La thèse CIFRE : entre le monde universitaire et le monde industriel

Récem­ment lau­réat du Prix de thèse 2011 de l’UTC, Aurélien Vauquelin, jeune ingénieur-doc­teur de l’UTC, a créé en décem­bre dernier, après une thèse CIFRE* au sein de Valeo Sys­tèmes Élec­triques, la société Era­clès Technologies.

Quel a été, brièvement, votre sujet de thèse ?

Ma thèse a porté sur l’amélio­ra­tion des per­for­mances des action­neurs élec­triques à aimants per­ma­nents dans les appli­ca­tions auto­mo­biles. Mes travaux ont per­mis une com­préhen­sion plus fine du fonc­tion­nement de ce type de machine élec­trique et l’op­ti­mi­sa­tion de leur fonc­tion­nement en vue d’une aug­men­ta­tion de leur ren­de­ment énergé­tique. Il m’a ain­si fal­lu garder à l’e­sprit les con­traintes économiques liées aux marchés de grandes séries présents dans l’automobile.

Pourquoi vous être investi dans une thèse CIFRE ?

Mon objec­tif, à tra­vers une telle thèse, était de jouer un rôle d’in­ter­face entre le monde uni­ver­si­taire et le monde indus­triel. J’ai passé la moitié de ma thèse au sein du lab­o­ra­toire d’Élec­tromé­canique de Com­piègne (LEC) à l’UTC et le reste du temps directe­ment immergé au sein de l’en­tre­prise Valeo. Je souhaitais apporter à l’in­dus­triel les savoirs sci­en­tifiques du monde uni­ver­si­taire. Ce partage du temps m’au­ra per­mis de bien com­pren­dre les besoins, les enjeux et les spé­ci­ficités de ces deux mon­des. La rigueur du monde sci­en­tifique, asso­ciée aux con­traintes de fab­ri­ca­tion et de coût pro­pres à l’in­dus­triel, représen­tent en effet des chal­lenges pas­sion­nants. Même si cer­tains recru­teurs voient encore la for­ma­tion doc­tor­ale comme l’aboutisse­ment d’un par­cours uni­ver­si­taire, je pense que les dis­posi­tifs comme la CIFRE ou la pos­si­bil­ité pour les doc­tor­ants de réalis­er du con­seil en entre­prise, ten­dent à faire évoluer les men­tal­ités. À mon sens, les recru­teurs trou­veront chez le doc­teur des com­pé­tences de pointe dans un domaine directe­ment val­oris­able auprès d’un chef d’en­tre­prise ou d’un entrepreneur.

Vous êtes aujourd’hui vous-même entrepreneur ?

Tout à fait ! Par­al­lèle­ment à mes études d’ingénieur, j’ai pra­tiqué le cyclisme de haut niveau. C’est au cours d’un de mes entraîne­ments, fin 2005, que l’idée de sol­liciter les mus­cles à l’aide de dis­posi­tifs élec­tromé­caniques m’est venue. Puis l’idée a fait son chemin par­al­lèle­ment à mon mas­ter et ma thèse. Lau­réat de plusieurs dis­tinc­tions dont le Con­cours d’Aide à la Créa­tion d’En­tre­prise de Tech­nolo­gies Inno­vantes, j’ai ensuite élaboré et con­stru­it des pro­to­types, validé l’é­tude de marché, la brevetabil­ité, l’é­tude de fais­abil­ité tech­nique… Toutes ces études ont mon­tré que cette inno­va­tion avait de mul­ti­ples appli­ca­tions, même en dehors du sport de haut niveau. Mal­gré plusieurs propo­si­tions d’embauche, notam­ment chez Valeo chez qui j’ai réal­isé ma thèse, j’ai aujour­d’hui fondé Era­cles Tech­nol­o­gy, cab­i­net de con­seil en ingénierie et développe­ment de pro­duits dans le domaine du sport.

*Con­ven­tions Indus­trielles de For­ma­tion par la Recherche

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