IA et industrie du futur au menu du 3e rendez-vous de l’IA

Le rendez-vous de l’IA de l’UTC avait lieu vendredi 26 septembre dernier au centre d’innovation. Une troisième édition qui portait sur l’intelligence artificielle et industrie du futur. Parmi les intervenants présents figuraient notamment Renault Group, Psycle, Alfi et Fealinx sur le sujet de l’IA pour la production. La journée était aussi dédiée aux PME et ETI.
Au menu du 3e rendez-vous de l’IA de l’UTC porté avec le soutien de la Fondation UTC pour l’innovation, les participants ont pu en appendre beaucoup sur l’IA dans l’industrie, champ des possibles entre IA prédictive et IA générative, mais aussi sur l’IA pour la production et l’IA sous l’angle de grands groupes comme des PME. Emmanuelle Abisset-Chavanne, professeur chez Arts et Métiers ParisTech-ENSAM, et Alexandre Durupt, maître de conférences à l’UTC, ont présenté sous forme de quiz interactif la synthèse des principales enquêtes et études menées sur le déploiement et l’usage de l’IA par les PME et ETI en France. « L’objectif est de démystifier l’IA et de mieux comprendre comment la déployer et de mieux appréhender l’intérêt de l’IA pour l’industrie et nos métiers. L’IA est certes un collaborateur atypique victime de sa hype. L’IA n’est pas magique. L’entreprise doit d’abord se demander si son besoin est réel, si elle a des données pour engager l’IA et pour cela aussi savoir engager une transformation digitale et développer une culture de l’usage. Il faut apprendre à utiliser l’IA, à travailler avec, à se former à cela de manière responsable », insistent les deux premiers conférenciers devant un public composé d’ingénieurs et d’entrepreneurs très attentifs. « Ainsi, structurer ses données, les étiqueter, et surtout avoir confiance, sont les premières étapes de la transformation digitale, qui est au cœur d’une utilisation raisonnée de l’IA par les entreprises. » Des propos qui reflètent l’engagement constant du laboratoire Roberval, à savoir approcher la recherche académique et les besoins industriels pour construire ensemble l’avenir. Les participants ont également eu l’opportunité de visiter les plateformes AMS (Advanced Manufacturing System) et Quatrium (CETIM) du laboratoire.
La preuve par l’exemple chez Renault
Meriem Lafou, architecte en IA, et Antoine Leblanc, expert IA et Data chez Renault Group, représentaient aussi la SIA (Société des ingénieurs de l’automobile). Chez Renault, l’IA s’impose désormais comme un véritable outil d’aide à la décision et aux opérations. Elle représente un véritable levier de performance industrielle. « Elle est intégrée dans des outils concrets comme Maestro, qui exploite l’IA générative pour accompagner les opérateurs de maintenance. Résultat : une réduction de plus de 40 % du temps d’intervention sur les pannes machines. L’IA n’est pas une fin en soi, notre priorité est de répondre à des besoins industriels concrets avec des solutions explicables et déterministes. C’est pourquoi nous privilégions l’IA symbolique. Toutefois, lorsque celle-ci ne permet pas d’apporter une réponse satisfaisante, nous avons recours à l’IA connexionniste, en veillant à ce qu’elle reste maîtrisée et justifiée par l’usage », explique Meriem Lafou. Une solution de surveillance intelligente a été mise en place sur les presses d’emboutissage, reposant sur des accéléromètres capables de transmettre des données en temps réel. « Dès qu’un seuil critique est franchi, une alerte est automatiquement générée, précise Meriem Lafou. Cela nous permet d’anticiper les pannes, de préparer les interventions et de détecter rapidement toute anomalie potentielle. » L’IA a été utilisée également dans la prédiction de la consommation de gaz et d’énergie des usines Renault, ce qui leur a permis de réaliser un gain de productivité de 20 %. La table ronde s’est ensuite tournée vers la question des applications et des bénéfices de l’IA dans l’industrie, en présence d’Yves Grandvalet, directeur de recherche au CNRS, de Meriem Lafou, de Renault Group, de Philippe Boutinaud, directeur technique et innovation de Fealinx, et de Nathalie Greenan, professeure des universités au CNAM. Le thème de la prochaine édition sera « IA et procédés », en mars 2026.
Accompagner les projets de transformation des entreprises
En charge des opérations du réseau d’accélération Quatrium dédié aux projets de transformation des entreprises locales et dont le kick-off se tiendra le 14 novembre, Muriel Windholtz est également responsable des relations avec les entreprises au sein de l’UTC. Un projet lance par le CETIM (Senlis) en 2023 et rejoint par l’UTC début 2025 grâce à des financements de la Région et de l’Europe. Un projet visant à assurer aux entreprises un accompagnement par des spécialistes afin d’établir un diagnostic personnalise, de définir un plan d’actions et d’aider au choix des solutions jusqu’à l’industrialisation. « Le projet Quatrium permet d’accompagner les PME et ETI industrielles dans leur transformation numérique et écologique. Des plateformes de démonstration des technologies existantes sont accessibles pour identifier celle qui peut répondre au besoin de l’entreprise », dit-elle. Quel est le rôle spécifique de l’UTC ? « Pour notre part, nous apportons des solutions qui viennent compléter celles des autres partenaires. Nous avons ainsi mis en place, cette année, au sein de l’UTC, un espace dédie permettant de présenter les nouvelles technologies aux industriels locaux. Alors que le CETIM est spécialisé dans l’industrie mécanique, a l’UTC nous visons un spectre plus large d’industries comme la chimie et l’agro-industrie. L’idée ? Il s’agit de développer des outils connectes dans les process de fabrication, par exemple une ligne de convoyage intelligente », conclut Muriel Windholtz.
KD




