Pratiques chirurgicales et modélisation au menu du 8e Rendez-vous biomédical de l’UTC

La 8e édition du Rendez-vous biomédical de l’UTC s’est tenue le 23 janvier dernier au centre d’innovation Daniel Thomas. La thématique proposée traitait des apports de la modélisation dans les pratiques chirurgicales. Retour sur cet événement en présentiel et diffusé en direct sur les réseaux de l’UTC.
Isabelle Claude, maîtresse de conférences au laboratoire BMBI de l’UTC, spécialisée dans le traitement d’images médicales, et Jean-Matthieu Prot, enseignant-chercheur au laboratoire BMBI et responsable de la filière Biomécanique & Biomatériaux, ont organisé une nouvelle édition du Rendez-vous biomédical. Il s’agissait cette fois de parler de la modélisation au service de la chirurgie : de ses perspectives et de ses questionnements éthiques. Parmi les intervenants conviés lors des conférences et de la table ronde, il y avait Pauline Elie, conseillère éthique en matière du droit des données de santé à l’AP-HP, ainsi que Marie-Christine Ho Ba Tho, professeure des universités du laboratoire BMBI de l’UTC, et Michel Lefranc, neurochirurgien au CHU Amiens-Picardie. Mahaut de Villepin, directrice du portefeuille de solutions industrie de la santé chez Dassault Systèmes, et ancienne étudiante de l’UTC, a aussi tenu une conférence sur les jumeaux virtuels et sur la transformation de la pratique médicale. Plusieurs ateliers ont pu avoir lieu, notamment sur les outils de modélisation de la face, sur la réalité virtuelle en planification chirurgicale, sur le modèle physique et numérique pour la formation des chirurgiens ou encore sur la modélisation et l’impression de modèles dédiés au patient, avec la participation des sociétés DeepFaceX/école centrale Lille, Karl Storz, hôpital Marie-Lannelongue et Materialise.
Partage de connaissances et de savoir-faire
Michel Lefranc, qui est également CSO de Surgitec Robotics, a pu développer auprès des nombreux étudiants présents la relation ingénieur-médecin et l’importance de ce couple dans le développement favorable des technologies de santé. « Il y a une interaction entre l’ingénieur et le médecin. Le médecin se représente le soin, l’ingénieur se représente le soin, mais il ne le dit pas, donc il n’a pas forcément une identification du besoin. Le médecin, il se représente l’outil et comment il voudrait qu’il soit, mais il n’a pas forcément la compétence, ni pour le développer, ni pour en assurer une sécurité d’usage. Et c’est par le partage des compétences et l’idée d’avoir une route commune qu’on peut arriver à un dispositif qui soit à la fois sûr et efficace. » Pour le neurochirurgien, le docteur est en incapacité de développer un dispositif. Par contre, il est en capacité de formuler le besoin et d’évaluer la proposition. Ce qui permet de faire du feedback à l’ingénieur et d’adapter sa proposition. Ces échanges en continu permettent d’aller plus vite dans la création d’un dispositif médical. « Pour cela, il faut comprendre la vie et les besoins des uns et des autres. En fait, on a tous un certain nombre de contraintes, techniques notamment, et il faut pouvoir les expliciter pour qu’elles soient comprises de l’autre. Comment on va transformer son usage dans la pratique des soins. C’est vraiment de l’échange en pratique, de la mise en situation. Cela passe par de la communication, par des rendez-vous tels que le Rendez-vous biomédical de l’UTC ! »
KD




