Faire rayonner l’UTC en 180 secondes

Bastien Lahetjuzan, Sorosh Samiei et Marie Crémil­lieu ont rem­porté des prix lors de la finale de l’Alliance Sor­bonne Uni­ver­sité de l’édition 2026 du con­cours Ma thèse en 180 sec­on­des (MT180). Une autre façon de décou­vrir toute la richesse de la recherche doc­tor­ale à l’UTC.

Trois doc­tor­ants de l’UTC se sont illus­trés lors de la finale de l’Alliance Sor­bonne Uni­ver­sité du con­cours Ma thèse en 180 sec­on­des, décrochant trois prix sur les dif­férentes caté­gories. Bastien Lahetjuzan a reçu le Pre­mier prix du jury qui lui vaut la pre­mière place décernée par le jury. Sorosh Samiei a reçu le troisième prix du jury et Marie Crémil­lieu a obtenu le Prix des lycéens. Le con­cours MT180 est un exer­ci­ce de médi­a­tion sci­en­tifique où les doc­tor­ants présen­tent leur sujet de recherche en 3 min­utes chrono. Un défi de taille qui exige rigueur sci­en­tifique, péd­a­gogie et capac­ité de vul­gar­i­sa­tion. Cette année, la finale de l’Alliance Sor­bonne Uni­ver­sité réu­nis­sait des sujets très var­iés, allant de la philoso­phie à la chimie, en pas­sant par les sci­ences du lan­gage, les neu­ro­sciences ou encore la biolo­gie. « C’est une façon de vul­garis­er les travaux de recherche, donc il faut syn­thé­tis­er ce qu’on fait en trois min­utes, 180 sec­on­des. Il faut vrai­ment que cela s’adresse à tout pub­lic, faire com­pren­dre la prob­lé­ma­tique, mais sans ren­tr­er trop dans le détail, avec des mots qui par­lent à tous. C’est un exer­ci­ce qui est vrai­ment intéres­sant, je pense, pour les doc­tor­ants. Ça leur fait faire un pas de côté sur leur sujet, se met­tre à la place de ceux qui écoutent pour essay­er de faire com­pren­dre ce qu’est leur tra­vail », souligne Chris­tine Prelle, direc­trice de l’école doctorale.

Valoriser la transmission des savoirs vers le grand public

Marie Crémil­lieu est entrée à l’UTC en tronc com­mun après un bac sci­en­tifique, avant de pour­suiv­re en cycle ingénieur Génie des procédés. Elle a aus­si effec­tué le mas­ter Génie des pro­duits for­mulés avant de com­mencer sa thèse au lab­o­ra­toire TIMR. Elle souhaite s’orienter vers une car­rière de chercheuse en entre­prise, tout en con­ser­vant une dimen­sion de péd­a­gogie et de vul­gar­i­sa­tion sci­en­tifique dans son activ­ité. Entre l’organisation d’une édi­tion locale du plus grand fes­ti­val de sci­ence au monde, Pint of Sci­ence, un con­grès et son tra­vail de thèse, elle revient pour nous sur son aven­ture MT180. « Je suis très attachée à la vul­gar­i­sa­tion sci­en­tifique auprès du grand pub­lic. J’avais déjà par­ticipé aux Nuits de la Recherche et à la Fête de la Sci­ence, où j’ai pu présen­ter mes travaux de recherch­es à des étu­di­ants de l’UTC, à des élèves de tous âges mais aus­si aux habi­tants et familles de Com­piègne. Par­ticiper au con­cours MT180 s’est donc inscrit naturelle­ment dans cette démarche : faire sor­tir la sci­ence des lab­o­ra­toires et la ren­dre acces­si­ble au plus grand nom­bre, au-delà de l’échelle locale. » Après une pre­mière sélec­tion, elle par­ticipe à la finale locale de l’Alliance Sor­bonne Uni­ver­sité le 19 mars dernier. Le Prix des lycéens qu’elle reçoit lui per­met de par­ticiper à la finale régionale Paris qui s’est déroulée le 9 avril.

