Une rentrée pas comme les autres à l’UTC

C’est une rentrée pas comme les autres que viennent de vivre les étudiants de l’université de technologie de Compiègne. Hors norme, diront certains ; anormale, diront d’autres. Toujours est-il qu’il a fallu s’adapter à un contexte sanitaire des plus complexes.

Une rentrée pas comme les autres à l’UTC

Il y a d’abord eu le recrutement des étudiants. Différent des autres années, évidemment. « Jusqu’à présent, l’admission à l’UTC reposait sur une analyse du dossier académique des candidats et éventuellement sur un entretien oral conditionné par des résultats au-dessus d’un certain seuil, explique Valérie Kopinski, responsable du service des admissions de l’UTC. Cette année, compte tenu du contexte sanitaire, nous avons dû annuler les entretiens oraux, mais nous avons tout de même pris l’option de maintenir un élément complémentaire au dossier académique : une fiche individuelle de projet. » Alternative aux entretiens oraux, la fiche permet de découvrir les éléments de motivation des candidats, leurs activités extrascolaires et leurs envies de carrière après leurs études. Une initiative qui permet également de maintenir l’égalité entre les candidats, le ministère de l’Enseignement supérieur s’étant dit défavorable au passage d’entretiens à distance, trop aléatoires selon les connexions Internet des candidats.

Et puis il a fallu revenir à l’école à la rentrée. Pour l’intégration de septembre, tout d’abord. « Même si il a été possible de faire des activités de rentrée comme tous les ans avec nos masques et nos gels hydroalcooliques, toutes les soirées de la période d’intégration ont été annulées, la rentrée avait un goût différent », témoigne Pierre Gibertini, étudiant en troisième année à l’UTC (lire son témoignage page 12). Cours magistraux à distance, système semi-distanciel pour les TD (une moitié de la classe en cours et l’autre moitié à la maison) ; le maître mot de cette rentrée a été l’innovation pédagogique. Pour accompagner ces transformations, la cellule d’appui pédagogique de l’UTC a développé depuis mars dernier des plateformes d’enseignement à distance. « On ne partait pas de rien, détaille son responsable Manuel Majada. Nous avions d’ores et déjà des plateformes de formation à distance. Mais le confinement et cette rentrée hybride nous ont forcés à développer massivement de nouveaux dispositifs. »

Côté étudiants, le dispositif plaît. « Je dois bien avouer que j’ai été rassuré à la rentrée de voir que toutes les mesures de précaution ont été mises en place, poursuit Pierre Gibertini. J’étais content de revenir en salle de TD mais très heureux aussi de voir que je n’avais pas de voisin à côté de moi et que les mesures de distanciation étaient respectées. » Hélas, quelques semaines après la rentrée, l’UTC se voit contrainte de fermer face à une augmentation de cas Covid. Pas de quoi ébranler l’école qui adapte, une nouvelle fois, ses enseignements pour passer à du 100 % distanciel.

Avec le reconfinement et la fermeture de tous les établissements d’enseignement supérieur, l’école poursuit sa mue numérique sous fond de Moodle, Zoom et Discord. Alors c’est vrai que le temps peut parfois sembler long pour les étudiants, mais çà et là des initiatives émergent pour maintenir du lien social. À l’image des team buildings virtuels organisés par plusieurs associations de l’UTC, de quoi « nouer des liens solides à distance », ou encore les lives sur les réseaux sociaux de l’école chapeautés par l’administration et animés par des étudiants. Un grand concours a même été réalisé réunissant étudiants et habitants de la ville pour élire le bar préféré des Compiégnois. Un souvenir de la vie d’avant...

Il n’empêche qu’en ces périodes confinées, le temps se fait long. « Honnêtement j’ai hâte de retourner en cours, j’ai hâte de revoir mes amis et j’ai hâte que l’on retrouve une vie étudiante normale », glisse une étudiante croisée au hasard d’une discussion Messenger entre étudiants. Pas facile d’avoir 20 ans en 2020, disait le Président dans l’un de ses derniers discours. À l’UTC, comme ailleurs, on attend vite des jours meilleurs.