Dossier

47: Les associations étudiantes : une richesse pour l’UTC et le territoire

L’UTC encourage fortement la vie associative de ses étudiants. Non seulement il s’agit d’un rouage important de leur développement personnel et professionnel, mais c’est un atout pour le territoire, et notamment un réservoir de talents et de créativité qui peut générer des innovations et de l’activité économique.

47: Les associations étudiantes : une richesse pour l’UTC et le territoire

Les associations étudiantes : une richesse pour l’UTC et le territoire

L’UTC encourage fortement la vie associative de ses étudiants. Non seulement il s’agit d’un rouage important de leur développement personnel et professionnel, mais c’est un atout pour le territoire, et notamment un réservoir de talents et de créativité qui peut générer des innovations et de l’activité économique.

"Il y a une vie après les cours ! » clame le slogan du bureau des étudiants (BDE) de l’UTC. Et, de fait, elle est foisonnante. L’école ne compte pas moins d’une centaine d’associations mobilisant près d’un millier de membres actifs, soit un quart de ses élèves. Des clubs de sport, musique, théâtre, danse, des cercles de passionnés d’ingénierie spatiale, de biomécanique ou encore de biomimétisme, une junior entreprise, un fablab, une épicerie sociale pour les étudiants en situation de précarité, des organisations œuvrant à la transition écologique… Et quelques poids lourds, tel l'Imaginarium Festival qui, chaque week-end de Pentecôte, organise deux jours de concerts quasi non-stop attirant désormais 13 000 festivaliers.

Ce qui explique cette vitalité ? Sans conteste le talent et l’énergie des étudiants. « Compiègne n’est pas Paris, souligne Paul Sainte-Cluque, président du BDE. C’est une petite ville où les élèves de l’UTC représentent à eux seuls environ 10 % de la population. Si nous voulons avoir des activités extra-universitaires, personne ne les organise pour nous, alors nous nous en chargeons ! » Un atout pour la ville. En montant des événements ouverts au public comme l'Imaginarium Festival ou Festupic, le festival de théâtre universitaire de Picardie, en apportant un soutien scolaire à des jeunes de milieux défavorisés ou en réalisant des chantiers citoyens au profit des communautés locales lors de la journée « Tous unis pour la cité » de la rentrée de septembre, les associations étudiantes contribuent en effet à la vie culturelle et au développement social du territoire.

« Notre objectif est même d’ouvrir de plus en plus nos activités à la population, parce que nous sommes fiers de nos réalisations et qu’il s’agit d’un moyen d’améliorer notre image, note Paul Sainte-Cluque. Nous voulons montrer que, s’ils sont parfois source de nuisances sonores, les étudiants sont avant tout une richesse pour Compiègne. »

Une expérience reconnue

Mais si la dynamique associative est telle, c’est aussi parce que l’UTC est convaincue de ses vertus pédagogiques et l’encourage beaucoup. « Comme dans toutes les universités, une partie des frais de scolarité alimente un fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes notamment destiné à financer des projets associatifs, explique Véronique Hédou, enseignante-chercheuse et responsable de la vie étudiante. Mais, en plus, l’UTC subventionne les associations à hauteur de plus de 40 000 € par an.

Et son appui n’est pas que financier. Mon rôle est d’accompagner les associations et de les mettre en relation avec les services compétents de l’université pour donner un avis sur leurs projets et les conseiller, notamment sur la sécurité lorsqu’il s’agit d’organiser de gros événements. Enfin, pour obtenir leur diplôme, les étudiants sont tenus de justifier d’au moins une activité extra-universitaire. »

Conséquence : à un moment ou un autre de leur cursus, une majorité d’entre eux s’implique dans une association. « L’UTC a introduit cette obligation dès 2006, souligne Étienne Arnoult, directeur à la formation et à la pédagogie. Et, aujourd’hui, nous réfléchissons à valoriser encore davantage l’investissement associatif de nos étudiants – par exemple, en l’inscrivant dans leur supplément au diplôme. Ce serait cohérent avec notre politique de formation. »

Depuis près de vingt ans, pour rendre ses élèves acteurs de leurs apprentissages et les confronter aux réalités du métier d’ingénieur, l’UTC promeut la pédagogie par projet. Elle fait travailler les étudiants par petits groupes, souvent interdisciplinaires, sur des sujets généralement proposés par des entreprises. Les inciter à jouer un rôle actif dans une association relève du même esprit. C’est un moyen complémentaire de les aider à développer des savoir-faire et savoir-être importants pour leur réussite universitaire et leur insertion professionnelle.

