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De l’improvisation artistique à l’innovation technologique

Ven­dre­di 1er octo­bre avait lieu, à la Mai­son de la Cul­ture d’Amiens, une con­férence / débat inti­t­ulée « De l’improvisation artis­tique à l’innovation tech­nologique » organ­isée par l’UTC en présence du « savan­turi­er » Bertrand Pic­card et près de cinq cents personnes. 

L’UTC, en parte­nar­i­at avec la région Hauts­de- France, a organ­isé à la Mai­son de la Cul­ture d’Amiens, un événe­ment inédit et orig­i­nal sur le thème de l’improvisation artis­tique, source d’inspiration de l’innovation tech­nologique. Cette soirée excep­tion­nelle s’est faite avec le con­cours d’Amiens Métro­pole, la CCI Amiens-Picardie, la CPME 80, HDFID, I‑Trans, le clus­ter Alty­tud, l’ESAD et ESIEE/UniLaSalle. En pre­mière par­tie de soirée, le pub­lic a pu assis­ter à des per­for­mances d’improvisation d’artistes issus d’univers dif­férents. Il y avait du jazz avec les trios de Boris Pelosof et de François Thuil­li­er, du théâtre avec Mayel Elha­jaoui, comé­di­en de la série Demain nous appar­tient (TF1), du beat­box avec Antoine Pin­chaud, cham­pi­on de France de Beat­box 2015 et Adrien Con­tesse, créa­teur de Vocal Gram­mat­ics, mais aus­si une presta­tion de « break­dance » avec Kamil Bous­sel­ham. Le danseur par­ticipera aux JO Paris 2024. Le pub­lic cible de cet événe­ment était con­sti­tué d’un parterre d’industriels et d’entreprises du ter­ri­toire, d’institutionnels et de représen­tants du monde de la cul­ture, de la recherche et de l’enseignement supérieur et d’étudiants.

Du chef d’orchestre au chef de projet innovant 

En sec­onde par­tie de la soirée, l’auditoire du grand théâtre de la Mai­son de la Cul­ture d’Amiens a pu écouter, puis échang­er avec le « savan­turi­er » suisse Bertrand Pic­card, lors d’une con­férence sur le thème : « L’esprit pio­nnier pour inven­ter le futur » sur fond de son expéri­ence avec le Solar Impulse. Cette man­i­fes­ta­tion représente une activ­ité par­ti­c­ulière et spé­ci­fique d’un pro­jet de recherche né, à la fin des années 1990, d’une métaphore couram­ment util­isée dans le domaine du pro­jet d’innovation, celle d’une cheffe d’orchestre. Le chef de pro­jet « inno­vant » est présen­té comme un chef d’orchestre qui mobilise les com­pé­tences d’un groupe musi­cal, en suiv­ant une par­ti­tion établie. « Cette métaphore et ce rap­proche­ment offrent du sens lorsque l’on par­le de l’innovation incré­men­tale. Quand on abor­de le champ de l’innovation de rup­ture, ou de l’innovation dis­rup­tive, comme on aime le dire en ce moment, la métaphore du chef d’orchestre ne con­vient plus. J’ai donc envis­agé de mobilis­er une autre pra­tique musi­cale, celle de l’improvisation Jazz », explique Pas­cal Alber­ti, enseignant chercheur au lab­o­ra­toire Costech/UTC.

En quoi l’improvisation Jazz est-elle pertinente ? 

S’intéresser à l’improvisation Jazz est en soi une inno­va­tion. Néan­moins, une analyse bib­li­ographique a mon­tré que des liens entre l’improvisation dans le jazz et cer­taines activ­ités économiques avaient déjà été envis­agés selon un for­mat de recherche assez clas­sique. « Pour sor­tir de ces sen­tiers bat­tus, ce qui est dans l’ADN de l’UTC, nous avons envis­agé dif­férents for­mats d’action, dont des man­i­fes­ta­tions comme celle que nous avons vécues à la MCA. Nous avons précédem­ment organ­isé une réu­nion de ce type au grand audi­to­ri­um de la SACEM, puis au cloître Sainte-Corneille de Com­piègne », pour­suit Pas­cal Alber­ti pour qui en effet le champ musi­cal est très intéres­sant quand on par­le d’innovation. Le par­al­lèle que l’on peut faire entre la for­ma­tion du musi­cien et celle de l’ingénieur est donc tout à fait per­ti­nent. « Nos élèves ingénieurs font eux aus­si l’acquisition de con­nais­sances au coeur de cor­pus cartésiens struc­turés et struc­turants. On peut con­stater que des musi­ciens clas­siques, même vir­tu­os­es dans leur pra­tique musi­cale, n’ont pas l’appétence et l’agilité pour faire de l’improvisation, tout comme cer­tains ingénieurs experts dans leur domaine n’ont pas les capac­ités à faire de l’innovation dis­rup­tive. Par con­tre, d’autres musi­ciens, notam­ment les musi­ciens de jazz, qui sont eux aus­si passés par les fourch­es caudines du solfège et du con­ser­va­toire, impro­visent, tout comme cer­tains ingénieurs passés par les bancs de l’enseignement supérieur sont capa­bles d’innovation. »

Les soft skills plus que jamais sollicitées 

Cette recherche con­duit égale­ment à un ques­tion­nement sur les proces­sus d’acquisition de con­nais­sances et sur les « soft skills » de ces per­son­nes et sur le tra­vail envis­agé autour des com­pé­tences indi­vidu­elles des per­son­nes. « Nous le savons tous, cela nous est rap­pelé, par exem­ple, à chaque grande man­i­fes­ta­tion sportive – coupe du monde de foot­ball 1998 ou 2018 – Jeux olympiques 2021 avec le hand­ball ou le vol­ley-ball, une équipe est plus que la somme des indi­vidus, que la somme des par­ties, con­clut Pas­cal Alber­ti. Ce sur quoi nous tra­vail­lons, c’est bien ce sur­plus com­plé­ment de la som­ma­tion basique. Nous avons opté pour une approche prag­ma­tique avec des musi­ciens, des danseurs, des acteurs, des sportifs, des indus­triels qui met­tent en oeu­vre, sur le ter­rain, l’improvisation et l’innovation. Parce que, rap­pelons-le, notre objec­tif est de créer des out­ils et de méth­odes d’aide à l’innovation des­tinés à la créa­tion de valeur socio-économique sur le territoire. » 


Trois masterclass très appréciées

Durant l’après-midi, l’UTC a pro­posé à des dirigeants d’entreprise et une quar­an­taine d’étudiants de l’UTC de par­ticiper à dif­férentes mas­ter­class. Il y avait théâtre avec le comé­di­en Mayel Elha­jaoui, beat­box avec Antoine Pin­chaud, cham­pi­on de France de Beat­box 2015 et Adrien Con­tesse, créa­teur de Vocal Gram­mat­ics, mais aus­si une mas­ter­class « break­dance » avec Kamil Bous­sel­ham. Cha­cun dans son domaine a mené l’expérience durant plus de deux heures autour de l’improvisation artis­tique. « J’ai beau­coup aimé la mas­ter­class beat­box. Un vrai dépayse­ment qui m’a poussée dans mes retranche­ments. Les mem­bres de Vocal Gram­mat­ics m’ont beau­coup inspirée. Je trou­ve là un out­il par­fait pour mes opéra­tions de team build­ing pour stim­uler la coopéra­tion dans un esprit fun, con­fie Chris­tine Debu­reaux, Prési­dente chez Expert RH à Amiens. La soirée qui a suivi était de grande qual­ité, dynamique et vrai­ment très originale. »

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