Accélérer l’innovation en matière d’électromobilité

L’UTC lance, avec le Cetim, le laboratoire commun CREM dans le but d’accélérer l’innovation dans le domaine de l’électromobilité et de répondre aux défis multiphysiques qui transforment en profondeur les industries mécaniques. Une complémentarité qui vise aussi bien les secteurs off-road, le ferroviaire, les équipements mécaniques, les machines industrielles et, plus largement, toutes les filières engagées dans la décarbonation de leurs systèmes.
CREM, sigle pour Cetim Roberval pour l’ÉlectroMobilité, réunit les forces et les compétences scientifiques du laboratoire Roberval de l’UTC et celles du centre de recherche Cetim à l’interface des industriels. Il vient offrir à ces derniers un outil scientifique de haut niveau pour les accompagner face aux profondes transformations de la mobilité bas carbone. « La trajectoire du laboratoire Roberval repose sur la construction d’un écosystème de partenariats industriels de long terme, étroitement articulés à ses ambitions scientifiques. CREM marque une nouvelle étape de cette stratégie et constitue le quatrième laboratoire commun créé avec un partenaire industriel de confiance », explique Marion Risbet, directrice de Roberval. CREM permettra d’avancer sur les défis multiphysiques liés à la mobilité électrique, d’approfondir les enjeux vibroacoustiques et psychoacoustiques des véhicules électriques, essentiels pour le confort, la perception et la performance globale des systèmes mécatroniques, et d’accélérer le développement de modèles, méthodes d’essais, outils numériques et démonstrateurs répondant aux besoins des industriels, notamment dans les secteurs offroad, automobile, ferroviaire ou des équipements mécaniques. Le laboratoire fonctionne en mode coopération intégrée, mobilisant plateformes, savoir-faire, moyens humains et matériels des deux partenaires. CREM contribue aussi à la mise en œuvre de résultats de recherche dans le cadre du projet d’investissement technologique E‑Mobilité porté par le Cetim afin de développer des capacités d’innovation et de transfert au profit des industriels. Le Cetim joue ici un rôle d’interface essentiel avec ces secteurs, tandis que l’UTC apporte la capacité de recherche, d’analyse et de formation.
Fédérer compétences scientifiques, expérimentales et technologiques
L’UTC attend de ce laboratoire qu’il permette de produire des modèles, des méthodes d’essais, des outils numériques et des démonstrateurs capables de réduire les incertitudes technologiques liées à l’électrification des systèmes. Pour Claire Rossi, directrice générale de l’UTC, ce laboratoire commun est véritablement le fruit de la collaboration stratégique et historique entre l’UTC et le Cetim. « Il illustre la force de la complémentarité entre la recherche académique de l’UTC et l’expertise opérationnelle du Cetim. En associant nos plateformes, nos équipes et nos savoir-faire, nous renforçons notre capacité à répondre aux défis technologiques de l’électromobilité et à accompagner les industriels dans leurs transformations. Cette approche intégrée, qui articule recherche, innovation et formation au plus près des besoins socio-économiques, est profondément inscrite dans l’ADN de l’UTC. CREM en est une traduction concrète : accélérer le transfert vers l’industrie tout en formant les ingénieurs et chercheurs qui porteront les transitions à venir. » La direction collégiale du laboratoire commun est assurée par Vincent Lanfranchi pour l’UTC, avec plus de 25 ans d’expérience scientifique dans l’électromobilité, responsable de nombreux projets et partenariats industriels sur ce thème, et Étienne Camus, chef de projet en charge du déploiement de la feuille de route R&D e‑Mobility du Cetim. Ce 11e laboratoire commun du Cetim renforce encore son modèle de recherche partenariale, reconnu comme un levier essentiel de compétitivité et de souveraineté pour les entreprises industrielles françaises.