Comme la pédagogie par projet, il leur permet de consolider certaines compétences acquises en cours. En s’impliquant dans une activité associative, ils peuvent être amenés à expérimenter les méthodes de gestion de projet qui leur sont enseignées. Dans les associations dont les activités sont techniques, ils mettent également en pratique leurs connaissances scientifiques et technologiques, tout en se frottant au travail coopératif entre étudiants de spécialités et niveaux différents. « C’est par exemple le cas pour les bénévoles d’UTCoupe, qui conçoivent des robots pour la coupe de France de robotique, ou ceux de Team UTécia, qui réalisent des véhicules prototypes ultra basse consommation pour participer à des courses comme le Shell Eco-marathon, note Étienne Arnoult. Ces étudiants font de la gestion de projet, d’équipe, un peu d’économie et de l’ingénierie. Ils ont donc l’opportunité de prendre du recul sur les matières étudiées en cours, de les mettre bout à bout et d’acquérir une vision systémique des projets à réaliser, ce qui est un facteur de succès dans leurs études. »

Une école de créativité

En s’investissant dans une association, où ils sont seuls responsables de leurs projets et de leur budget, sans enseignants pour les guider, les étudiants développent également des aptitudes plus difficiles à transmettre via la formation. L’autonomie, car ils apprennent à s’organiser et à gérer leur temps. La confiance en soi : en négociant avec une banque ou en cherchant des sponsors, par exemple, ils gagnent en aplomb. Mais aussi la créativité : dans les associations, dans la limite du respect de la loi et de certaines règles, notamment de sécurité, ils laissent libre cours à leur imagination. Et l’originalité de leurs initiatives montre qu’ils n’en manquent pas ! « Autrement dit, la vie associative contribue à ce pour quoi nos étudiants sont particulièrement reconnus des entreprises, outre leurs compétences métier, résume Étienne Arnoult : leur assurance et leur côté un peu audacieux. »

Aujourd’hui, l’UTC souhaite d’ailleurs mieux valoriser le réservoir de talents et de créativité que recèlent les associations. « L’université entend contribuer davantage à l’innovation et à la création d’activités économiques, explique Pascal Alberti, directeur de l’innovation et du développement territorial. Pour cela, il s’agit notamment de nous rapprocher des PME, pour l’instant moins nombreuses parmi nos partenaires. Nous pouvons les accompagner dans leurs processus d’innovation en nous appuyant sur les compétences des enseignants-chercheurs, mais aussi sur celles des étudiants, que ce soit en les impliquant dans des projets d’entreprises dans le cadre des cours ou en faisant appel aux associations intéressées. »

L’une d’entre elles travaille déjà en permanence avec des industriels : Usec, la junior entreprise. Mais d’autres associations pourraient s’investir dans des partenariats avec des PME. Pour les étudiants, ce serait un moyen de monter en compétences. De plus en plus, la direction de l’innovation et du développement territorial cherche donc à impliquer les associations dans sa politique vis-à-vis des entreprises.

Autre atout : dans les associations peuvent émerger des pépites susceptibles de donner lieu à des start-up. UTCiel, par exemple, participe à la reconstruction de deux avions mythiques des années 1930, qui devront être les plus proches possibles des modèles d’origine tout en répondant aux normes actuelles de sécurité pour pouvoir voler. Un projet de ce type peut éventuellement déboucher sur des innovations. « Mais pour cela, il est indispensable d’accompagner les étudiants, souligne Pascal Alberti. D’abord parce que les membres des associations tournent constamment : ils restent six mois ou un an puis partent en stage ou à l’étranger. Résultat : une bonne idée peut mourir faute d’avoir été portée.

Ensuite, parce qu’il faut aider les étudiants à identifier les pistes prometteuses et à les transformer en activité économique. Par exemple, des élèves impliqués dans l'Imaginarium Festival développent un produit pour le mettre à disposition des festivaliers. Nous leur avons proposé de les financer pour le réétudier et en faire une innovation aux débouchés beaucoup plus larges. Inversement, un enseignant-chercheur qui a une idée d’innovation pourrait s’appuyer sur une association pour la développer. L’objectif est d’impulser une dynamique collaborative entre toutes les forces de l’UTC pour mieux innover. Et les associations peuvent en être un rouage important. ».


