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Une IA sûre et robuste

Chercheur CNRS, Sébastien Dester­cke est respon­s­able de l’équipe Con­nais­sances, Incer­ti­tudes, Don­nées (CID) au sein d’Heudiasyc, une unité mixte UTC/CNRS. Il est égale­ment tit­u­laire de la chaire indus­trielle Intel­li­gence arti­fi­cielle (IA) de con­fi­ance lancée début 2022. 

Une chaire qui implique, out­re l’UTC, The Sor­bonne Cen­ter for Arti­fi­cial Intel­li­gence (SCAI), le CNRS et Sopra Ste­ria, mécène fon­da­teur de la Fon­da­tion UTC pour l’innovation. Une chaire qui, à l’UTC, mobilise 2 lab­o­ra­toires tra­vail­lant sur l’IA elle-même – l’équipe CID d’Heudiasyc et le LMAC dont une par­tie des travaux sont au coeur de l’IA – et 3 autres – Rober­val, BMBI et Avenues – spé­cial­isés dans des domaines où l’IA est appelée à jouer un rôle gran­dis­sant dans le futur. Heudi­asyc étant, quant à lui, égale­ment con­cerné par les appli­ca­tions de l’IA.

L’arrivée de Sopra Ste­ria en tant que parte­naire de la chaire ? « Nos rela­tions avec l’entreprise remon­tent à loin. Nous avons com­mencé à tra­vailler sur l’intégration de l’IA dans les domaines au sein des préoc­cu­pa­tions de Sopra Ste­ria tels que l’immobilier, les ressources humaines ou le Bank­ing dans le cadre de la Fon­da­tion uni­ver­si­taire, bien avant la créa­tion de la Fon­da­tion parte­nar­i­ale », relate Sébastien Destercke. 

Cette col­lab­o­ra­tion fructueuse va pren­dre un tour nou­veau avec la mise en place de la chaire IA de con­fi­ance. Son objec­tif ? « Elle sera cen­trée sur des thé­ma­tiques sci­en­tifique­ment per­ti­nentes tout en répon­dant à des besoins indus­triels dans le cadre de déploiement d’outils d’IA. Il s’agit de dévelop­per des sys­tèmes d’intelligence arti­fi­cielle qui soient à la fois sûrs et robustes. Des sys­tèmes qui s’inscrivent dans la prob­lé­ma­tique plus large de l’IA de con­fi­ance. En effet, l’industriel doit avoir con­fi­ance dans l’outil qu’il va déploy­er », précise-t-il. 

Qu’entend-on par « sys­tèmes robustes » ? « Une analo­gie par­lante est celle de l’avion dans lequel on monte non pas parce que l’on com­prend tout de son fonc­tion­nement, mais bien parce que l’on sait que le risque d’accident, d’erreur cri­tique est très faible. Or, le critère de robustesse con­stitue un aspect décisif dans nom­bre d’applications indus­trielles et par­ti­c­ulière­ment dans les sys­tèmes d’IA. Leur robustesse se mesure à leur capac­ité à s’adapter, sans per­dre en qual­ité, aux change­ments des con­di­tions de déploiement comme aux change­ments d’environnement », explique-t-il. 

Et la sûreté des sys­tèmes alors ? « C’est le deux­ième critère indis­pens­able à une IA de con­fi­ance. Il s’agit de pou­voir quan­ti­fi­er l’incertitude asso­ciée aux pré­dic­tions du sys­tème. Le but est que le sys­tème puisse quan­ti­fi­er sa pro­pre con­fi­ance dans ses pré­dic­tions. Si je dis que je suis à 90 % sûr qu’une pré­dic­tion don­née est juste, j’aimerais qu’elle soit juste 90 % du temps. C’est donc cet aspect de “sûreté” que l’on veillera à garan­tir », souligne Sébastien Dester­cke. La durée de cette chaire ? « Il s’agit d’un pro­jet ambitieux prin­ci­pale­ment financé par la fon­da­tion UTC pour l’innovation et ses mem­bres, avec des moyens humains mis à dis­po­si­tion par l’ensemble des parte­naires pour une durée de 5 ans », conclut-il. 

FONDATION UTC POUR L’INNOVATION

Créée fin 2018, la Fon­da­tion UTC pour l’innovation est portée par Saint-Gob­ain, l’université et l’association des diplômés UTC Alum­ni. Patrick Dupin, directeur général adjoint de Saint-Gob­ain, est prési­dent du con­seil d’administration.

L’idée de la créa­tion de la Fon­da­tion ? « Une fon­da­tion parte­nar­i­ale est, à la dif­férence d’une fon­da­tion d’entreprise, portée par un étab­lisse­ment pub­lic. Cela per­met à l’UTC d’instaurer une alliance insti­tu­tion­nelle forte avec cer­tains parte­naires indus­triels. D’autant que les liens avec le monde économique, en par­ti­c­uli­er l’industrie sont inscrits dans l’ADN de l’UTC depuis sa créa­tion en 1972 », explique Sylvie Lemon­nier- Morel, secré­taire générale de la Fondation. 

Par­mi les objec­tifs de la Fon­da­tion ? « Il s’agit d’accompagner l’UTC et son écosys­tème dans des pro­jets d’innovation qui font sens dans le monde de demain ; de favoris­er l’entrepreneuriat auprès des étu­di­ants et des Alum­ni ain­si que l’esprit d’initiative ; enfin accom­pa­g­n­er les étu­di­ants les plus méri­tants et les plus entre­prenants mais par­fois aus­si les plus frag­iles sociale­ment dans leur par­cours afin d’élever leurs chances de suc­cès », détaille Patrick Dupin. 

La vision de son rôle en tant que prési­dent ? « C’est de soutenir notre équipe dans la réal­i­sa­tion de ces objec­tifs, et que nous n’en dévi­ions pas – que ce soit dans l’esprit ou dans le fond. Je m’assure égale­ment du par­fait aligne­ment des fon­da­teurs, de l’UTC, et de nos parte­naires indus­triels », conclut-il.

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