Dossier

46 : Innovation pédagogique : l'approche UTC

Rendre les étudiants acteurs de leurs apprentissages. Du travail collaboratif sur des projets réels aux cours inversés en passant par les jeux sérieux : c’est le fil directeur des innovations pédagogiques que déploie l’UTC pour mieux préparer ses élèves ingénieurs à leur future vie professionnelle, tout en s’adaptant aux spécificités d’une nouvelle génération d’étudiants.

46 : Innovation pédagogique : l'approche UTC

InnovE-UT : des cours inversés et à distance

En 2014, les universités de technologie de Compiègne (UTC), Belfort-Montbéliard (UTBM) et Troyes (UTT) ont ouvert un parcours commun conjuguant en particulier pédagogie inversée et enseignement à distance : InnovE-UT. Premier bilan positif.

Portée par les trois universités de technologie, le groupe Insa, le Centre des études supérieures industrielles et l’Université de Lorraine, InnovENT-E est une des Initiatives d’excellence en formations innovantes du Programme des investissements d’avenir. Sa finalité : développer des formations à l’innovation et à l’export orientées sur les besoins des PME-PMI. Et, pour cela, promouvoir de nouvelles pratiques pédagogiques. InnovE-UT, le mineur proposé par l’UTC, l’UTBM et l’UTT, en est l’illustration.

Afin d’élargir la palette des enseignements offerts aux étudiants, les trois universités l’ont bâti en mutualisant neuf unités de valeur (trois chacune), toutes accessibles à distance. Les étudiants doivent en choisir au minimum trois : une dans leur établissement, qu’ils suivent en présentiel, une dans chacune des deux autres universités, qu’ils suivent à distance. « Pour faciliter l’apprentissage à distance, nous avons numérisé et mis en ligne des supports de cours, explique Pascal Alberti, responsable d’InnovE-UT et d’une des UV assurées par l’UTC – Management et outils d’aide à la créativité industrielle et à l’innovation. Que les étudiants suivent les UV à distance ou pas, il était donc possible de généraliser la pédagogie inversée pour les inciter à être davantage acteurs de leurs apprentissages. Avant chaque cours, tous les étudiants de mon UV sont par exemple censés prendre connaissance des documents disponibles sur le site du mineur : des modules vidéo dans lesquels je leur présente des éléments théoriques, enrichis de liens vers des ressources complémentaires (articles scientifiques, etc.). Ils doivent également échanger sur ces contenus via le forum de l’UV : poser des questions auxquelles

je réponds en ligne, voire répondre eux-mêmes aux questions de leurs camarades, ce qui est un autre moyen de s’approprier des savoirs. Ensuite, lors de cours en présentiel ou en visioconférence, nous approfondissons les réponses. »

 Environ 500 étudiants par semestre

Autre spécificité, le mineur fait une large place aux projets collaboratifs à distance sur des problématiques proposées par des industriels : le travail est réparti entre plusieurs équipes composées d’étudiants d’un même site, qui échangent entre eux via des plateformes collaboratives ou des outils comme Skype. InnovE-UT étant accessible aux étudiants des trois UT, quelle que soit leur spécialité, et aux étudiants étrangers en mobilité dans ces établissements, ces projets sont aussi l’occasion d’acquérir des compétences interculturelles. Trois ans après le lancement d’InnovE-UT, le bilan est concluant. Selon les semestres, entre 400 et 500 étudiants des trois universités suivent le mineur et le principe des cours inversés et à distance a fait la preuve de son intérêt. « Même s’il est difficile de mesurer scientifiquement les bénéfices de la pédagogie inversée, je pense qu’ils sont réels, estime Pascal Alberti. Les cours sont plus interactifs, permettent d’aller plus loin dans la compréhension des problématiques, et souvent même au-delà des limites initiales du sujet, car les échanges avec les étudiants amènent à creuser des questions complémentaires. C’est certes une approche pédagogique qui leur demande plus de travail, mais elle leur offre une grande souplesse dans leurs apprentissages. Ils peuvent consulter les ressources en ligne au moment qui leur convient, les revoir à loisir, répondre à des QCM pour s’autoévaluer sur certains éléments du cours ou encore suivre les UV lorsqu’ils sont en mobilité dans une université étrangère. »

Pour Marion Mézerai, responsable d’InnovENT-E à l’UTC, qui a accompagné les enseignants dans la conception du mineur, l’objectif est maintenant de diffuser ce principe de cours inversés à distance au-delà d’InnovE-UT : « Il n’est évidemment pas question de le généraliser, mais plutôt de toucher de nouveaux publics : par exemple, les étudiants entrepreneurs ou les étudiants salariés préparant un diplôme d’ingénieur, pour lesquels il s’agit d’un moyen flexible de compléter leur formation sur certains points. » Ce concept ouvre également des perspectives intéressantes pour faciliter l’accès des entreprises à la formation continue, en évitant à leurs collaborateurs de se déplacer à l’UTC, voire pour développer l’audience de certains enseignements à l’international. 


Un atelier de créativité au format XXL

Les 1er et 2 décembre derniers, comme tous les ans depuis 2014, l’UTC a participé au challenge « 48 h pour faire vivre des idées ». Deux jours durant, au centre d’innovation, des élèves ingénieurs de différentes branches et des étudiants de l’Institut polytechnique LaSalle-Beauvais et de l’École supérieure de chimie organique et minérale (Escom) ont travaillé sur des sujets proposés par des entreprises du territoire. Objectif : faire émerger des concepts innovants en misant sur leur pluridisciplinarité, mais aussi en confrontant leurs idées avec des équipes d’autres régions et pays. Organisé dans le cadre d’InnovENT-E, ce challenge mobilisait en effet quelque 1 500 étudiants répartis dans huit centres en France et plusieurs sites à l’étranger (Chili, Argentine, Bahreïn, Maroc, Algérie…). Une autre manière d’entraîner les élèves ingénieurs – et notamment les étudiants d’InnovE-UT pour lesquels ce challenge est un passage obligé – au travail collaboratif à distance.