PaCha : améliorer la résistance et le rendement dans la culture du riz

Chargé de recherche CNRS au sein du GEC, Éric Ruel­land est spé­cial­isé dans la sig­nal­i­sa­tion chez les plantes, en par­ti­c­uli­er dans la sig­nal­i­sa­tion lipidique, c’est-à-dire dans la syn­thèse de petites molécules de lipi­des ayant un rôle de sig­nal­i­sa­tion. Il tra­vaille actuelle­ment sur l’IRP (Inter­na­tion­al Ressource Project) du CNRS PaCha mené en col­lab­o­ra­tion avec l’Académie viet­nami­enne des sci­ences et tech­nolo­gies (VAST), notam­ment l’Institut de biolo­gie (IB) et l’Université des sci­ences et tech­nolo­gies de Hanoï (USTH).

Lorsqu’une plante est soumise à dif­férentes con­traintes dans son envi­ron­nement, elle va syn­thé­tis­er des petites molécules, notam­ment lipidiques, qui vont agir dans les cel­lules pour met­tre en place une réponse appropriée.

Face aux con­séquences prévis­i­bles – stress hydrique ou, au con­traire, inon­da­tions, par exem­ple – du change­ment cli­ma­tique sur l’agriculture et à une demande ali­men­taire crois­sante, assur­er la sécu­rité ali­men­taire mon­di­ale devient un enjeu d’importance de notre époque. D’où la néces­sité de dévelop­per des pra­tiques agri­coles durables afin d’atténuer les effets du dérè­gle­ment cli­ma­tique tout en aug­men­tant la pro­duc­tiv­ité des cul­tures. C’est pour répon­dre à cette prob­lé­ma­tique pour la cul­ture du riz au Viet­nam que l’IRP PaCha a été lancé par le CNRS et par la VAST. Un pro­jet qui fait appel à des exper­tis­es divers­es telles les sci­ences végé­tales, les tech­niques agri­coles ou encore les biotech­nolo­gies. Par­mi les lab­o­ra­toires mobil­isés sur le pro­jet PaCha fig­urent, out­re le GEC à l’UTC, l’Institut des Sci­ences des Plantes de Mont­pel­li­er (IPSiM), et, au Viet­nam, l’IB et l’USTH.

La genèse du pro­jet lancé en 2026 pour une durée de cinq ans ? « L’IPSiM à Mont­pel­li­er a établi, de longue date, des col­lab­o­ra­tions avec le Viet­nam. Quant au GEC, les con­tacts ont été étab­lis à la suite d’un stage post-doc­tor­al effec­tué par Huong To Thi Mai, une Viet­nami­enne, avec Brigitte Thomas­set. Appré­ciant les com­pé­tences et les exper­tis­es dévelop­pées au sein du lab­o­ra­toire, elle a, de retour dans son pays, souhaité que l’on con­tin­ue à tra­vailler ensem­ble. L’IRP PaCha est tombé à pic, pour ain­si dire. C’était le bon cadre insti­tu­tion­nel per­me­t­tant de pour­suiv­re la col­lab­o­ra­tion en assur­ant la mobil­ité des chercheurs d’un site à l’autre. Pour ma part, je souhait­erais que l’on puisse notam­ment men­er des thès­es en cotutelle », relate Éric Ruelland.

L’IRP PaCha vise à dévelop­per des approches de génomique végé­tale pour relever les défis posés par les effets du change­ment cli­ma­tique sur l’agriculture et notam­ment, dans le cas du Viet­nam, sur la cul­ture du riz et en assur­er la dura­bil­ité. Le rôle de cha­cun des parte­naires ? « Nos col­lègues viet­namiens, sur le ter­rain, vont soumet­tre les plants de riz à dif­férentes con­traintes, notam­ment la con­trainte hydrique.  Le GEC apportera son exper­tise en matière d’analyse. Il s’agira, dans un pre­mier temps, d’analyser les don­nées fournies par nos col­lègues selon deux approches. La pre­mière con­cerne la réponse métabolomique, c’est-à-dire l’ensemble des métabo­lites syn­thétisés par la plante en réponse à tel ou tel type de stress. La sec­onde, la réponse lipidomique, nous per­met d’avoir une vue d’ensemble des lipi­des pro­duits selon la nature du stress subi. Il s’agira ensuite de com­par­er la sit­u­a­tion “con­trôle” et la sit­u­a­tion “stress”, le but étant d’utiliser cer­tains mutants générés par les col­lègues sur le ter­rain grâce à l’édition géné­tique (gene edit­ing) et de sélec­tion­ner les mutants les plus résilients. Pour ma part, je m’intéresse, en par­ti­c­uli­er, à la famille de gènes des phos­pho­li­pas­es D (PLD). L’objectif est d’analyser des lignées de PLD, des enzymes qui syn­thé­tisent l’acide phos­pha­tidique, un lipi­de de sig­nal­i­sa­tion, et de détecter celles qui résis­tent, ou pas, le mieux à divers stress. Quant à l’équipe de l’IPSiM, elle tra­vaille sur la capac­ité des plants de riz à absorber les minéraux et sur le rem­plis­sage des grains. Le but est de sélec­tion­ner des var­iétés dont le ren­de­ment est opti­mal », con­clut Éric Ruelland.

MSD

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