L’optimisation et l’upcycling des produits, credo des API

Avec ses Activités pédagogiques d’inter-semestre (API) d’hiver et d’été, l’université de technologie de Compiègne, en lien avec Sorbonne Université, offre aux utécéens et étudiants étrangers issus d’universités partenaires, l’occasion de s’impliquer dans des programmes originaux et innovants complémentaires à leurs cursus. Exemples avec le workshop Happy sound mené du 19 au 23 janvier et la Food engineering international winter school qui s’est quant à elle déroulée du 2 au 13 février.
Innover dans les méthodes pédagogiques, approfondir et acquérir des compétences et des connaissances dans des domaines ou des technologies précises : les Activités pédagogiques d’intersmestre (API) ont plus d’un atout pour les étudiants qui s’y impliquent. Entre pratique et théorie, ces écoles d’hiver (et d’été) internationales, dispensées en langue anglaise, « permettent notamment d’interroger les pratiques et de complémenter les apprentissages », indique Nicolas Dauchez, professeur à l’UTC et chercheur au sein de l’équipe acoustique et vibrations du laboratoire Roberval de l’université. Le workshop Happy sound “upcycling d’enceintes nomades” qu’il a mené du 19 au 23 janvier dernier dans le cadre du projet Erasmus Plus SUSEE (Smaller Universities for Sustainability in Engineering Education) a invité une quinzaine d’étudiants des filières acoustique et design à « moderniser et à concevoir des enceintes acoustiques à partir d’enceintes de bureau usagées et obsolètes dans une démarche d’ingénierie soutenable et de revalorisation des produits technologiques, aujourd’hui indissociable de notre enseignement. Pour les étudiants de la filière acoustique, travailler sur des hauts-parleurs était très intéressant afin d’appréhender tout le processus, du design à la fabrication, de reprendre un concept et de savoir l’utiliser autrement. » Depuis la mise en place de l’API Happy sound en 2018, les challenges se sont multipliés : réalisation d’enceintes sans utilisation de bois, à l’inverse enceinte en bois en collaboration avec le lycée des métiers d’art de Saint-Quentin, conception et fabrication d’enceintes en matériau cellulosique ou à base de tubes, conception de caisson de grave… « Ça crée de l’émulation. On a souvent de bonnes surprises dans le concept ou le design rendu. En 2020, autour du son du bois, on a eu des résultats assez dingues, propres et très aboutis. Le contrat final en un temps assez court, c’est d’arriver à ce que tout fonctionne et à l’écoute comparative afin d’évaluer la qualité acoustique. Chaque année, nous imposons de nouvelles contraintes performatives, techniques et budgétaires, poursuit Nicolas Dauchez. Cet hiver, s’est posée la question de la batterie nomade qui nécessite des ressources : le nomade est-il soutenable et durable ? En a‑t-on vraiment besoin ? La visite de l’usine Paprec, spécialiste du recyclage et du traitement des déchets, a permis de se rendre compte des conséquences de la consommation et du devenir problématique des batteries. »
La gastronomie, toute une science
Mêmes objectifs pour la 3è édition de la Food engineering international winter school qui s’est quant à elle déroulée au centre d’innovation Daniel-Thomas de l’UTC, du 2 au 13 février. « On y a proposé des projets alliant les sciences et les technologies alimentaires à la gastronomie française, décline Mirian Kubo enseignante-chercheuse et responsable de la filière Innovation aliments agro-ressources (IAA) de l’UTC. Les 16 étudiants, dont environ la moitié dans le cadre du master en Nutrition, qualité et santé de Sorbonne Université et l’autre moitié provenant d’universités européennes de l’Alliance SUNRISE, qui y ont participé devaient concocter des solutions technologiques innovantes pour livrer des versions plus saines et nutritives de spécialités culinaires mondialement connues tels que le bœuf Bourguignon, le foie gras, la tarte tropézienne et les gougères. »
En dix jours incluant des cours théoriques, des travaux pratiques et des ateliers de projet, les étudiants ont mis au point des prototypes alimentaires avec leurs cahiers des charges, tableaux des valeurs nutritionnelles, listes d’ingrédients, profils sensoriels, propositions d’étiquettes et des packagings… « Ils étudient les profils nutritionnels et propriétés fonctionnelles des ingrédients, les agents de texture, l’impact des additifs, les arômes… Mais aussi les dernières innovations permettant de remplacer les matières grasses, le sucre et le gluten, énumère Mirian Kubo. On cherche à améliorer la qualité nutritionnelle des produits en les enrichissant de protéines et de fibres. Mais aussi à répondre aux besoins des personnes allergiques, diabétiques ou intolérantes comme celles touchées par la maladie cœliaque. Aux besoins des seniors et des enfants qui nécessitent aussi d’une nutrition adaptée.» En 2025, gougères sans gluten et bœuf bourguignon végétalien étaient au menu. Les nouveaux produits confectionnés devaient avoir un goût agréable et similaire, la même texture, la même saveur… « Ces formations permettent toujours d’apprendre des choses d’autant que les étudiants étrangers apportent des adaptations liées à leurs cultures, ajoute l’experte. L’année dernière, des gnocchis confectionnés à base de pain rassis ont ainsi été accommodés avec une sauce traditionnelle du Portugal. Ça a été une véritable découverte gustative. » L’atelier culinaire suivi avec Ludovic Colpart, le chef de l’Auberge du Pont de Rethondes près de Compiègne, la visite culturelle à Pierrefonds et le dîner dans un restaurant gastronomique ont également permis aux étudiants de compléter et d’enrichir leurs pratiques et leurs techniques, mais aussi d’affiner leurs connaissances. De vraies découvertes.
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