L'éducation à la nutrition, c'est aussi avec l'Éducation nationale

L’Éducation nationale joue un rôle important dans l’éducation à la santé des plus jeunes. Et notamment au travers de l’alimentation et du bien manger. Entretien avec Stéphanie Dameron, rectrice de l’académie d’Amiens.

L'éducation à la nutrition, c'est aussi avec l'Éducation nationale

Au terme d’« éducation » à la santé, la toute nouvelle rectrice de l’académie d’Amiens, Stéphanie Dameron, préfère celui de « promotion » de la santé, celui-ci se révélant plus proche des missions qui incombent à l’Éducation nationale et de ce qu’elle met en œuvre, au quotidien, dans les écoles, collèges et lycées.

« La santé est pour nous une thématique transversale fondamentale, indispensable à la réussite de nos élèves. En leur donnant les clés pour comprendre ce qui favorise leur santé et leur bien-être, dans tous les sens de ce terme si fort (bien manger, bien dormir, bouger, se respecter soi-même, respecter autrui et son environnement), nous augmentons leurs chances de réussir, et pas seulement scolairement. Notre rôle est d’offrir à tous nos élèves, dans une véritable logique de justice sociale, un socle de connaissances leur permettant de se développer dans de bonnes conditions », explique-t-elle. Concrètement, cette politique de « promotion de la santé » est abordée directement et de manière transversale à toutes les étapes de la vie des élèves, depuis la maternelle jusqu’au lycée : par le biais d’apprentissages dispensés en classe, à travers des projets mis en place par la communauté éducative, des temps forts dans l’année : on peut citer, par exemple, l’opération « Bouge, une priorité pour ta santé », portée par la Mutualité Française et la région académique Hauts-de-France, qui fédère tous les ans près de 8 000 élèves, ou encore le déploiement de l’opération « Petits déjeuners gratuits à l’école », belle opportunité d’éducation à la nutrition.

Des partenaires à chaque étape

L’académie d’Amiens, qui a consolidé depuis plusieurs années un véritable réseau de partenaires pérennes, institutionnels ou associatifs, dispose grâce à ce travail partenarial de formidables outils de diagnostic. « C’est là une grande force de notre académie ! Ces indicateurs permettent à chaque territoire et établissement d’identifier avec précision ses besoins en terme de prévention, d’éducation et de protection des élèves, et d’adapter sa politique santé en conséquence : obésité, santé alimentaire, sommeil, conduites à risques, addictions, éducation à la sexualité, sécurité routière, activité physique... On peut activer chacun de ces leviers, qui entrent tous dans le vaste champ de la promotion de la santé », poursuit la rectrice qui associe également les parents à cet apprentissage. Les parents sont pleinement intégrés dans la « communauté scolaire » : la relation entre école/établissement scolaire et parents se noue d’ailleurs dès les premières semaines de l’année avec les élections des représentants de parents d’élèves. Les parents élus siègent dans différentes instances officielles, dont les conseils d’administration et les comités d’éducation à la santé et à la citoyenneté, avec pour ambition de faciliter le dialogue et le travail collaboratif. « De plus, chaque dispositif mis en œuvre dans une école, chaque action santé menée dans un établissement, peut avoir une répercussion sur l’environnement familial, soit parce que les parents sont associés à leur mise en œuvre, soit parce que leurs enfants les sensibilisent en retour, conclut-elle. On est là encore dans une logique de politique partenariale et de co-éducation. »