Dossier

46 : Innovation pédagogique : l'approche UTC

Rendre les étudiants acteurs de leurs apprentissages. Du travail collaboratif sur des projets réels aux cours inversés en passant par les jeux sérieux : c’est le fil directeur des innovations pédagogiques que déploie l’UTC pour mieux préparer ses élèves ingénieurs à leur future vie professionnelle, tout en s’adaptant aux spécificités d’une nouvelle génération d’étudiants.

46 : Innovation pédagogique : l'approche UTC

Des ateliers projets de plus en plus interculturels

Dès sa création, en 2000, le département génie des systèmes urbains (GSU) de l’UTC a mis en place des ateliers projets confrontant ses étudiants aux réalités de leur futur métier. Un concept efficace, qui sera l’une des composantes du futur parcours Ingénieur 3I – industrie, innovation, interculturel – expérimenté à partir de 2018.

Tous les ans, le département GSU organise environ six ateliers projets d’un semestre. Chacun réunit de quinze à vingt étudiants qui, à l’instar d’un bureau d’études, répondent à une commande d’une collectivité ou d’une entreprise sur une problématique urbaine : aménagement, transport, énergie, risques environnementaux… Les étudiants y consacrent une journée par semaine, ont un objectif précis à atteindre et un échéancier à respecter, avec un premier rendu à mi-parcours puis, à l’issue du projet, une présentation de leurs propositions et un rapport final.

« Ces ateliers sont très prisés des entreprises et des collectivités, comme des étudiants, constate Gilles Morel, directeur du département GSU. Pour eux, c’est un moyen d’expérimenter les conditions réelles de travail sur un projet, d’enrichir leurs connaissances disciplinaires en creusant un sujet – qui parfois n’est pas enseigné à l’UTC, car la thématique de la ville durable est très vaste –, et d’acquérir des compétences transversales : capacité à travailler en équipe, à gérer un projet, à utiliser des outils collaboratifs… »

Ouverture interdisciplinaire et internationale

De plus en plus, les ateliers comportent aussi une dimension interculturelle : internationale, globalisation oblige, ou interdisciplinaire, car les projets urbains complexes mobilisent plusieurs métiers. En 2016, un atelier a par exemple réuni des étudiants en génie urbain et en informatique pour répondre à une commande de la société Sopra Steria sur les bâtiments intelligents (voir article suivant). Toujours en 2016, l’UTC a organisé un premier atelier international avec l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), partenaire avec lequel elle développe des échanges d’étudiants et une coopération scientifique en génie urbain depuis 2011. Financé par Sorbonne Universités, l’atelier visait à faciliter l’accès au campus de l’UFRJ et les déplacements à l’intérieur du site. Deux équipes franco-brésiliennes (l’une à l’UTC, l’autre à l’UFRJ) ont collaboré de part et d’autre de l’Atlantique, notamment par visioconférence, épaulées par une troisième équipe à Paris-Sorbonne. Bilan concluant, malgré l’éloignement géographique et les différences culturelles : les étudiants ont proposé des scénarios solides, combinant divers modes de transport (traditionnels, doux, innovants…) pour améliorer la mobilité à court, moyen et long termes.

En mars 2017, dans le cadre d’un programme d’Erasmus + dont GSU est partie prenante (Citylab), un nouvel atelier projet international a été lancé, en partenariat avec le port de Lima au Pérou. Objectif : apporter des réponses aux problématiques de cette plateforme portuaire majeure dont le développement se heurte à celui de la capitale péruvienne, à la congestion du trafic routier et au manque d’espaces de stockage.

Un label très novateur

2018 marquera une nouvelle étape avec un atelier à la fois interdisciplinaire et international, qui associera l’UTC et deux partenaires brésiliens : l’Université technologique fédérale du Paraná (UTFPR) et l’usine Renault de Curitiba. Sa thématique n’est pas encore arrêtée, mais sera suffisamment large pour impliquer des étudiants de différentes spécialités : génie urbain, informatique, mécanique… L’innovation ne s’arrêtera toutefois pas là, puisque cet atelier s’inscrira dans le cadre d’une initiative plus ambitieuse : la création d’un label Ingénieur 3I – pour industrie, innovation et interculturel. « Les grands groupes industriels comme Renault ont un besoin croissant de jeunes ingénieurs capables de travailler sur des projets tournés vers l’innovation au sein d’équipes multidisciplinaires et internationales, explique Gilles Morel. Pour répondre à leur demande, l’UTFPR et l’UTC souhaitent mettre en place un parcours spécifique sanctionné par ce label, qui s’ajouterait au diplôme d’ingénieur. Sa maquette est en cours d’élaboration, mais, dès le premier semestre 2018, avec le soutien de Sorbonne Universités, nous en expérimenterons quelques modules. »

En février, six étudiants de l’UTC et six étudiants de l’UTFPR vont ainsi se retrouver à Curitiba pour un séminaire d’une dizaine de jours destiné à les préparer au travail en équipe multiculturelle et à préciser les objectifs de l’atelier projet. Ensuite, Français et Brésiliens collaboreront sur le projet à distance. Durant le semestre, ils suivront également une formation en langue (portugais pour les premiers, français pour les seconds) et au moins une UV de gestion de projet. Les années suivantes, ils continueront le parcours Ingénieur 3I, qui comportera en particulier deux semestres à l’étranger : l’un dans l’université de technologie partenaire, l’autre en stage dans une entreprise ou une start-up. À terme, si ce concept très novateur fait ses preuves, il s’agira de constituer un réseau international d’universités de technologie délivrant le label Ingénieur 3I.