Une aspérité sur un CV

 Léa Rieutord recrute des stagiaires et de jeunes ingénieurs pour les métiers industriels du groupe L’Oréal.

 « Chez L’Oréal, nous sommes très attentifs au parcours associatif des candidats. C’est un élément qui fournit des indices sur leur profil, surtout lorsqu’il s’agit de recruter des stagiaires n’ayant encore aucune expérience professionnelle. D’ailleurs quand des candidats ne citent aucun projet associatif dans leur CV, cela me surprend. S’impliquer dans une association est une marque de curiosité vis-à-vis du monde extérieur et permet de développer certaines compétences : notamment des aptitudes en gestion de projet et d’équipe, en communication, ou bien son sens analytique (par exemple, lorsqu’un étudiant gère le budget d’une association). S’engager pour faire avancer une cause peut aussi être le signe d’une qualité fondamentale pour L’Oréal : l’esprit entrepreneur de ses collaborateurs, leur capacité à ne pas se contenter de l’existant et à innover. Et lorsqu’un étudiant a été président ou vice-président d’une association, c’est un indice de leadership.

Pour autant, il ne s’agit pas de mentionner à tout prix une expérience associative sur son CV. Il faut que la personne se soit vraiment investie dans un projet et l’explique de façon très concrète. En indiquant qu’elle a été membre du bureau dans une association de tant de personnes et tel budget, par exemple, elle montre qu’elle sait prendre des responsabilités. C’est une aspérité sur un CV qui attire l’attention des recruteurs. »


Paroles de bénévole

Avant d’être élu président du bureau des étudiants, Paul Sainte-Cluque comptait déjà à son actif un parcours associatif qui a été déterminant pour trouver son premier stage de six mois en entreprise.

 « Dès mon deuxième semestre à l’UTC, j’ai rejoint une équipe de l’association chargée de l’intégration des nouveaux étudiants à la rentrée de septembre. Ensuite, je suis devenu président de cette association, qui est une des plus grosses de l’UTC, puis président de l’association organisatrice de la soirée des finaux, qui fête la fin de l’année universitaire. Ces activités associatives ont fait la différence par rapport à d’autres candidats quand j’ai postulé pour un stage à la SNCF : mon CV a été sélectionné pour cette raison et c’est surtout sur ce sujet qu’on m’a interrogé lors des entretiens. Mon stage s’est déroulé dans un service de maintenance où je jouais un rôle d’intermédiaire entre le personnel de la SNCF et différents prestataires. Et, effectivement, les compétences en gestion de projet et d’équipe acquises grâce à la vie associative m’ont été très utiles. »


 Plus vite opérationnel en entreprise

 Francis Gauvain est ingénieur diplômé de l’UTC, promotion 1980. Aujourd’hui directeur du développement durable de Safran, il a fait une partie de sa carrière dans les ressources humaines et a notamment été DRH d’une des filiales du groupe : Safran Nacelles.

 « Lorsque j’étais à l’UTC, il y avait déjà des associations, mais très peu. J’ai pu constater que, depuis, les activités associatives s’étaient multipliées et faisaient même partie intégrante du parcours des étudiants. C’est une très bonne chose. S’investir dans une association n’est pas indispensable pour trouver un emploi, mais c’est un atout indéniable, qui peut faire la différence entre deux CV. J’y vois principalement trois intérêts.

Le premier est que cela permet de développer un savoir-être : de révéler sa personnalité, de prendre confiance en soi, de connaître ses points forts et ses points faibles… Or, si la mission d’une université est d’abord de transmettre des savoir-faire, elle est aussi de délivrer des savoir-être. Le deuxième intérêt est l’ouverture d’esprit, la capacité à s’investir sur des sujets très concrets : dans une association, on est dans la vraie vie, avec de vrais projets à mener en équipe. Enfin, c’est une sorte d’expérience professionnelle avant l’heure : un moyen d’apprendre à gérer un projet, un budget, à prendre la parole en public, à négocier, prendre des décisions, assumer des responsabilités…

Toutes ces qualités permettent d’être plus vite opérationnel dans une entreprise. Les recruteurs accorderont donc sans doute de plus en plus d’importance à l’investissement associatif des jeunes diplômés. »