Sessions de formations et présence scénique

Le col­lège doc­tor­al de Sor­bonne Uni­ver­sité a pré­paré les can­di­dats grâce à plusieurs ses­sions de for­ma­tion avec une coach spé­cial­isée en prise de parole, qui les accom­pa­gne depuis plusieurs années. Mais la pré­pa­ra­tion ne s’arrête pas là : les con­seils et échanges avec les autres par­tic­i­pants ont été très stim­u­lants pour tra­vailler sur leur pitch. « Jusqu’à la pre­mière finale, je me suis surtout entraînée seule, puis devant mon directeur de thèse. Je voulais garder la sur­prise pour mes proches et col­lègues qui sont venus assis­ter à la finale de Sor­bonne Uni­ver­sité afin qu’ils décou­vrent ma présen­ta­tion directe­ment sur scène. Ensuite, pour la finale régionale, le plus gros du tra­vail était fait, mais il restait encore des détails à peaufin­er : cer­tains mots, paus­es, la gestuelle… Jusqu’à la veille au soir, je con­tin­u­ais encore à ajuster mon texte ! Nous avons aus­si dû adapter notre présence scénique selon les con­di­tions tech­niques. » Son sujet ? Impres­sion 3D de bio­matéri­aux fonc­tion­nal­isés stim­u­la­bles. « Ce sujet de thèse m’a par­ti­c­ulière­ment attirée par sa dimen­sion pluridis­ci­plinaire. Il mobilise des com­pé­tences en for­mu­la­tion et en chimie pour met­tre au point le gel que j’imprime, en procédés et mécanique pour opti­miser l’impression 3D, une tech­nolo­gie inno­vante, mais aus­si en biolo­gie en vue de l’application bio­médi­cale finale de mon biomatériau. »

« J’ai été frappé par la richesse et la diversité de la recherche »

Pour Sorosh Samiei, doc­tor­ant en génie des bio­procédés, tout a com­mencé lors de son stage de fin d’études chez L’Oréal, où il a par­ticipé à une ver­sion interne du con­cours inti­t­ulée « Mon pro­jet en 180 sec­on­des », avec une présen­ta­tion de son pro­jet de stage devant la com­mu­nauté de recherche avancée de l’entreprise. « L’exercice s’est révélé bien plus riche que je ne l’anticipais. Il m’a per­mis de tiss­er des liens pré­cieux et de mesur­er la puis­sance de la com­mu­ni­ca­tion sci­en­tifique vul­gar­isée. C’est à ce moment-là que j’ai pris la déci­sion, dès que je serai en thèse, je me lancerai dans la vraie aven­ture. » Sorosh s’astreignait à s’entraîner chaque soir au bureau, une fois ses col­lègues par­tis, à répéter avec un chronomètre, à iden­ti­fi­er les pas­sages qui s’essoufflent, à choisir où plac­er les silences, à affin­er chaque mot. Cet entraîne­ment minu­tieux lui a offert, le jour J, une lib­erté pré­cieuse, celle d’être pleine­ment présent pour le pub­lic plutôt qu’absorbé par mes pro­pres notes. « Les deux finales, celle de l’Alliance Sor­bonne Uni­ver­sité, suiv­ie de celle de la région Paris, ont été des expéri­ences mémorables. En décou­vrant les pro­jets des autres can­di­dats en même temps que le pub­lic, j’ai été frap­pé par la richesse et la diver­sité de la recherche qui se mène aujourd’hui. Le stress, lui, était bien présent. Mais, une fois sur scène, tout s’accélère de la meilleure façon qui soit. Une brève inter­ac­tion avec l’animateur ou l’animatrice crée un pre­mier lien avant même que les 180 sec­on­des ne com­men­cent. Puis le temps s’écoule à une vitesse décon­cer­tante. Ce que je cher­chais avant tout, c’était le con­tact avec le pub­lic : les avoir pour trois min­utes, c’est à la fois peu et beau­coup. Ces deux fois, j’ai eu la sat­is­fac­tion de voir les regards accrochés, d’entendre les rires aux bons moments et de recevoir un applaud­isse­ment qui valait bien des récompenses. »

