, elle se con­fronte aus­si aux dif­fi­cultés de la pluridis­ci­pli­nar­ité. Elle imag­ine alors l’idée d’un por­tail unique où serait disponibles des pub­li­ca­tions de dif­férentes dis­ci­plines. MyScience­Work est né. Diplômé de l’Ecole de com­merce de Reims, Tris­tan Davaille rejoint l’aventure peu après offrant ain­si ses com­pé­tences en ges­tion et finances.« L’essentiel quand l’on veut mon­ter un pro­jet de start up est de trou­ver les bonnes per­son­nes avec qui s’associer » explique-t-elle. Un fonds d’investissement et le gou­verne­ment lux­em­bour­geois ont égale­ment rapi­de­ment cru au poten­tiel du pro­jet.« Cela nous a per­mis de faire par­tie des lau­réats d’un con­cours de start up et de par­tir pen­dant 3 mois dans la Sil­i­con val­ley ». Ce séjour enrichissant a con­duit à la créa­tion de la fil­iale améri­caine basée à San Fran­cis­co où vit désor­mais l’entrepreneuse. Un récent parte­nar­i­at avec Google schol­ar ren­force encore cette présence out­re-Atlan­tique. Au niveau financier, les deux fon­da­teurs ont réus­si à lever 4 mil­lions d’euros à ce jour.

 Une plateforme polyvalente

Con­traire­ment à d’autres offres du marché, la force de cet out­il est de con­juguer la puis­sance d’une base de don­nées de 30 mil­lions d’articles avec les pos­si­bil­ités d’échanges offertes par un réseau social. Vis­i­bil­ité accrue et acces­si­bil­ité mon­di­ale pour les travaux sci­en­tifiques sont au ren­dez-vous avec pour cible la com­mu­nauté sci­en­tifique mais aus­si les pas­sion­nés de sci­ences et jour­nal­istes. Le mod­èle économique repose sur la vente de plate­formes à des insti­tu­tions comme des uni­ver­sités, fon­da­tions et des écoles d’ingénieurs appelées Polaris.

Chaque struc­ture cliente y pos­sède un espace d’archivage des pub­li­ca­tions, un sys­tème de pro­fil pour chaque auteur et une inter­face à ses couleurs . Des out­ils sta­tis­tiques per­me­t­tent aux admin­is­tra­teurs de mesur­er l’audience des travaux pub­liés et de déter­min­er le pro­fil des lecteurs, une aide à la déci­sion intéres­sante pour affin­er les straté­gies de recherche. Polaris facilite égale­ment les échanges entre auteurs sci­en­tifiques en met­tant à dis­po­si­tion 500 000 pro­fils de chercheurs représen­tant 30 dis­ci­plines dif­férentes. Des presta­tions sur-mesure sont égale­ment pro­posées ain­si que des ser­vices de com­mu­ni­ca­tion et de vul­gar­i­sa­tion sci­en­tifique des­tinés au grand pub­lic et aux médias. « Notre but est avant tout de démoc­ra­tis­er le savoir » con­clut l’ancienne chercheuse dev­enue cheffe d’entreprise. n

www.mysciencework.com

Avec le pro­jet Belight, un sim­ple portable suf­fit aux cyclistes pour être vus. Plus qu’une sim­ple lampe sur un télé­phone comme on en trou­ve déjà beau­coup par­mi les appli­ca­tions, ce nou­veau com­pagnon de route per­met de sig­naler ses change­ments de direc­tion et ses arrêts. Cet out­il con­nec­té per­met égale­ment de se sig­naler aux auto­mo­bilistes via la géolo­cal­i­sa­tion. 

Trois UTCéens tra­vail­lant au Btwin vil­lage de Lille sont à l’origine de ce pro­jet : Lancelot et Col­in, étu­di­ants en stage de fin d’études et leur tuteur Yue Hue. « Les feux et clig­no­tants sont oblig­a­toires pour les voitures, pourquoi les cyclistes devrait-ils béné­fici­er d’une sécu­rité moin­dre ? » con­state avec prag­ma­tisme Col­in Gal­lois, l’un des trois co-créa­teurs de Belight.

L’UTCéen en génie mécanique fil­ière ingénierie et design indus­triel comme son cama­rade Lancelot insiste sur la poly­va­lence et le sens de l’adaptation acquis lors de ses études : « L’UTC m’a don­né la curiosité, la capac­ité à résoudre un prob­lème en le sim­pli­fi­ant et ici chez Btwin, nous tra­vail­lons à la fois sur l’efficacité et l’esthétique des pro­duits ». C’est lors de la pre­mière édi­tion du Hackathon en févri­er dernier, un chal­lenge lancé par Décathlon auprès de ses salariés, que l’idée a pris forme. Égale­ment diplômé de l’école Com­piég­noise, c’est leur tuteur de stage Yue Hue qui leur a pro­posé de par­ticiper à la com­péti­tion. En 2016, le thème était tourné vers les objets con­nec­tés, l’équipementier sportif s’intéressant de très près aux idées de ses équipes pour occu­per ce futur marché.

« Le sujet de départ était « Si nos objets avaient une âme ». Nous avons donc pen­sé à une sorte d’ange gar­di­en pour le cycliste qui n’a pas de lampe en sa pos­ses­sion », résume Lancelot Durand. Pen­dant les 48h lais­sées aux par­tic­i­pants, le trio a réus­si à éla­bor­er un con­cept et à en imag­in­er les pos­si­bles décli­naisons com­mer­ciales. Yue s’est chargé du codage, Lancelot et Col­in de l’identité graphique, de la com­mu­ni­ca­tion, de la vidéo ain­si que des pro­to­types tex­tiles. La sim­plic­ité et la per­ti­nence du dis­posi­tif ont défini­tive­ment séduit le jury qui a attribué le prix de l’innovation à Belight. Gra­tu­it et disponible en per­ma­nence, cet out­il rem­place avan­tageuse­ment les sys­tèmes d’éclairage encom­brants, faciles à oubli­er, vol­er ou cass­er. L’idée est de pro­pos­er un sys­tème de sec­ours où que l’on se trouve.

Les trois con­cep­teurs tra­vail­lent main­tenant sur un sys­tème d’accroche directe­ment adapt­able au vête­ment du cycliste. L’autre point fort de Belight est d’être con­nec­té avec les appli­ca­tions de géolo­cal­i­sa­tion embar­quées dans les voitures telle ‘Google Maps’. Cette dimen­sion com­mu­nau­taire per­me­t­tra aux auto­mo­bilistes de se voir sig­naler la présence d’un vélo sur sa route. Les trois ingénieurs tra­vail­lent à une éventuelle inté­gra­tion du con­cept à la gamme de pro­duits de Décathlon. « Nous sommes bien dans la philoso­phie de Décathlon qui pro­pose des équipements sportifs acces­si­bles à tous » note avec opti­misme Colin.

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