IA et nutrition humaine au menu des RDV de l’IA

De la for­mu­la­tion aux procédés : l’IA comme levi­er d’innovation, tel était le thème de la qua­trième édi­tion des Ren­dez-vous de l’IA organ­isés le 27 mars dernier au Cen­tre d’innovation de l’UTC. De nom­breux inter­venants ont pu explor­er le rôle trans­for­ma­teur de l’intelligence arti­fi­cielle dans les domaines de la nutri­tion humaine et de la santé.

Plusieurs experts se sont retrou­vés fin mars à l’UTC pour un nou­veau numéro des Ren­dez-vous de l’IA organ­isé dans le cadre de la chaire SAFE AI portée par Sébastien Dester­cke, avec le sou­tien de la Fon­da­tion UTC pour l’innovation et l’Alliance SUNRISE. Tous ont pu met­tre l’accent sur la manière dont celle-ci révo­lu­tionne la for­mu­la­tion et les procédés, de l’ingénierie des con­nais­sances et des sci­ences des don­nées à l’automatisation, à la vision par ordi­na­teur et aux sys­tèmes intel­li­gents d’aide à la déci­sion. Cette qua­trième édi­tion a réu­ni des experts de pre­mier plan issus du monde académique et de l’industrie afin d’examiner des appli­ca­tions con­crètes de l’IA au sein des sys­tèmes ali­men­taires et de l’innovation indus­trielle. Les échanges ont pu met­tre en lumière l’intégration de l’IA tout au long de la chaîne de valeur, au ser­vice d’une ali­men­ta­tion plus sûre, de meilleure qual­ité, de solu­tions de san­té per­son­nal­isées et d’un bienêtre ren­for­cé. Le pro­gramme de la journée com­pre­nait des con­férences plénières en anglais ain­si qu’une table ronde de haut niveau con­sacrée à la manière dont l’IA trans­forme les pra­tiques pro­fes­sion­nelles en for­mu­la­tion et en développe­ment des procédés. Leurs échanges ont per­mis de crois­er exper­tis­es académiques et indus­trielles, en met­tant en lumière des appli­ca­tions con­crètes et des per­spec­tives d’évolution pour les com­pé­tences et les pra­tiques pro­fes­sion­nelles. Des temps dédiés au net­work­ing ont pu aus­si favoris­er les échanges entre chercheurs, respon­s­ables indus­triels et acteurs de l’innovation.

Relever les défis liés à la sécurité des aliments 

Par­mi les experts inter­na­tionaux, notons la présence de George Ioan­nis Nychas, pro­fesseur émérite à l’Université agri­cole d’Athènes et pro­fesseur dis­tin­gué à l’Université agri­cole du Shan­dong en Chine. Il est actuelle­ment mem­bre de l’Autorité nationale hel­lénique pour l’enseignement supérieur (HAHE), vice-prési­dent de l’Académie hel­lénique d’agriculture, prési­dent du groupe de tra­vail « sécu­rité ali­men­taire » de la plate­forme tech­nologique européenne « Food for Life » et mem­bre sup­pléant du con­seil d’administration de l’EFSA (Autorité européenne de sécu­rité des ali­ments). Sa con­férence por­tait sur l’évolution de l’industrie ali­men­taire, des résul­tats de lab­o­ra­toire à l’humanisation des bots. De son côté, le pro­fesseur Fady Mohareb est recon­nu à l’international au croise­ment de la bioin­for­ma­tique, de la génomique et la géné­tique, de la qual­ité et la sécu­rité ali­men­taires, méthodolo­gies avancées d’intelligence arti­fi­cielle et des sci­ences ali­men­taires. Il pos­sède une solide expéri­ence dans la direc­tion et dans le pilotage de pro­grammes de recherche d’envergure nationale et inter­na­tionale, inté­grant la génomique, les tech­nolo­gies de détec­tion rapi­de et la mod­éli­sa­tion fondée sur les don­nées afin de relever les défis liés à la qual­ité, à l’authenticité et à la sécu­rité des ali­ments. « Mes travaux étab­lis­sent un lien entre recherche molécu­laire fon­da­men­tale et solu­tions d’IA appliquée, per­me­t­tant une sur­veil­lance en temps réel, des analy­ses pré­dic­tives et une traça­bil­ité numérique au sein des sys­tèmes agroal­i­men­taires. Fort de plus de vingt années de lead­er­ship académique, j’ai dévelop­pé des col­lab­o­ra­tions inter­dis­ci­plinaires entre le monde uni­ver­si­taire, l’industrie et des parte­naires tech­nologiques afin de trans­former des recherch­es inno­vantes en plate­formes évo­lu­tives et en résul­tats à fort impact. » 

Exemples au CNIEL et chez L’Oréal

Fan­ny Tenen­haus-Aziza est direc­trice don­nées et sta­tis­tiques au sein du CNIEL. Depuis 2020, elle pilote la stratégie de ges­tion des don­nées pour la fil­ière laitière française, en trai­tant les enjeux de régle­men­ta­tion, d’interopérabilité, de nor­mal­i­sa­tion, de qual­ité des don­nées et de gou­ver­nance, tout en pro­mou­vant une prise de déci­sion fondée sur les preuves. Durant sa con­férence « Don­nées et IA : leur con­tri­bu­tion à la sécu­rité des pro­duits laitiers », elle est rev­enue sur l’attention par­ti­c­ulière qui doit être don­née à la qual­ité des don­nées, à leur gou­ver­nance et aux com­pé­tences en sci­ence des don­nées. « Une atten­tion par­ti­c­ulière doit égale­ment être portée à la trans­parence des mod­èles d’IA et à la respon­s­abil­ité quant aux résul­tats obtenus grâce à l’IA. De son côté, Gio­van­ni Pal­ma, respon­s­able de l’intelligence arti­fi­cielle et de la vision par ordi­na­teur au sein de la recherche et inno­va­tion de L’Oréal, dirige une équipe spé­cial­isée dédiée à l’application du deep learn­ing et de méth­odes com­pu­ta­tion­nelles avancées à la for­mu­la­tion cos­mé­tique et à la beauté aug­men­tée. « Mes travaux visent à exploiter l’IA pour accélér­er l’innovation et prédire la per­for­mance des pro­duits. » Patrice Buche, ingénieur de recherche à l’INRAE depuis 2002, tra­vaille, quant à lui, prin­ci­pale­ment sur l’intégration de don­nées et de con­nais­sances issues de sources hétérogènes, sur la con­cep­tion de sys­tèmes d’aide à la déci­sion mul­ti­critères et mul­ti­par­tites fondés sur des bases de don­nées struc­turées et faible­ment struc­turées, avec des pro­jets appliqués dans le domaine de l’ingénierie des pro­duits ali­men­taires et biosourcés.

KD

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