Parler biogaz et carburant aéronautique durable 

Sorosh Samiei tra­vaille sur la diges­tion anaéro­bie, le procédé qui per­met de trans­former des biodéchets en biogaz. Sa thèse s’inscrit dans le cadre d’un pro­jet européen (Inter­reg OBIWAN) qui pousse l’ambition plus loin encore : con­ver­tir ce biogaz en car­bu­rant aéro­nau­tique durable. Pour cela, la pro­duc­tion du biogaz doit être sta­ble, tant en débit qu’en com­po­si­tion. Or, les matières entrantes dans le procédé sont soumis­es à d’importantes vari­a­tions saison­nières et régionales. Son tra­vail con­siste pré­cisé­ment à maîtris­er ces irrégu­lar­ités, en com­bi­nant mod­éli­sa­tion numérique, expéri­men­ta­tion et con­trôle-com­mande. « J’ai com­mencé mes études en phar­ma­cie à l’Université des sci­ences médi­cales de Téhéran, avant de pour­suiv­re avec une licence en sci­ences de la vie à l’université de Lor­raine, puis un mas­ter en Ingénierie bio­médi­cale et bio­pro­duc­tion à l’université de Mont­pel­li­er. Je suis aujourd’hui en pre­mière année de thèse à l’UTC, à l’intersection de la biolo­gie et du génie des procédés. La recherche et le développe­ment me pas­sion­nent pro­fondé­ment ; non pas comme une fin en soi, mais comme un levi­er de trans­for­ma­tion. Je suis con­va­in­cu que le tra­vail sci­en­tifique n’est véri­ta­ble­ment accom­pli que lorsqu’il quitte le lab­o­ra­toire pour génér­er des pro­duits qui améliorent le quo­ti­di­en et créer de la valeur dans l’économie réelle. C’est dans cet espace, entre l’innovation et son déploiement, que je veux trac­er ma voie. »

3 000 docteurs ont été diplômés de l’école doctorale de l’UTC depuis 1985 

L’université de tech­nolo­gie de Com­piègne a con­sacré une part impor­tante de son activ­ité à la for­ma­tion à la recherche et par la recherche, c’est-à-dire au doc­tor­at. Dès 1985, l’UTC, au moment de la sup­pres­sion du doc­tor­at d’état et de la créa­tion du doc­tor­at unique, a créé sa pro­pre école doc­tor­ale, alors qu’il n’y avait encore pas de cadre homogène au niveau nation­al. « Sur une idée de Dominique Barthez, pro­fesseur à l’UTC, la créa­tion de cette struc­ture avait pour objec­tif de définir une poli­tique de for­ma­tion de troisième cycle glob­al, de favoris­er la col­lab­o­ra­tion entre les dif­férentes équipes de recherche de l’UTC sur sa prob­lé­ma­tique de recherche tech­nologique qui est par essence pluridis­ci­plinaire. Cette école doc­tor­ale avait pour but de gér­er le recrute­ment et le suivi des étu­di­ants, l’harmonisation des pro­grammes de cours entre les dif­férentes spé­cial­ités de l’UTC et la propo­si­tion de cours trans­ver­saux mutu­al­isés afin de leur fournir une solide cul­ture sci­en­tifique », détaille Chris­tine Prelle, direc­trice de l’école doc­tor­ale de l’UTC. Depuis 1985, l’école doc­tor­ale a diplômé env­i­ron 3 000 doc­teurs. Aujourd’hui, elle sou­tient plus que jamais la recherche tech­nologique pluridis­ci­plinaire, voire inter­dis­ci­plinaire, recrute les doc­tor­antes et doc­tor­ants de 11 lab­o­ra­toires de recherche. Ils sont tous financés pen­dant au moins trois ans et peu­vent effectuer leur doc­tor­at dans dif­férents environnements.

KD

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