Dossier

47: Les associations étudiantes : une richesse pour l’UTC et le territoire

L’UTC encourage fortement la vie associative de ses étudiants. Non seulement il s’agit d’un rouage important de leur développement personnel et professionnel, mais c’est un atout pour le territoire, et notamment un réservoir de talents et de créativité qui peut générer des innovations et de l’activité économique.

47: Les associations étudiantes : une richesse pour l’UTC et le territoire

Des ingénieurs acteurs de la transition écologique

Le pôle technologie et entrepreneuriat réunit une vingtaine d’associations axées sur le partage de savoirs, l’innovation et le développement professionnel des étudiants. Parmi celles-ci, « On veut durable ! », dont le nom résume la profession de foi : militer pour le développement durable.

Ils sont jeunes, vont devenir ingénieurs et doivent être aux avant-postes de la transition environnementale. Forts de cette conviction, ils se sont engagés dans l’association « On veut durable ! » (OVD). « OVD a vu le jour il y a deux ans et demi et compte un peu plus d’une vingtaine d’adhérents, raconte William Boffy, son président. Le premier objectif de ses créateurs était de rejoindre Precious Plastic. »

Lancée par un jeune designer hollandais, ce projet vise à démocratiser le recyclage du plastique grâce à des machines relativement simples et économiques à fabriquer, dont les plans sont en libre accès : un broyeur pour transformer les déchets en matière première et des injecteurs pour mouler de nouveaux objets. Les étudiants d’OVD souhaitaient équiper l’UTC de machines de ce type pour donner une nouvelle vie aux produits en plastique, mais ils ne se sont pas contentés de décliner les plans fournis par Precious Plastic. Des unités de valeur spécifiques ont été mises en place avec des enseignants-chercheurs afin de reconcevoir les plans du broyeur. Objectif : optimiser sa sécurité pour pouvoir faire des démonstrations lors d’événements et, surtout, intégrer le projet Precious Plastic dans le cursus des étudiants.

Une initiative emblématique des missions que s’est fixées l’association. Parmi celles-ci : œuvrer en faveur d’un campus durable. Outre Precious Plastic, OVD a engagé plusieurs actions pour développer le recyclage des déchets : installation de poubelles à papier dans le centre universitaire, projet avec le Crous pour mettre en place le tri des déchets d’emballage du restaurant universitaire et d’une cafétéria et suivre son évolution, ou encore projet de compostage des déchets organiques du foyer de la Maison des étudiants. Par ailleurs, à sa demande, le Crous a mis des plats végétariens au menu du restaurant universitaire de Compiègne avant même que cette mesure ne soit généralisée dans toute la France : « Nous avons beaucoup sensibilisé les étudiants sur ce sujet et c’est un succès, explique William Boffy : environ 25 % des repas servis sont végétariens. »

 

Une autre vision du métier

Second grand objectif de l’association : promouvoir l’enseignement du développement durable à l’UTC et, au-delà, ouvrir le débat sur le rôle des ingénieurs dans l’économie de demain et l’impact des enjeux environnementaux sur leur formation. « Nous communiquons de plus en plus sur le sujet pour montrer qu’il existe d’autres manières de vivre le métier d’ingénieur, souligne William Boffy. Sur notre chaîne YouTube, nous diffusons par exemple des interviews de deux professeurs de l’UTC : l’économiste Yann Moulier-Boutang et le philosophe Bernard Stiegler. Nous rencontrons aussi des ingénieurs engagés, comme Mathieu Labonne, qui est directeur de Colibris, un mouvement qui encourage les initiatives locales au service de l’homme et du vivant. »

Au printemps 2019, l’association a même prévu d’organiser à l’UTC un forum dédié au développement durable, qui permettra aux étudiants en quête d’information, d’un stage ou d’un premier emploi d’assister à des conférences et de rencontrer des acteurs de la transition environnementale. « Nous voulons attirer de petites entreprises investies dans l’économie durable et des ONG et, pour cela, leur ouvrir gratuitement les portes du forum », explique William Boffy. Dans le cadre de leurs travaux pratiques, des étudiants d’une UV de gestion de projet vont planifier l’organisation de l’événement et évaluer son coût.

Quant à l’objectif ultime de l’association, il est tout simplement… de disparaître ! « Notre échec serait notre succès, sourit William Boffy. Il signifierait que le développement durable est passé dans les mœurs et qu’OVD n’a plus lieu d’être. » 


Paroles de bénévole

 Étudiant en génie informatique, William Boffy a décroché un stage en phase avec ses engagements…

 « En septembre, je pars à la Réunion pour six mois de stage au siège d’une collectivité d’outre-mer qui constitue la plus grande réserve naturelle de la France : les terres australes et antarctiques françaises. Je vais travailler à la reconception d’une banque de données utilisée par les chercheurs. Mon expérience à OVD m’a aidé. Lors des entretiens, on m’a beaucoup interrogé sur mes engagements autour du développement durable et mon intérêt pour la nature, qui est très ancien. Avant d’entrer à l’UTC, j’avais d’ailleurs déjà fait un stage d’informatique au laboratoire Éthologie, cognition et développement de Paris-Nanterre, qui étudie notamment le comportement animal. »