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Regard sur l’international

Trois questions à Maryse Bossière, Ambassadrice de France au Mexique, laquelle a porté avec une vraie conviction les projets de développement d'essaimage de l'UTC au Mexique, l'UTC ayant déjà créé la première UMI - unité mixte de recherche internationale - avec le CNRS.

Regard sur l’international

Comment les autorités des deux pays et entreprises sont-elles impliquées dans ce projet ?

La création d’un « pôle universitaire franco-mexicain » dédié aux filières scientifiques et technologiques a été décidée à l’occasion de la visite d'État en France du président de la République du Mexique en juillet 2015, sur proposition du Conseil Stratégique franco-mexicain qui réunit des représentants de la société civile et des entreprises des deux pays. Il s’agit bien, à partir d’une classe préparatoire qui sera installée dès septembre 2016 au sein du lycée français de Mexico, de former avec l’UTC et les grandes écoles d’ingénieurs mexicaines les futurs cadres d’entreprises françaises et mexicaines au Mexique. Le ministère mexicain de l'Éducation financera la scolarité des étudiants mexicains sélectionnés (une quarantaine la première année) et le ministère français des Affaires étrangères et du développement international recrute le chef de projet.

Quelles sont les ambitions de la France en terme de politique étrangère qui motive ce type de partenariat ?

Au cœur des priorités de la politique étrangère de la France, l’appui à l’action internationale de nos entreprises et la participation de notre pays à la formation des élites professionnelles étrangères sont des objectifs majeurs. Avec le Mexique, notre « diplomatie économique » met en œuvre cette politique volontariste auprès de nos entreprises en promouvant leur savoir-faire et leur présence commerciale, et en facilitant la formation et le recrutement de ressources humaines bilingues et biculturelles. La présence de professionnels mexicains rompus aux exigences et aux particularités de nos entreprises et à l’économie mexicaine est un atout essentiel. C’est pourquoi, parallèlement à nos deux grands programmes de mobilité étudiante en sciences de l’ingénieur (Mexfitec et Mexprotec), nous avons déjà négocié et créé deux centres de formation de techniciens supérieurs dans les domaines de l’aéronautique et du PLM au sein d’IUT mexicaines et auprès des entreprises françaises présentes au Mexique dans ces secteurs d’activités industrielles. Le projet UTC, très innovant par son contenu, son mode de financement, sa localisation et par le choix des partenaires, vient compléter ce dispositif en apportant le niveau ingénierie.

 

Estimez-vous intéressant, voire nécessaire, que des organismes d'enseignement Français s'impliquent afin de développer des partenariats internationaux?

Plus que jamais, l’éducation et la mobilité universitaire font l’objet d’une compétition entre nations. La France est un des grands acteurs de cette compétition mondiale, et l’image de nos universités est excellente au Mexique, aussi bien pour les humanités que pour les sciences exactes et la technologie. Cette position privilégiée qui est la nôtre est bien sûr d’abord due à l’excellence des formations offertes par nos universités. Mais, face à la vive concurrence que ce « marché » des formations supérieures connaît aujourd’hui, et de la part de concurrents chaque fois plus nombreux, il est, en effet, particulièrement nécessaire que nos universités organisent et proposent aux publics étrangers des filières de formation chaque fois plus innovantes et ouvertes aux échanges internationaux. Il s’agit bien pour elles de donner une dimension clairement internationale à leurs cursus, d’abord pour leurs étudiants français, mais aussi d’intéresser les étudiants des grands pays étrangers, en proposant des formations ouvertes sur place, comme le fait l’UTC à Shanghai.