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Une nouvelle chaire pour les transports de demain

Une nouvelle chaire "Mobilité intelligente et dynamiques territoriales" a été créée au sein du département Génie des systèmes urbains (GSU) depuis novembre. Spécialiste internationalement reconnue du sujet, Cristina Pronello professeure à l'Ecole polytechnique de Turin nous présente les ambitions scientifiques de cette structure de recherche lancée par la région Hauts-de-France et le fonds européen FEDER.

Une nouvelle chaire pour les transports de demain

Comment avez-vous été amenée à devenir chercheuse à l'UTC de Compiègne ?

Une annonce a été publiée à l'échelle européenne. Je ne connaissais pas du tout la région. J'ai décidé de répondre car ce sujet était au coeur de mes compétences, j'aime les nouveaux défis. Le territoire sur lequel je vais travailler est beaucoup plus rural que ceux concernés par mes précédentes recherches. La densité de population est moindre et la voiture y occupe une place plus importante. Rendre plus efficace l'offre de transports en commun y est plus difficile que dans les grandes villes. C'est un challenge intéressant. Je vais régulièrement sur le terrain pour m'imprégner de mon nouvel environnement et prendre contact avec les élus et habitants.

Pouvez-vous nous rappeler les derniers projets de recherche auxquels vous avez participé ?

Dans ma ville d'origine Turin, j'ai contribué à la conception d'une application pour mieux comprendre les déplacements et les attentes des habitants sur les axes situés entre notre agglomération et la ville voisine de Milan. L'enjeu est important puisque cette étude détaillée pourra être utilisée pour déterminer les financements publics et penser la réorganisation des lignes de transport situées sur une zone comportant 350 communes. J'ai également participé au projet Opticities de l'Union européenne sur six grandes villes, dont Lyon et Turin, visant à mettre en place une application permettant de planifier ses déplacements quel que soit le mode de transport choisi. Ce navigateur multimodal calcule en temps réel des itinéraires en fonction de ses préférences, de l'état du trafic. A côté de mon travail scientifique, je suis également présidente de l'Association organisatrice des transports du Piémont.

Quels sont les principaux axes de recherche de votre chaire à l'UTC ?

Cette chaire a été lancée pour faire progresser les transports dans le département en proposant une étude à plusieurs échelles sur les comportements, les réseaux et les liaisons intermodales. Notre objectif est de fournir une aide à la décision pour proposer des services plus adaptés aux besoins locaux. Pour cela, nous allons d'abord analyser les habitudes de déplacements et les attitudes par rapport au développement durable sur les trois agglomérations de Beauvais, Compiègne et Creil. Il s'agit de cerner précisément les besoins et les profils des usagers.

Quelle méthodologie allez-vous adopter ?

Je vais procéder en deux étapes : tout d'abord, adresser un questionnaire à un panel représentatif de 100 personnes de chacune de ces communes et ensuite proposer une participation citoyenne plus large via une application disponible sur Smartphone. Le but est de pouvoir suivre en détail pendant 3 ans tous les déplacements de 300 personnes dans les 3 villes. Des millions de données vont ainsi être collectées. Faire connaître mon initiative à la population via la presse et les collectivités territoriales est donc très important. Il faut faire comprendre aux gens que leurs réponses contribuent à améliorer leur quotidien. J'ai déjà testé avec succès cette méthode dans mes précédents programmes de recherche. Je compte également l'expérimenter cette année en Birmanie pour pouvoir comparer les manières de se déplacer dans une autre culture.