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Regard sur le numérique

Pour Axelle Lemaire, Secré­taire d’é­tat chargée du numérique, « Evo­quer l’économie numérique c’est sou­vent faire référence à ces jeunes pouss­es du numérique qui pro­duisent des matériels, des logi­ciels et des ser­vices. Au-delà d’un domaine tech­nique, l’économie numérique porte sou­vent en elle de nou­veaux mod­èles d’affaires et révo­lu­tionne les façons de con­cevoir, de pro­duire et de distribuer. »

C’est bien une nou­velle forme d’é­conomie, dans laque­lle les cycles d’in­no­va­tion sont plus courts, qui s’ap­puie sur des com­mu­nautés d’u­til­isa­teurs ou de développeurs et qui, par­fois, dés­in­ter­médie des secteurs entiers de l’é­conomie Mais l’é­conomie numérique est bien plus qu’un secteur, c’est pourquoi je préfère par­ler de numéri­sa­tion de l’é­conomie. Les secteurs économiques ne sont désor­mais plus cloi­son­nés, ils évolu­ent avec la trans­for­ma­tion glob­ale des fonc­tion­nements tra­di­tion­nels de l’é­conomie. Tex­tiles intel­li­gents, objets con­nec­tés, MOOC, appli­ca­tions web et mobiles qui essai­ment dans la médecine, le droit, la finance : rares sont les domaines qui ne con­nais­sent pas d’in­no­va­tion liée au numérique.

En quoi l’avènement d’une économie numérique représente-t-elle un tournant majeur pour l’économie française et internationale et en quoi l’enseignement supérieur est-il particulièrement concerné?

La numéri­sa­tion de nos économies est un tour­nant majeur puisqu’il s’ag­it de penser et vivre avec des repères nou­veaux : un com­merce con­nec­té, des ser­vices publics dématéri­al­isés, des métiers nou­veaux. Il s’ag­it égale­ment d’ac­com­pa­g­n­er nos star­tups dans leur crois­sance pour leur per­me­t­tre de devenir des grandes entre­pris­es. Il s’ag­it surtout d’in­clure la société entière à ce mou­ve­ment, sans dif­férenci­er les âges, les orig­ines sociales ou les ter­ri­toires : c’est avec tous que l’on con­stru­it le futur ! L’in­no­va­tion va évidem­ment de pair avec l’é­d­u­ca­tion et la recherche. Notre prin­ci­pal défi pour les prochaines années est de par­venir à for­mer mieux de plus en plus de per­son­nes, pour amélior­er la com­péti­tiv­ité glob­ale de notre économie : le numérique est un levi­er incroy­able pour touch­er de nou­veaux publics avec les MOOCs mais aus­si pour expéri­menter de nou­velles formes d’ap­pren­tis­sage notam­ment en mode pro­jet. L’en­seigne­ment supérieur doit ain­si for­mer aux nou­veaux métiers, inté­gr­er les inno­va­tions péd­a­gogiques, créer des passerelles entre uni­ver­sités d’une part et domaines d’é­tudes d’autre part — à l’in­star du rap­proche­ment entre sci­ence et tech­nolo­gie que vous pro­mou­vez au sein de Sor­bonne Universités.

Quels sont les atouts de la France en la matière ? et son ancrage en Europe ?

Loin des clichés, la France compte bien des atouts : nos uni­ver­sités comptent par­mi les meilleures du monde et attirent les étu­di­ants étrangers les plus bril­lants ; les investis­seurs et les entre­pris­es étrangères ne cessent de s’y implanter — nous sommes le 4ème pays d’ac­cueil des investisse­ments directs étrangers ; nos infra­struc­tures sont fiables et per­for­mantes, en témoigne notre cou­ver­ture en réseau fixe haut débit au deux­ième rang mon­di­al ; les français sont par­mi les plus con­nec­tés : 83% à utilisent inter­net, 400 000 se for­ment via nos MOOC. Nous sommes avec l’Alle­magne moteurs de la stratégie numérique européenne. Nous sommes en train de réalis­er un marché européen unique con­nec­té, qui sera un atout con­séquent pour l’ex­pan­sion de nos entre­pris­es et bien sûr pour la con­sol­i­da­tion de la pre­mière puis­sance économique qu’est l’U­nion Européenne.

“Les secteurs économiques ne sont désor­mais plus cloi­son­nés, ils évolu­ent avec la trans­for­ma­tion glob­ale des fonc­tion­nements tra­di­tion­nels de l’économie.”

Quelles actions en faveur du numérique vous semblent-elles les plus stratégiques et innovantes pour les années qui viennent ? Comment rassurer également ceux qui auraient peur du numérique ?

C’est l’ob­jet du plan d’ac­tion numérique du gou­verne­ment ren­du pub­lic en juin. Il est artic­ulé autour de 4 axes : lib­erté d’in­nover, égal­ité des droits, fra­ter­nité — le numérique pour tous, et exem­plar­ité par la trans­for­ma­tion numérique de l’E­tat. Ces axes seront la colonne vertébrale du pro­jet de loi numérique que je présen­terai à l’Assem­blée Nationale avant la fin de l’an­née. Innover libre­ment c’est donc s’ap­puy­er sur l’in­ter­na­tion­al­i­sa­tion de la French Tech, la pro­mo­tion de l’in­no­va­tion ouverte, de l’open access (libre accès aux pub­li­ca­tions de recherche), des licences libres. C’est garan­tir des droits ren­for­cés pour les citoyens con­cer­nant leurs don­nées per­son­nelles ou les modes de paiement en ligne. C’est ren­forcer la con­fi­ance et la trans­parence à tra­vers la défense de la neu­tral­ité du net. Et l’E­tat se doit de don­ner l’ex­em­ple. Innover, c’est aus­si dévelop­per des ser­vices publics dématéri­al­isés, qui allient effi­cac­ité et facil­ité d’ac­cès : plan ” hôpi­tal numérique “, dépôts de plainte en ligne, sim­u­la­teur de presta­tions sociales mesaides.fr… les chantiers sont nom­breux ! C’est égale­ment saisir l’op­por­tu­nité qu’of­fre le numérique pour faire plus sim­ple. Plus sim­ple dans la saisie des don­nées, qui est l’am­bi­tion du pro­gramme ” Dites-le nous une fois ” ou encore plus sim­ple dans l’ac­cès aux ser­vices admin­is­trat­ifs tel que le per­met ” France Con­nect “. C’est enfin une for­mi­da­ble occa­sion de faire plus ouvert. N

Le saviez vous :

  • 110 Md € Poids du numérique dans le PIB en France, supérieur aux ser­vices financiers et à l’agriculture.
  • 1,5 M € Emplois liés au numérique en France
  • +40 % Aug­ment­tion brute poten­tielle du résul­tat opéra­tionnel pour une entre­prise qui réus­sit sa muta­tion numérique (www.mckinsey.fr)

Site inter­net d’Ax­elle Lemaire : www.axellelemaire.eu

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