Regard sur une gestion du Covid-19

La polyclinique Saint-Côme de Compiègne a, comme de très nombreux sites hospitaliers français, dû faire face à la première vague du coronavirus. L'établissement fut, avec ceux de Compiègne et de Creil, parmi les premiers du pays touchés par cette nouvelle maladie fin février avec le cluster de l’Oise. Ses équipes ont dû se mobiliser et se réorganiser pour faire face à cette épidémie afin d’assurer en collaboration avec l’hôpital public la prise en charge des patients Covid.

Regard sur une gestion du Covid-19

Proche de Crépy-en-Valois, premier cluster de France, les hôpitaux de Creil, de Compiègne et la polyclinique Saint-Côme étaient les premiers à entrer en cellule de crise. Trois semaines avant tout le reste du pays, ils étaient déjà lourdement impactés par le coronavirus. « Crépy-en-Valois était l’un des premiers foyers épidémiques. Puis nous avons été lourdement impactés, du fait des hésitations sur les conduites à tenir du gouvernement au début. Il est vrai qu’à ce moment, on ne connaissait pas trop le virus et son ampleur. Nous avons vite dû nous organiser à faire face à cette épidémie avec des patients Covid et du personnel mis en quarantaine », raconte Vincent Vesselle, directeur de la polyclinique Saint-Côme, la plus grande clinique privée de Picardie. Elle regroupe près de 800 travailleurs, dont 550 salariés, le deuxième employeur de la ville. Hors Covid, l’établissement traite chaque année 15 000 patients, 25 000 passages aux urgences, 1 300 accouchements, 5 000 chimiothérapies, soit un cancer sur trois de l’Oise, ou encore 15 000 dialyses. L’intégration de nouveaux praticiens et de nouvelles activités ont d’ailleurs nécessité la réalisation d’une extension en 2019 (coût 10 M€) pour cet établissement pourtant récent ouvert en 2009.

Hôpital public et privé main dans la main

Entre le GHPSO (Groupe hospitalier public Sud Oise), l’hôpital de Beauvais, celui de Compiègne et la clinique Saint-Côme, une cellule de coordination territoriale s’est organisée pour échanger et s’entraider. Cela passe notamment par une conférence téléphonique quotidienne en compagnie du médecin régulateur du Samu. « Au début de la crise sanitaire, il était très compliqué de faire face à toutes les conduites à tenir. Notamment sur les masques. Un jour, ils étaient recommandés ; un autre jour, non. Sans parler des problèmes d’approvisionnement des médicaments et de matériels. Nous avons de la chance sur ce territoire de vivre en très bonne entente avec les hôpitaux publics. Nous avons donc travaillé de concert », souligne le directeur qui décide très vite de suspendre toutes les interventions non urgentes afin d’accueillir des patients Covid en soutien de l’hôpital. En mai, l’activité reprend presque normalement avec le rattrapage de patients qui n’avaient pu être pris en charge auparavant. La clinique détient en tout 270 lits, places et postes. « La deuxième vague est plus facile à gérer, car nous sommes moins pris au dépourvu et mieux préparés. On constate même une accalmie en cette fin d’année. » La Picardie a été très touchée pour la première vague ; par contre, pour la deuxième, elle a été plus préservée que le Nord et l’Île-de-France. Il a tout de même fallu augmenter les capacités de soins en réanimation pour faire face aux besoins des patients Covid sachant que les autres pathologies continuent d’être prises en charge pour éviter les pertes de chance pour les patients.

Un UTCéen à la tête de la Polyclinique Saint-Côme

Vincent Vesselle, ingénieur biomédical de formation, est issu de l’UTC. Il est à la tête de la polyclinique Saint-Côme depuis 2006 et préside le GIE CIMA, Centre d’imagerie médicale avancée de Compiègne. Ce GIE est une collaboration 50/50 entre la polyclinique Saint-Côme et le CH de Compiègne. Il gère les autorisations des 3 IRM de Compiègne, le PET scan et 2 gammacaméras. Il y a historiquement un partenariat fort entre le GIE et l’UTC et les ingénieurs de l’UTC ont accès aux IRM pour la formation. L’UTC dispose aussi d’une unité Inserm qui travaille en étroite collaboration avec le service de radiologie – ACRIM – installé sur le site de la polyclinique Saint-Côme pour des travaux de recherche en imagerie. Il s’agit de la technique d’élastographie par résonance magnétique (ERM) en collaboration avec la Mayo Clinic (Rochester, USA).