Le squalène d’amarante : un substitut à celui du foie de requin

Maître de con­férences à l’UTC, Adri­an Tron­coso-Ponce est spé­cial­isé dans l’étude du métab­o­lisme végé­tal. Il est par ailleurs respon­s­able du développe­ment durable et référent du label « ingénierie souten­able » au sein du lab­o­ra­toire GEC. Il tra­vaille actuelle­ment sur le pro­jet de pré­mat­u­ra­tion « Squale » financé, depuis 2025, par l’INRAE.

Après avoir tra­vail­lé à l’INRAE, Adri­an Tron­coso-Ponce a rejoint l’UTC. Il s’est très vite intéressé à la prob­lé­ma­tique du squalène, un lipi­de extrait du foie de requin. Ce lipi­de, naturelle­ment présent dans le sébum de la peau, joue un rôle antioxy­dant impor­tant. L’industrie cos­mé­tique en est ain­si une grande con­som­ma­trice. Il est égale­ment util­isé dans les com­plé­ments ali­men­taires mais aus­si comme co-adju­vant dans cer­tains vac­cins. D’où la déci­sion d’Adrian Tron­coso-Ponce de men­er des recherch­es afin de trou­ver une alter­na­tive végé­tale pour réduire le recours à la sur­pêche des requins. « L’équipe de recherche de l’INRAE a dévelop­pé un grand nom­bre de lignées de plantes dont des lignées d’amarante, une plante qui pro­duit du squalène en grande quan­tité par rap­port aux autres plantes. Pour le pro­jet “Squale”, l’INRAE nous a fourni les graines d’amarante, notre rôle étant de com­pren­dre le “pourquoi” de cette impor­tante pro­duc­tion chez l’amarante. Pour ce faire, nous allons extraire le squalène de chaque graine afin de déter­min­er, par­mi ces lignées, celle qui pro­duit le plus de squalène mais aus­si le moins de squalène et définir les gènes impliqués dans la pro­duc­tion et l’accumulation de ces métabo­lites », explique-t-il.

Les résul­tats de l’expression génique de cette pro­duc­tion de squalène plus ou moins impor­tante des dif­férentes lignées seront alors trans­férés au départe­ment de biolo­gie appliquée de l’INRAE. « La pro­duc­tion de squalène d’origine végé­tale, dans ce cas pré­cis à par­tir de l’amarante, en grande quan­tité, per­me­t­tra, à terme, de réduire la dépen­dance ou encore mieux l’utilisation de lipi­des à par­tir du foie de requin mais aus­si d’éviter le recours à des tech­niques trans­géniques », con­clut Adri­an Troncoso-Ponce.

MSD

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