MINIRO, un projet ciblé sur la robotique miniature

Respectivement professeure des universités et maître de conférences, Christine Prelle et Laurent Petit sont chercheurs à Roberval dans l’équipe « Mécanique, Énergie, Electricité et Intégration » (M2EI). Ils travaillent essentiellement sur l’étude des systèmes micro-robotiques. Des travaux reconnus puisque le laboratoire a été sollicité dans le cadre du PEPR « Robotique » sur la thématique MINIRO qui fédère 9 laboratoires dont Roberval.
Le dernier-né des PEPR vise, dans un souci de souveraineté en particulier, à structurer et à renforcer l’écosystème français de recherche et d’innovation en robotique afin de lever les verrous scientifiques et techniques limitant les performances des systèmes robotisés actuels, notamment en matière de mobilité et de contrôle, de perception et d’adaptation des robots à divers environnements, de manipulation physique d’objets mais prenant en compte dans le même temps les aspects de frugalité et d’autonomie.
Le PEPR accélération « Robotique » dédié aux travaux de recherche à TRL bas (1–3) s’appuie sur quatre projets dont MINIRO et PERSEO qui impliquent respectivement Roberval et Heudiasyc à l’UTC. Le projet MINIRO fédère 9 laboratoires au niveau national.
« MINIRO a notamment pour objectif la création d’une force de frappe dans le domaine de la robotique miniature. Il s’agit de mener des projets structurants au niveau national afin d’identifier les points de rupture possibles pouvant mener à des innovations potentiellement industrialisables par la suite. Actuellement, quelques start-up dédiées à la robotique miniature ont été créées par certains laboratoires pour accélérer le transfert vers l’industrie. Par ailleurs, onze sous-projets ont été identifiés et se traduiront par des thèses visant à lever les verrous actuels », affirme Christine Prelle, qui s’intéresse particulièrement à la conception de systèmes micro-robotiques fondés notamment sur les principes électromagnétiques et à l’intégration d’instrumentations permettant de mesurer leurs déplacements ou leurs performances, par exemple.
La robotique miniature de demain va donc nécessiter l’étude de principes d’actionnement nouveaux, des architectures nouvelles. « Un des objectifs du PEPR est de développer des briques qui peuvent être utilisées tant dans le cadre de la robotique miniature que dans celui de la robotique plus classique. Il peut s’agir de briques d’actionnement ou de mesure. Le but étant de développer de nouveaux actionneurs ou des moyens d’instrumentation permettant une mesure de position ou de température, par exemple. Pour cela, nous sommes amenés à faire des recherches en rupture par rapport à l’existant. Nous cherchons à développer de nouveaux concepts car on ne peut miniaturiser à l’infini ce qui existe à grande échelle. Toutefois, l’idée est d’intégrer ces concepts dans des systèmes plus importants pour récolter un maximum d’informations localement tout en allégeant ces mêmes systèmes. Les travaux sur la robotique miniature n’ont pas la fabrication de robots miniatures pour seul objectif mais devraient, in fine, servir également à l’échelle macro », explique Christine Prelle.
Parmi les défis à relever ? « Il y en a trois principaux. En premier lieu, il s’agira d’augmenter l’agilité et la fiabilité de ces systèmes en matière de positionnement ou de dextérité, par exemple. Ensuite, il faudrait résoudre la problématique de la transmission d’énergie et de puissance afin de dépasser les limites actuelles d’alimentation des systèmes robotiques. Dans les systèmes actuels, la connectique peut souvent entraver la fluidité de leurs mouvements. Une des solutions sera d’utiliser une alimentation sans fil, par moyen optique, par exemple. Nous allons également étudier les principes robotiques permettant la réalisation de mouvements discrets. Enfin, il s’agira pour les mini-robots de demain de garantir un haut niveau de performance malgré les perturbations engendrées par l’environnement dans lequel ils évoluent », relate Laurent Petit.
L’échelle de référence en robotique miniature ? « Il y a deux façons d’aborder cette question. Si on prend les robots 2D très effilés et fins, ils seront dotés d’une largeur de quelques millimètres et d’une longueur pouvant atteindre la dizaine de centimètres afin d’atteindre des cibles difficiles d’accès. Quant aux robots submillimétriques en 3D, ils vont pouvoir se déplacer dans des endroits confinés, inaccessibles, comme dans le corps humain, par exemple », conclut Christine Prelle.
MSD




