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46 : Labex MS2T, une dynamique d’excellence à pérenniser

L’UTC porte l’un des 171 Labex issus du programme d’investissements d’avenir lancé en 2010. Têtes de pont de l’excellence scientifique française et de son rayonnement international, ces structures jouent un rôle croissant en matière de recherche, formation et valorisation. Zoom sur leurs enjeux et leurs principales retombées.

46 : Labex MS2T, une dynamique d’excellence à pérenniser

En lançant le programme "Laboratoires d’excellence" (Labex), l’État s’était fixé un objectif ambitieux : doter des laboratoires français ayant une visibilité internationale de moyens significatifs pour faire jeu égal avec leurs homologues étrangers, attirer des chercheurs et enseignants-chercheurs de renommée mondiale et bâtir une politique de recherche, formation et valorisation de haut niveau.

En 2011 et 2012, sur avis d’un jury international, 171 structures dont le profil et le projet répondaient à ces enjeux ont été labellisées Labex et se sont vu attribuer une dotation globale de 1,5 milliard d’euros sur dix ans (en moyenne 9 millions d’euros par Labex). « Chacune disposait ainsi d’une vision à long terme sur ses financements, chacune pouvait ainsi ce qui lui permettait de développer une vraie politique scientifique et de prendre des risques sur des sujets exploratoires », souligne Yves Lecointe, responsable de l’action Labex à l’Agence nationale de la recherche (ANR*).

L’évaluation réalisée à mi-parcours, en 2015, témoignait déjà de l’intérêt de ce dispositif. Globalement, le jury international qui l’a menée a en effet estimé que l’action Labex constituait
« une vraie réussite, d’une part, en mettant le focus sur l’excellence dans la recherche française, d’autre part, en offrant à la communauté scientifique un outil de flexibilité et de liberté d’organisation accrue dans la durée**. » Il a également jugé que les Labex avaient « un effet restructurant évident sur le paysage de la recherche française », en soulignant en particulier leur forte dimension interdisciplinaire et le développement du travail en réseau, qui avaient « eu un impact largement positif sur l’émergence en France de thématiques d’actualité au niveau mondial et sur le choix des sujets de recherche ».

 Des chiffres parlants

La synthèse des indicateurs de suivi des Labex sur la période 2011-2016 publiée fin 2017 par l’ANR confirme l’impulsion donnée par les Labex à la recherche française, à son rayonnement, à sa valorisation et à la formation des étudiants. Entre autres exemples, en six ans, les Labex ont multiplié leur nombre annuel de publications par plus de deux et demi et initié près de 3 400 thèses. Signe de leur attractivité : dans les composantes des "Laboratoires d’excellence", le nombre de doctorants a quasiment cru de 80 %, alors qu’à l’échelle nationale, la population de doctorants continuait à régresser. « Cette attractivité se mesure aussi au niveau international, relève Yves Lecointe. Si la France attire traditionnellement de nombreux doctorants étrangers, c’est beaucoup moins le cas pour les postdoctorants. Or près de la moitié des postdoctorants recrutés par les Labex entre 2011 et 2016 étaient étrangers. »

Côté enseignement, leur impact est allé au-delà des doctorants. Le nombre d’étudiants de master bénéficiant d’actions de formation des Labex (cours, parcours, stages…) est certes resté limité et fluctuant jusqu’en 2015. Mais en 2016, il a décollé passant de 15 000 au mieux à plus de
54 700, soit 10 % du nombre total d’étudiants en master.

Enfin, entre 2011 et 2016, les Labex ont déposé 1 042 brevets et créé 230 start-up, dont 80 % exercent déjà une activité économique.

Initialement, le financement des Labex devait prendre fin le 31 décembre 2019 et les fonds non consommés à cette date ne pouvaient plus l’être ensuite. Finalement, les Labex pourront utiliser leur dotation jusqu’au 31 décembre 2022. Une disposition importante en particulier pour le recrutement de doctorants, qui menaçait de se tarir dès la fin 2016 puisqu’une thèse dure trois ans. Mais, surtout, différents dispositifs devraient désormais permettre de prolonger le financement des Labex qui auront réussi au-delà de 2019 et donc de maintenir la dynamique engagée. n

* Investissements d’avenir - Laboratoires d’excellence, synthèse du suivi 2011-2016, ANR, décembre 2017.

** Source : Laboratoires d’excellence - Synthèse des rapports des 15 sous-jurys du point d’étape de juin 2015, ANR, octobre 2015