Promouvoir l’interdisciplinarité

Après deux ans de maturation, quatre Centres de Recherche Interdisciplinaire (CRI) ont été créés en avril 2026. Un projet phare de la Direction à la recherche pour les prochaines années.
Face à la complexité croissante des défis contemporains et les enjeux des transitions environnementale, numérique et sociétale, l’UTC, au travers des CRIs, Des CRIs dont les travaux vont s’articuler autour de quatre grandes thématiques : Intelligence artificielle (IA) et systèmes technologiques, Bien vivre — bien vieillir, Décarbonation de la société et des systèmes et enfin Gestion des ressources (eau, air, sols).
Le premier est animé par Pedro Castillo (Heudiasyc), Fady Mohareb (GEC) et Florian de Vuyst (BMBI), le deuxième par Cécile Legallais (BMBI), Mirian Kubo (GEC) et Maxime Hachette (Avenues), le troisième par Berk Celik (Avenues) et Erwan Guénin (TIMR) et enfin le dernier par Nadia Bousseta (TIMR) et Hani Al-Hajjar (Roberval). « Avoir plusieurs animateurs avec des profils différents est très cohérent avec l’objectif de renforcement de l’interdisciplinarité. Tous les personnels de recherche de l’UTC peuvent les intégrer afin d’échanger ou de travailler sur les thématiques définies. Nous sommes convaincus en effet que c’est dans le croisement des savoirs, des méthodes et des regards que se construisent les solutions les plus innovantes et les plus durables face aux défis du monde contemporain », assure Frédéric Lamarque, Directeur à la recherche.
Le rôle des animateurs des CRIs ? « Il est double. D’une part, il s’agit pour eux d’animer scientifiquement la réflexion collective et développer une communauté de chercheuses/chercheurs qui s’intéressent à une thématique connexe au CRI. Ainsi, lorsque l’on parle d’IA cela entre en résonance aussi bien avec le CRI «Bien vivre et bien vieillir» au travers de l’IA et la santé que celui de la «Gestion des ressources» avec l’IA prédictive par exemple. D’autre part, ils ont un rôle structurant au sens où ils doivent faire en sorte que le partage des thématiques soit efficace et qu’il y ait une réelle co-construction de projets de recherche interdisciplinaires qui pourraient être éligibles aux nouveaux appels à projet, dont celui qui débutera début novembre et se clôturera en janvier 2027. Après la phase d’instruction des différents projets, nous pourrons annoncer aux lauréat(e)s les projets financés afin que les doctorant(e)s soient inscrits à l’École doctorale », détaille Frédéric Lamarque.
Trois projets TWIN (Theses With INterdiscinarity), issus du premier appel à projets, sont, d’ores et déjà, initiés, dans le cadre du programme interdisciplinaire « TWIN 2026 », avec six thèses à la clef.
Le premier, coordonné par Franck Merlier du GEC et Selma Baati d’Avenues, est intitulé «Surveiller les PFAS (polluants éternels) : articuler innovation analytique et action publique». Une thèse est consacrée au «développement d’agents d’intelligence artificielle pour la prédiction analytique et l’identification automatisée des contaminants émergents par LCHRMS» alors que la seconde porte «sur la production et usages des données environnementales et sanitaires à l’épreuve de la gouvernance territoriale. Le cas du bassin de l’Oise». Ce projet est à la charnière de trois CRIs puisqu’il relève des thématiques de la gestion des ressources, de l’intelligence artificielle mais aussi de la décarbonation.
Le deuxième, AMPIRE du CRI «Bien vivre et bien vieillir», coordonné par Khalil Ben Mansour du BMBI et Malek Habak de Roberval, porte sur «L’analyse quantifiée de la marche prothétique instrumentée : vers une rééducation personnalisée, connectée et transférable sur terrain. La première thèse est destinée à l’étude de «biomarqueurs de fluidité pour l’optimisation personnalisée de la marche prothétique alors que la seconde s’intéresse à «l’intégration ce capteurs dans des prothèses de membre inférieur : conception, fiabilité et confort d’usage».
Le dernier enfin, DASVIDANIA, dans le cadre du CRI «Intelligence artificielle et systèmes technologiques», coordonné par Jean-Daniel Chazot de Roberval et Jossué Carino Escobar d’Heudiasyc, est intitulé : drone acoustique de surveillance et de détection autonome nourri avec de l’intelligence artificielle. Le premier sujet est dédié à l’étude d’une «commande robuste adaptative pour un drone en utilisant une approche de compensation des perturbations fondée sur l’intelligence artificielle». Le second concerne «l’optimisation d’une antenne de microphones embarquée sur drone pour le suivi d’une cible acoustique, et débruitage des mesures acoustiques sous écoulement».
En outre, le renforcement, au travers de ces CRIs, de l’interdisciplinarité de la recherche est, pour l’UTC, un moyen de se différencier des autres établissements. « En effet, nous souhaitons en faire un marqueur de l’université. Nous avons commencé d’abord par la recherche. Parmi les raisons ? Nous sommes partie prenante de l’Alliance Sorbonne Université qui a mis en place, en 2019, des Instituts et Initiatives basés sur l’interdisciplinarité or, nos CRIs, aujourd’hui, vont nous servir de tremplin pour les rejoindre. Nous avons toutefois innové puisque l’on met en place des projets à double thèses en ce sens où l’on va définir dans chaque thèse, un aspect disciplinaire particulier, mais où chacune se nourrit, dans le même temps, des travaux de l’autre. Il s’agit de faire dialoguer les deux doctorant(e)s et les équipes encadrantes sur un sujet donné mais avec deux approches différentes », explique-t-il.
Parmi les objectifs des CRIs ? « Nous poursuivons un double objectif. Le premier peut être illustré par TWIN où on n’est pas dans le schéma de deux thèses juxtaposées, mais dans un modèle où les données d’une thèse vont être utilisées par l’autre, pas forcément avec un statut d’expert pour cette dernière mais faisant avancer son propre sujet avec des données fiables. En un mot, que les doctorants soient plus ouverts à l’issue de leurs thèses en ayant côtoyé une autre discipline fréquemment et de très près. Le second, mais c’est un pari, est que cela déclenche un effet levier », précise-t-il.
Pari, a priori réussi, puisque la région Hauts de France a co-financé quatre des six premières thèses. « Concernant les projets à venir, nous avons décidé, par ailleurs, d’être plus offensifs dans la recherche de fonds européens dans les années à venir », ajoute Frédéric Lamarque. L’UTC ne compte pas limiter l’interdisciplinarité à la recherche et entend poursuivre la dynamique en l’implémentant également dans la formation. « Nous allons essaimer cette dimension interdisciplinaire dans la réalisation de projets pédagogiques développés sur plusieurs semestres qui traiteront des problématiques de transitions en général sur des sujets impliquant différents points de vue tels les approches «Technologies, Sciences, Humanités», celles des «Sciences de l’ingénieur» ou encore des experts en environnement ou en santé par exemple. Ceci permettra de sensibiliser les étudiants, élèves ingénieurs, à des thématiques liées à la recherche mais aussi à les former à l’interdisciplinarité qui, à mon sens, revêt un aspect plus méthodologique. Nous voulons former des ingénieurs avec une certaine hauteur de vue car, c’est dans le croisement des savoirs, des méthodes et des regards que se construisent les solutions les plus innovantes et les plus durables », conclut Frédéric Lamarque.
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