L’innovation pédagogique au cœur du projet de l’UTC

Classes inversées, projets de groupe, puzzle géant, tables interactives : l’université de technologie de Compiègne a placé au coeur de sa formation l’innovation pédagogique. L’objectif ? Permettre aux étudiants d’acquérir des compétences en dehors des sentiers battus. Zoom sur deux activités qui se sont tenues dans le cadre de la semaine Sorbonne Universités à Compiègne en avril dernier.

L’innovation pédagogique au cœur du projet de l’UTC

Mardi 17 avril, sur le parking du centre Benjamin Franklin de l’université de technologie de Compiègne, trente étudiants ont organisé des stands pour présenter des concepts de supply chain (gestion de la chaîne logistique). L’heure est à la fête puisqu’il s’agit de mettre à l’honneur les 25 ans d’existence de la filière production intégrée et logistique (PIL). Optimisation des stocks, amélioration continue, lean management, méthode des « 5s » ; des dizaines de concepts poussés sont ainsi illustrés sur les stands. Dans un coin du parking, Camille Poulain a mis au point une machine de production de sirop de grenadine pour représenter la production en « flux poussés » et « flux tirés ».

« Dans le premier cas, on fabrique une grande quantité de produits que l’on stocke en attendant que les clients les achètent. Dans le second cas, on ne produit qu’à la commande d’un client », précise l’étudiant en cinquième année dans la filière production intégrée et logistique. Et de proposer à ses spectateurs des verres de sirop produits avec l’une ou l’autre des méthodes ; désaltération et innovation au rendez-vous. Les différentes activités ont été coordonnées par Joanna Daaboul, enseignante-chercheuse et responsable de la filière PIL. « Les étudiants ont traité des thèmes liés aux compétences et aux connaissances clefs de la supply chain », précise-t-elle. Mais d’où vient cette volonté d’innovation pédagogique ? « Dans la filière PIL, nous aimons mettre en place des pédagogies différentes, explique Joanna Daaboul. Le monde change et notre université doit aussi changer, s’adapter. Pendant leur formation, nous confrontons nos étudiants à des pédagogies innovantes, c’est important pour eux. »

Et visiblement, le concept fait mouche. Cette après-midi là, de nombreux étudiants sont venus découvrir le travail de leurs camarades. « Je suis étudiante en génie biologique, je ne connaissais pas tous ces concepts, confie Manon, en 4ème année à l’UTC. Mais le côté ludique des activités m’a permis de bien comprendre les différents enjeux. » En marge des stands, des tables-rondes avec des professionnels du secteur de la supply chain avaient été organisées. De quoi combiner l’aspect pratique et les enjeux plus théoriques. Un mélange des genres qui a plu à Liza, étudiante en 4ème année. « Les différents échanges nous ont sensibilisés aux enjeux écologiques liés à la production industrielle ou encore à l’usine 4.0, qui fait entrer le numérique au cœur de la production. » Du côté des industriels, ce profil hybride d’étudiants-ingénieurs engagés dans leurs études plaît.

« Les stagiaires UTCéens arrivent avec de bonnes connaissances théoriques de la gestion de production et savent très vite s’adapter au terrain », détaille Romain Gunst, ingénieur chez Servair. Augustin Margerit, stagiaire de fin d’étude dans la même entreprise a pu bénéficier de ces pédagogies innovantes. Il évoque l’apport des cours de l’UTC dans la construction de son projet professionnel. « Dans ma formation, j’ai étudié des aspects liés à la logistique et à la production mais aussi à l’amélioration continue. Ce sont des compétences qui me servent au quotidien. »

Deux jours plus tard, un nouveau défi de taille attend les élèves-ingénieurs : 24h pour réaliser un puzzle géant. Dans une salle de travaux dirigés, ils sont une quinzaine à relever le défi. Sur leur visage se lit la concentration et la détermination. « Nous avons 24h pour terminer un puzzle de 32000 pièces, détaille l’un des participants. Le défi est considérable. » Jean-Gabriel, étudiant en première année de l’UTC, est venu encourager ses camarades. « Je participe à une autre activité de la semaine Sorbonne Universités, je ne peux malheureusement pas faire le puzzle, confie-t-il. Mais honnêtement je n’aurais pas eu la patience de le faire, je suis très impressionné par leur travail. » Les différents étudiants se sont répartis le puzzle en différentes zones géographiques.

Travail de groupe, tri et ordonnancement sont de mises pour venir à bout de ce défi considérable. « Le premier jour, les élèves doivent mettre en place une stratégie de résolution du puzzle, détaille l’un des organisateurs. Le second jour, ils ont 24h pour mettre cette stratégie en application. » Ainsi, avec une activité ludique les étudiants coopèrent, résolvent des problèmes et se heurtent à des difficultés. Des compétences indispensables dans leur futur quotidien d’ingénieur et qu’un cours en amphithéâtre ne parviendrait pas à leur transmettre totalement. Après une très courte nuit de sommeil et de longues heures de travail, les étudiants viennent finalement à bout des 2/3 du puzzle. « Ceux qui le souhaitent pourront le continuer, déclare l’un des participants. On a vraiment bien avancé, c’est du beau boulot. »

Qu’il s’agisse d’organiser des stands pour présenter des concepts théoriques au grand public, ou d’optimiser la résolution d’un puzzle, toutes ces activités pédagogiques différentes présentent un point commun : permettre aux étudiants d’acquérir des compétences nouvelles par des moyens qui sortent de l’ordinaire. De quoi donner un sens à l’innovation.