Dossier

44 : Industrie du futur : l’UTC aux côtés des entreprises

La transformation numérique de l’industrie constitue un défi sociétal majeur. Pour l’UTC, qui accompagne un nombre croissant d’entreprises dans cette mutation, il s’agit d’un champ d’investigation de plus en plus stratégique. Zoom sur ses principaux axes de travail et les spécificités de son approche de l’industrie du futur.

44 : Industrie du futur : l’UTC aux côtés des entreprises

Cap sur une maintenance toujours plus prédictive

Le futur de l’industrie, c’est aussi le développement de la maintenance prédictive des lignes de production. Le laboratoire Roberval travaille sur une méthodologie innovante pour mieux détecter les signaux avant-coureurs des risques de défaillances des machines.

Aujourd’hui, pour éviter autant que possible les défaillances de leur outil industriel et les coûteux arrêts de production non planifiés, les entreprises pratiquent une maintenance préventive, qui peut être systématique, à des moments prédéfinis, ou conditionnelle. Dans ce dernier cas, les actions de maintenance sont généralement déclenchées en fonction d’indicateurs tels que le dépassement d’un seuil d’usure.

Mais pour mieux anticiper les risques de défaillance et limiter les opérations de maintenance au juste nécessaire, l’idéal est de collecter en continu des données sur l’état du système à maintenir afin d’établir une projection de son évolution dans le futur. C’est le principe de la maintenance prédictive : prévoir à quelle échéance une défaillance peut survenir.

Faire le lien entre produit, process et maintenance

Plus complexe à mettre en œuvre, cette démarche proactive demeure rare dans l’industrie. Mais la multiplication des données récoltées sur les lignes de production et les techniques d’analyse automatique des données devraient lui donner un coup d’accélérateur. Fort de ce constat, le laboratoire Roberval a engagé des recherches sur une méthodologie originale ouvrant la voie à des prévisions encore plus fines et fiables. « Aujourd’hui, dans les usines, la politique de maintenance des machines est déconnectée du pilotage du process et de la qualité du produit, explique Zohra Cherfi, chercheuse à Roberval. Or la maintenance de la ligne de production détermine la qualité du process et donc, en partie, celle du produit. Nous n’en sommes encore qu’au début, mais notre objectif est d’identifier les signaux qui, dans le comportement du process et la qualité du produit, peuvent alerter sur les risques de défaillance des machines. Autrement dit, de capter l’information sur le produit et le process et d’en faire un outil décisionnel pour optimiser la politique de maintenance. »

« C’est une approche nouvelle, souligne Amélie Ponchet-Durupt, également chercheuse à Roberval. La problématique du lien entre process, produit et maintenance est certes très présente dans la littérature scientifique, mais avant tout dans un contexte de maintenance systématique, et non pour établir des règles de décision exploitant ces trois paramètres afin de prendre la bonne décision de maintenance au bon moment, et de façon relativement automatique. »

Roberval va engager deux projets de recherche avec des industriels sur cette thématique novatrice.