Dossier

42 : UTseuS, le campus des UT à Shanghai, 12 ans déjà !

C’est le poids lourd de l’économie mondiale et, de plus en plus, un des fers de lance de l’innovation technologique. La Chine est un pays stratégique pour les Universités de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM), Compiègne (UTC) et Troyes (UTT), qui, dès 2005, se sont associées avec l’Université de Shanghai pour fonder l’Université de Technologie sino-européenne de Shanghai (UTseuS). Portrait d’une coopération pionnière, qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

42 : UTseuS, le campus des UT à Shanghai, 12 ans déjà !

Un hackathon en guise d’examen

Pour former les étudiants du programme de mobilité Ingénieur international à l’innovation, l’UTseuS… innove.


Le laboratoire ComplexCity est un poste d’observation privilégié des nouveaux processus d’innovation, d’autant mieux qu’il dispose désormais de locaux dans un makerspace de Shanghai et qu’il participe à l’organisation de hackathons. En décembre 2016, c’est justement ce format qu’ont choisi Fabien Pfaender, de ComplexCity, et Philippe Xu, enseignant-chercheur au laboratoire Heudiasyc de l’UTC, pour l’examen de l’UV Data sciences du DU Ingénieur international : un hackathon d’une trentaine d’heures autour des données sur la ville collectées par ComplexCity.

Après avoir brièvement exposé aux étudiants les données disponibles, les enseignants leur ont donné six heures pour en tirer des idées d’applications innovantes. Ensuite, chaque étudiant a fait un pitch de présentation de sa proposition. Trois applications exploitant des données de médias sociaux (un site de notation des restaurants, un équivalent de Twitter…) ont été retenues : l’une pour aider les entrepreneurs à identifier les meilleurs endroits pour ouvrir un restaurant à Shanghai et les critères déterminants dans la satisfaction des clients ; l’autre pour proposer des itinéraires de transport différents aux habitants selon leur profil (amateur de shopping, d’art) ; la troisième pour mettre en relation des personnes cherchant les meilleurs endroits pour pratiquer un sport.

Les étudiants se sont répartis en trois groupes portant chacun une idée. Chaque groupe a dû démontrer la faisabilité commerciale de son application, puis réaliser une preuve de concept : analyser les données brutes, en tirer des informations utiles pour l’application… et proposer un premier prototype. « Aucun d’eux ne venait de la branche Génie informatique et n’était donc habitué à programmer, souligne Philippe Xu. Mais nous leur avions donné les bases nécessaires dans le cadre de l’UV et nous les avons épaulés pendant l’examen. Et, surtout, ils étaient très motivés. Chaque groupe est parvenu à démontrer au moins un résultat pertinent à la fin du hackathon, ce qui était l’objectif fixé. Les étudiants ont pu mesurer que les data sciences sont accessibles, que le plus important est d’avoir de l’imagination sur les applications possibles. Et c’est précisément un domaine où ces jeunes qui ont grandi avec des outils informatiques excellent.»