Dossier

46 : Innovation pédagogique : l'approche UTC

Rendre les étudiants acteurs de leurs apprentissages. Du travail collaboratif sur des projets réels aux cours inversés en passant par les jeux sérieux : c’est le fil directeur des innovations pédagogiques que déploie l’UTC pour mieux préparer ses élèves ingénieurs à leur future vie professionnelle, tout en s’adaptant aux spécificités d’une nouvelle génération d’étudiants.

46 : Innovation pédagogique : l'approche UTC

Deux semaines pour résoudre une problématique transversale

Depuis douze ans, les ateliers interdisciplinaires de résolution de problèmes permettent à des étudiants d’horizons différents d’expérimenter concrètement l’intérêt du travail collaboratif. Le prochain réunira des élèves ingénieurs de l’UTC aux côtés d’étudiants des universités Pierre et Marie Curie et Paris-Sorbonne. 

 

 

Rassembler une trentaine étudiants issus des différentes branches de l’UTC (ingénierie mécanique, génie des systèmes urbains, génie informatique…) et d’autres établissements, pour deux semaines de travail intensif sur une problématique réelle, en lien avec des entreprises ou des collectivités : c’est le principe des ateliers interdisciplinaires de résolution de problèmes (AIRP), inaugurés dès 2005. La première semaine, les étudiants vont sur le terrain pour observer la situation et rencontrer les parties prenantes (personnel de l’entreprise concernée, experts du domaine traité…), analysent les problèmes à résoudre et imaginent des solutions innovantes. Puis ils présentent leur diagnostic et leurs propositions à un jury composé de professionnels et d’enseignants. La deuxième semaine, ils conçoivent les solutions retenues en les validant avec des démonstrateurs, avant de repasser devant le jury pour présenter leurs résultats finaux.

 Santé et sécurité au travail

« Outre mettre en pratique la théorie apprise en cours, c’est un moyen d’apprendre à apprendre, car les enseignants encadrant l’atelier ne sont pas là pour dicter que faire aux étudiants, mais en tant que ressources pour répondre à leurs questions et les conseiller », souligne Pierre-Henri Dejean, enseignant-chercheur au département Ingénierie mécanique, initiateur et responsable des AIRP. C’est aussi une occasion concrète de mesurer que l’interdisciplinarité est propice à la créativité et à l’innovation. Les premiers ateliers l’ont d’emblée démontré. Lancés dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), ils portaient sur la conception d’espaces de travail prenant en compte le confort du personnel et la prévention des maladies et accidents professionnels. Dès l’origine, ils ont associé des étudiants d’écoles d’architecture et des élèves ingénieurs de l’UTC. « Architectes et ingénieurs ne parlent pas le même langage et, souvent, le dialogue entre les deux métiers est difficile, explique Pierre-Henri Dejean. Il s’agissait donc de faire prendre conscience aux étudiants de sa nécessité pour aboutir à des solutions optimales. Le pari a d’autant mieux fonctionné qu’ils passaient deux semaines en immersion dans un lieu externe et devaient résoudre les problèmes posés dans ces délais très serrés. » Par la suite, le brassage culturel est même allé au-delà de l’interdisciplinarité, puisque plusieurs ateliers européens ont été organisés, avec des élèves ingénieurs et architectes français, roumains et suédois.

Adaptation au vieillissement de la population

Depuis quelques années, les AIRP se sont ouverts à une nouvelle thématique: le vieillissement de la population. Il y a deux ans, un atelier a par exemple été consacré à l’adaptation des logements du bailleur social Picardie Habitat à cette nouvelle donne. Les étudiants ont imaginé des solutions pour sécuriser les déplacements des personnes âgées dans l’appartement, assurer leur bien-être physique et psychique, faciliter le travail des aidants… Actuellement, un deux-pièces intégrant leurs propositions est en cours d’aménagement.

Le prochain AIRP, en janvier-février 2018, étendra ce thème du vieillissement aux problématiques d’urbanisme et de liaison ville-hôpital. « L’objectif étant de maintenir les personnes en perte d’autonomie le plus longtemps possible chez elles, il faut qu’elles puissent accéder facilement aux soins et à tous les services dont elles ont besoin, explique Pierre-Henri Dejean. C’est un objectif qui soulève de nombreuses questions : quels services de médecine à distance développer, comment optimiser les transports domicile-hôpital, où est-il pertinent d’implanter des logements adaptés dans la ville, comment sécuriser les déplacements des personnes âgées sur les trottoirs, etc. ? »

Cet atelier, qui se déroulera en partenariat avec un établissement hospitalier et une municipalité, conjuguera des compétences encore plus diversifiées qu’à l’ordinaire, puisqu’il réunira des élèves ingénieurs de l’UTC, des étudiants en ergothérapie, en kinésithérapie et en robotique de l’UPMC et des étudiants en géographie et philosophie de Paris-Sorbonne. C’est un des projets lauréats du dernier appel d’offres sur des initiatives pédagogiques innovantes de Sorbonne Universités.