Dossier

44 : Industrie du futur : l’UTC aux côtés des entreprises

La transformation numérique de l’industrie constitue un défi sociétal majeur. Pour l’UTC, qui accompagne un nombre croissant d’entreprises dans cette mutation, il s’agit d’un champ d’investigation de plus en plus stratégique. Zoom sur ses principaux axes de travail et les spécificités de son approche de l’industrie du futur.

44 : Industrie du futur : l’UTC aux côtés des entreprises

Entre le déploiement massif du numérique dans l’ingénierie, la production, mais aussi dans les produits eux-mêmes avec l’Internet des objets, et l’arrivée de technologies de rupture comme la fabrication additive (l’impression 3D), c’est une véritable révolution industrielle qui se profile.

A la clé, une industrie plus connectée, plus compétitive, plus agile, capable d’innover plus vite, de produire mieux et à moindre coût – y compris de très petites séries, voire du sur-mesure –, plus économe en matières premières, en énergie…

Autant d’enjeux décisifs pour les entreprises et, plus largement, pour les pays développés. Industrie du futur en France, Industrie 4.0 en Allemagne, Smart Manufacturing aux États-Unis, Made in China 2025 en Chine… Beaucoup se sont ainsi dotés d’une stratégie nationale pour accélérer cette mutation, dont la finalité dépend des réalités locales. En France, par exemple, il s’agit d’engager le renouveau industriel du territoire et d’enrayer les délocalisations, tandis qu’outre-Rhin, l’Industrie 4.0 vise à préserver le leadership des entreprises allemandes (lire page 15).

Stratégique, ces enjeux le sont également pour l’UTC. Ses chercheurs travaillent en particulier sur deux piliers de cette industrie de demain, dont les données seront un actif clé. D’une part, la continuité des flux d’information dans l’ingénierie et la production (lire page 7). De l’autre, le traitement des données collectées grâce aux technologies d'intelligence artificielle, afin de les transformer en connaissances permettant d’optimiser la conception des produits et des procédés de fabrication (lire page 10), la qualité de la production (lire page 11) et la maintenance prédictive de l’outil industriel (lire page 12). Mais ils ont également lancé des recherches sur les alliages métalliques pour la fabrication additive (lire page 14).

L’atout de la pluridisciplinarité

« Ce qui fait notre originalité sur ces sujets, c’est d’abord notre approche systémique, souligne Benoît Eynard, chercheur au laboratoire Roberval. L’UTC se positionne moins comme développeur de technologies spécifiques (de robotisation, de traitement des données…) que comme intégrateur : comment faire coexister les différentes briques à mettre en œuvre dans le système industriel du futur ? Face aux problématiques complexes que soulève cette question, elle a l’avantage d’être pluridisciplinaire, ce qui lui permet d’avoir une démarche holistique. » Elle peut en effet mobiliser ses compétences en génie mécanique, en génie des procédés, en sciences et technologies de l’information et de la communication, mais aussi en sciences humaines et sociales (lire ci-dessous). Et, grâce à cette dimension pluriculturelle, aborder l’industrie du futur en intégrant à la fois ses aspects technologiques et sociaux, en pensant les systèmes

« avec l’humain » et non « malgré l’humain ».

« Nous partageons totalement la vision française de l’industrie du futur, qui n’est pas celle d’une usine entièrement robotisée, explique Jérôme Favergeon, directeur du laboratoire Roberval. Il s’agit certes d’automatiser toutes les tâches répétitives, mais les hommes resteront au cœur du processus pour toutes les tâches à valeur ajoutée. C’est pourquoi une équipe du laboratoire travaille avant tout sur des méthodologies et des outils d’aide à la décision destinés à leur faciliter la tâche.»

Enfin, la spécificité de l’UTC, c’est de mener ses recherches sur l’industrie du futur en partenariat avec de grands groupes et des PME, ce qui lui permet de proposer des solutions plus pertinentes et de les porter à un niveau de maturité plus élevé qu’elle ne pourrait le faire seule. Pour mieux cultiver cette approche très fertile, elle projette d’ailleurs de créer un open lab : un laboratoire associant ses forces et celles d’industriels, dans une logique d’innovation ouverte et collaborative.