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Une nouvelle présidente pour l’European Society for Artificial Organs

Cécile Legal­lais, spé­cial­iste des tech­nolo­gies pour la san­té, a été élue en sep­tem­bre dernier Prési­dente de l’European Soci­ety for Arti­fi­cial Organs (ESAO). Si son impli­ca­tion dans cette société savante n’est pas nou­velle, elle est main­tenant à la tête de cette asso­ci­a­tion européenne dont l’objectif est de dévelop­per la recherche dans le domaine de la sup­pléance d’organes en faisant se ren­con­tr­er sci­en­tifiques et clin­i­ciens, acteurs indus­triels et académiques. 

Élue en sep­tem­bre 2015, Cécile Legal­lais, direc­trice de recherche CNRS à l’UTC, ne pren­dra ses fonc­tions de Prési­dente de l’E­SAO qu’en sep­tem­bre 2017. Cette société savante comp­tant entre 450 et 500 mem­bres impliqués dans la recherche sur les organes arti­fi­ciels présente en effet cette par­tic­u­lar­ité de laiss­er un délai de deux ans entre l’élec­tion et la prise de poste de son nou­veau prési­dent. Ce poste con­cré­tise son impli­ca­tion depuis plus de 10 ans, en tant que mem­bre du Comité Directeur puis Secré­taire Générale, dans l’as­so­ci­a­tion européenne fondée en 1974. 

Une plu­ral­ité de domaines et d’acteurs 

” L’ESAO a pour prin­ci­pal objec­tif de dévelop­per et coor­don­ner la recherche sur les organes arti­fi­ciels en Europe ” pré­cise Cécile Legal­lais qui insiste sur l’im­por­tance de favoris­er des échanges entre prati­ciens et chercheurs plus théoriques. L’as­so­ci­a­tion organ­ise donc tous les ans un con­grès annuel afin d’of­frir à ses mem­bres une vision glob­ale et trans­ver­sale du domaine. Toutes les spé­cial­ités sont présentes et les par­tic­i­pants provi­en­nent aus­si bien du monde académique que de l’in­dus­trie. En terme de poten­tial­ités de recherch­es, les domaines mon­trent d’im­por­tantes dis­par­ités. ” Les acteurs de la recherche appliquée sont par­fois dif­fi­ciles à mobilis­er pour dévelop­per de nou­veaux dis­posi­tifs médi­caux sus­cep­ti­bles de répon­dre à des besoins aujour­d’hui cou­verts de manière plus ou moins sat­is­faisante par des appareils exis­tants ” souligne Cécile Legal­lais. Par exem­ple, si env­i­ron 3 mil­lions de per­son­nes atteintes de dys­fonc­tions rénales utilisent aujour­d’hui des équipements externes d’épu­ra­tion du sang (hémodial­yse), ces appareils s’avèrent d’un usage très con­traig­nant, oblig­eant des séances régulières d’im­mo­bil­i­sa­tion durant plusieurs heures. Le traite­ment est mal vécu par le patient, mais pour autant, les recherch­es dans le domaine stag­nent. Les entre­pris­es ne se mon­trent pas tou­jours con­va­in­cues par les avan­tages de nou­velles approches en ter­mes de bénéfices/risques.

Organes ou fonc­tions artificielles

” Aujour­d’hui, il est ques­tion de palier des fonc­tions de l’or­gan­isme plutôt que de con­cevoir des organes arti­fi­ciels repro­duisant à l’i­den­tique des organes naturels “, explique Cécile Legal­lais. Si, pour le rein, on palie avec des équipements d’hé­modial­yse externes, pour le cœur, il s’ag­it d’u­tilis­er une pompe interne ou externe, plutôt qu’un organe com­plet. En France, seules trois implan­ta­tions d’un cœur arti­fi­ciel total ont été entre­pris­es par la société Car­mat. ” Cer­tains organes comme le foie ont des fonc­tion­nal­ités si com­plex­es qu’en fab­ri­quer un équiv­a­lent arti­fi­ciel n’est aujour­d’hui pas envis­age­able ” souligne encore la chercheuse.. 

Exploiter les cel­lules spécialisées 

Une des dif­fi­cultés à implanter à l’in­térieur du corps un organe arti­fi­ciel réside dans la bio­com­pat­i­bil­ité des matéri­aux et dans la con­nex­ion entre les vais­seaux san­guins et le dis­posi­tif. ” Ces domaines font aujour­d’hui l’ob­jet de recherch­es, ain­si que la fab­ri­ca­tion de tis­sus ” pré­cise Cécile Legal­lais. La maîtrise de la struc­ture des matéri­aux aux niveaux micro et nanométrique per­met de con­stru­ire des sur­faces fonc­tion­nelles, sus­cep­ti­bles de servir de sup­port à la crois­sance de tis­sus biologiques. Dans la sphère de la recherche, recon­stru­ire des tis­sus d’or­ganes fait aujour­d’hui l’ob­jet de travaux expéri­men­taux. Ces travaux sur les cel­lules et les tis­sus ouvrent de nou­veaux hori­zons à la recherche sur les organes (bio)artificiels. Alors que pen­dant longtemps il a été ques­tion de fab­ri­quer des appareils mécaniques afin de palier une fonc­tion bien iden­ti­fiée, les chercheurs se deman­dent aujour­d’hui com­ment exploiter les cel­lules spé­cial­isées des organes afin d’ac­com­plir les fonc­tions pour lesquelles elles ont été naturelle­ment élaborées.

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