J'ai mis en place une distribution de repas avec le Samu social

Depuis plusieurs mois des étudiants de l’UTC réalisent des distributions de repas avec le Samu social dans le cadre de l’association Compiègne en transition. Zoom sur cette initiative étudiante.

J'ai mis en place une distribution de repas avec le Samu social

Ils sont une dizaine d'étudiants de l'UTC à se relayer toutes les deux semaines au Samu social de Compiègne pour cuisiner. Soupes, salades et recettes plus élaborées ; tous les plats mitonnés par les membres de l'association Compiègne en transition sont élaborés à partir de produits invendus. Nom de code : la "team récup".

Tout est parti d'un constat simple : "Toutes les semaines à la fin du marché, nous nous sommes rendu compte que les commerçants laissaient beaucoup de fruits et légumes un peu abîmés mais toujours consommables, détaille Julie Kociánová, la présidente de l'association. On a donc commencé à les récupérer et à faire des soupes pour notre consommation personnelle." Mais les étudiants finissent par se dire que ces produits seraient davantage bénéfiques pour des personnes plus démunies.

Ils prennent alors contact avec le Samu social de Compiègne pour organiser une distribution de soupes. Quelques litres seulement au début. Mais petit à petit et face aux retours positifs du Samu social et des bénéficiaires, les étudiants développent leur initiative. "On s'est dit qu'on pouvait élargir notre collecte à plus de commerçants à Compiègne." Supermarchés, boulangeries et petits commerces sont sollicités pour donner leurs invendus. L'initiative étudiante, si elle surprend certains au début, trouve un écho favorable dans la cité impériale.

Alors depuis, deux samedis par mois, c'est un petit rituel. "Chaque membre du projet est affecté à une tâche particulière : aller récupérer les matières premières, cuisiner ou distribuer, détaille Julie. On fait en sorte que chacun puisse avoir des missions différentes à chaque fois." Au total, ils sont près de quarante étudiants à se relayer." On aimerait mobiliser encore plus de personnes dans le projet, poursuit-elle. Pas seulement des étudiants mais aussi des Compiégnois pour pouvoir assurer encore plus de distributions, cet hiver notamment."

Au-delà de la course de déchets, Compiègne en transition met en oeuvre de nombreux projets pour s'inscrire dans la mouvance des villes en transition initiée par l'enseignant irlandais Rob Hopkins. Compost partagé ou encore course de déchets fédèrent les étudiants autour des thématiques du développement durable et d'une meilleure implication des citoyens dans la ville.

Pour Julie Kociánová, le chapeautage de toutes ces activités lui a permis de réfléchir au sens qu'elle souhaitait donner à sa future vie professionnelle. "Depuis que j'ai commencé mes études je me questionne sur la direction que je veux donner à ma carrière, détaille-t-elle. J'ai envie de trouver une voie qui me permette de continuer à oeuvrer positivement pour l'environnement." Et son engagement associatif, qu'il s'agisse de cuisiner pour les plus démunis ou de course de déchets, lui permet d'y voir plus clair dans son projet. "Le fait d'être en contact avec des entreprises industrielles de la région m'a permis de découvrir toutes les actions en faveur de l'environnement qu'elles mettent en place, poursuit-elle. J'aimerais notamment travailler autour de la thématique de la pollution de nos systèmes informatiques." Mais d'ici-là Julie continuera, un samedi sur deux, à cuisiner pour les plus démunis.