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46 : Labex MS2T, une dynamique d’excellence à pérenniser

L’UTC porte l’un des 171 Labex issus du programme d’investissements d’avenir lancé en 2010. Têtes de pont de l’excellence scientifique française et de son rayonnement international, ces structures jouent un rôle croissant en matière de recherche, formation et valorisation. Zoom sur leurs enjeux et leurs principales retombées.

46 : Labex MS2T, une dynamique d’excellence à pérenniser

Former à et par la recherche : l’autre grand enjeu de MS2T

Le Labex MS2T s’est particulièrement investi dans le domaine de la formation en créant un master en lien direct avec ses recherches. Désormais, l’UTC ambitionne d’ouvrir une École universitaire de recherche sur les systèmes de systèmes.

Comme tous les Laboratoires d’excellence, MS2T forme des doctorants. Depuis sa création, il a financé vingt-huit thèses, souvent codirigées par des chercheurs de deux disciplines différentes et, de plus en plus, suivies, voire coencadrées, par un universitaire étranger, afin de favoriser l’ouverture interculturelle des doctorants. Plus inédit : dès 2012, l’UTC a créé un master adossé au Labex, désormais intitulé master Ingénierie des systèmes complexes (ISC).

À l’instar des équipes de MS2T, ce cursus est pluridisciplinaire. Il accueille des étudiants de différentes filières (informatique, mécanique, biologie…), auxquels il propose un tronc commun d’enseignements et cinq parcours de spécialisation en lien direct avec les recherches du Labex : « apprentissage et optimisation des systèmes complexes », « automatique, robotique et systèmes intelligents », « biomécanique et bio-ingénierie », « systèmes mécatroniques » et « systèmes et structures mécaniques complexes ».

« L’UTC ne délivrant pas de licence, les étudiants de première année viennent d’autres universités et ne sont que quinze à vingt par an, explique Dritan Nace, responsable du master ISC. En revanche, en deuxième année (M2) ils sont entre cinquante et soixante, car les élèves ingénieurs en fin de cursus peuvent intégrer directement le M2, tout comme les étudiants déjà titulaires d’un autre master, qui représentent la plupart des candidatures externes reçues pour cette formation. Et notre objectif est d’augmenter encore le nombre d’élèves ingénieurs inscrits en M2. »

 Chaque année, le Labex finance une dizaine de bourses d’excellence et de stages dans un de ses laboratoires pour des étudiants du master ISC. « L’enjeu, en lançant ce cursus, était d’attirer les meilleurs étudiants et, surtout, des étudiants intéressés par la recherche, rappelle Philippe Bonnifait, directeur d’Heudiasyc et ancien responsable du master. Et c’est bien le cas : aujourd’hui, environ la moitié des diplômés d’une promotion s’orientent vers un doctorat. »

Autre spécificité de ce diplôme : son ouverture à l’international. Les étudiants de l’université libanaise peuvent suivre certains des parcours proposés : les cours sont accessibles en visioconférence ou délivrés sur place par des enseignants de l’UTC. En outre, depuis 2016, l’UTC et l’université de Gênes, en Italie, organisent un master européen, European Master Engineering for Complex and Interacting Systems (Emecis), réunissant des étudiants du master ISC et de son équivalent génois (lire l’encadré).

 Prochain objectif

Forte de ces réalisations, l’UTC ambitionne aujourd’hui d’accéder à un nouveau dispositif du programme d'investissements d’avenir, conçu pour renforcer le rayonnement des universités françaises : les écoles universitaires de recherche (EUR). Inspirées du modèle internationalement reconnu des Graduate Schools, les EUR doivent lier étroitement enseignement et recherche en proposant des formations de master et de doctorat adossées à un ou plusieurs laboratoires de haut niveau, avoir une forte dimension internationale et, dans la mesure du possible, des liens étroits avec les acteurs économiques.

« Avec le Labex et sa recherche technologique, l’UTC a dans ses gènes de quoi créer une EUR sur les systèmes de systèmes, qui intégrerait non seulement les étudiants du master ISC, mais aussi une forte part de nos élèves ingénieurs, souligne Philippe Bonnifait. Car l’approche système concerne très largement les disciplines de notre université. »

 En 2017, l’Agence nationale de la recherche a lancé un appel à projets pour labelliser de premières EUR. L’UTC y a répondu en proposant un parcours d’excellence articulé autour des quatre axes scientifiques de MS2T, ouvert à l’international, et commun aux étudiants du master et aux élèves ingénieurs de trois de ses cinq branches : génie informatique, génie biologique et ingénierie mécanique. « Sur les 195 candidatures en lice lors de cette consultation, seuls les 25 projets évalués A + ont été labellisés, explique Ali Charara, directeur du Labex. Le nôtre n’a pas été retenu, mais a été évalué A, ce qui est très encourageant, et il est le seul dans ce cas dans la région Hauts-de-France. Nous allons donc le retravailler pour le prochain appel à projets. Philippe Courtier, directeur de l’UTC, et le comité de direction ont exprimé un fort soutien à ce projet d’établissement. »

L’enjeu est d’autant plus important que, pour mieux armer ses étudiants ingénieurs face au besoin croissant d’innovation dans les entreprises, l’UTC souhaite les sensibiliser davantage à la recherche et augmenter le nombre de ceux qui poursuivent en thèse dans ses laboratoires ou à l’extérieur. En outre, pour développer ses recherches, elle entend étoffer son vivier de doctorants. Le label d’école universitaire de recherche et les financements qui vont de pair contribueraient à atteindre ces objectifs.