Au service des industries de la mécanique
Le Cetim, labellisé Institut Carnot depuis 2006, déploie depuis plus de 25 ans des laboratoires communs dédiés au ressourcement scientifique et technologique au service des entreprises mécaniques. « CREM s’inscrit pleinement dans notre feuille de route 2024–2027 du contrat d’objectifs et de performance, et permettra la levée de verrous scientifiques au service de l’innovation des industries de la mécanique. La recherche est un investissement stratégique qui doit s’inscrire dans la durée. Ce nouveau partenariat avec l’UTC renforce une coopération historique et permet d’anticiper les mutations, de sécuriser les compétences et de transformer les avancées scientifiques en valeur pour l’ensemble de la filière mécanique », assure Daniel Richet, directeur général du Cetim. Si aujourd’hui l’UTC et le Cetim franchissent une nouvelle étape de leur partenariat stratégique, la collaboration des deux organismes a déjà une longue et fructueuse histoire puisqu’elle a commencé dès la création de l’UTC, se déployant de manière ponctuelle au départ, puis s’ancrant sur de plus en plus de projets communs au fil des ans, jusqu’à aboutir en 2008 sur un premier accord-cadre, renouvelé en 2025. Ces projets ont permis de construire une culture commune entre les équipes, une manière de travailler fondée sur l’expérimentation, la modélisation, l’intégration technologique et le transfert vers les entreprises. CREM prolonge cette dynamique en la concentrant aujourd’hui sur les grands enjeux de l’électromobilité.
Des perspectives concrètes pour des solutions utiles
Les perspectives sont importantes. CREM doit permettre d’accélérer le développement de solutions pour l’électromobilité, en particulier sur les composants et systèmes clés : batteries, variateurs, moteurs, intégration des chaînes de traction, comportement thermique, mécanique et vibroacoustique des systèmes électrifiés. L’un des enjeux sera de mieux comprendre et maîtriser les interactions entre ces phénomènes. Dans un véhicule électrique ou une machine électrifiée, les performances ne dépendent pas d’un seul composant mais de l’ensemble du système. Une modification sur le moteur peut avoir des effets thermiques, mécaniques ou acoustiques ; une contrainte d’intégration peut modifier la performance globale. CREM a vocation à traiter ces interactions de manière globale. Pour l’UTC, la perspective est aussi territoriale et industrielle. Il s’agit de renforcer un écosystème d’innovation à Compiègne et dans les Hauts-de-France, en lien avec les besoins nationaux et européens de transition énergétique. En associant recherche, formation, plateformes et transfert industriel, CREM doit contribuer à accompagner les entreprises dans leurs démarches de conception, de reconception et de décarbonation. À terme, l’objectif est que CREM devienne un point d’appui reconnu pour les industriels confrontés aux défis de l’électrification. Un lieu où l’on peut à la fois comprendre les phénomènes physiques, tester des solutions, développer des outils et préparer les technologies de demain. Une approche qui correspond pleinement à l’ADN de l’UTC : une recherche de haut niveau, ouverte sur les usages, sur les technologies et sur les transformations industrielles.
La relation Cetim-UTC, une belle histoire
Un premier laboratoire commun est structuré dès 2000, le Latim. Depuis, de nombreux projets se sont enchaînés : collaborations autour de la fatigue des matériaux, projets européens comme H2REF sur l’hydrogène, ou encore des travaux menés dans le cadre de la chaire hydraulique issue de l’accord de 2008, en lien avec Artema. Cette collaboration se traduit aussi par des réalisations très concrètes, comme des démonstrateurs développés avec des étudiants, par exemple : des drones à propulsion hydraulique, qui illustrent bien le lien entre recherche, formation et innovation. Enfin, ce partenariat repose sur un socle scientifique important, avec plus de vingt thèses et plusieurs post-doctorats engagés depuis 2008, sur des sujets allant de la fatigue à l’acoustique, en passant par les procédés ou par l’éco-conception. CREM vient structurer et amplifier cet existant.
KD




