Dossier

42 : UTseuS, le campus des UT à Shanghai, 12 ans déjà !

C’est le poids lourd de l’économie mondiale et, de plus en plus, un des fers de lance de l’innovation technologique. La Chine est un pays stratégique pour les Universités de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM), Compiègne (UTC) et Troyes (UTT), qui, dès 2005, se sont associées avec l’Université de Shanghai pour fonder l’Université de Technologie sino-européenne de Shanghai (UTseuS). Portrait d’une coopération pionnière, qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

42 : UTseuS, le campus des UT à Shanghai, 12 ans déjà !

Mixité culturelle et travail par projet

L’innovation pédagogique est une des lignes de forces de l’UTseuS. Zoom sur deux initiatives destinées à renforcer les dimensions internationale et pratique d’UV des programmes de premier cycle et de master.

Les étudiants français de deuxième année participant au programme "Sciences et humanités" en Chine ont cours avec des étudiants chinois de troisième année. Une démarche inédite, adoptée dès la création de ce semestre d’échanges. Elle permet de mieux faire découvrir la culture chinoise aux jeunes Français et de mieux préparer leurs condisciples chinois à une mobilité en France. 

Des groupes de travail franco-chinois

Mais en 2016, l’UTseuS a franchi un pas de plus dans la mixité. L’UV Management de projet - Approfondissement a fait peau neuve. Pendant dix semaines, les étudiants ont planché sur un projet d’innovation. Objectif : imaginer des produits ou services nouveaux pour l’agriculture grâce à des drones, puis réaliser une vidéo de présentation de leur innovation et de sa faisabilité technique, commerciale et financière. Pour cela, ils ont travaillé en groupes associant chacun des Français et des Chinois. Une première.
« L’objectif est de les amener à manager un projet dans un environnement multiculturel, d’où l’intérêt de mettre en place des groupes mixtes, explique Jean-Pierre Caliste, professeur émérite de l’UTC et responsable de l’UV. Bien qu’ayant suivi une formation similaire, les étudiants français et chinois réagissent différemment. Les Français sont plus autonomes, organisent leur travail eux-mêmes, alors que les Chinois attendent davantage du professeur. Mais l’expérience a été profitable pour tous les étudiants. La mixité a facilité leurs échanges, ils se sont entraidés, surtout en langue, et ont beaucoup appris en management d’équipe. »

De la simulation au projet réel en entreprise

Autre innovation, cette fois au niveau master. En 2016, après un premier test en 2015, l’UTseuS a déployé une nouvelle UV pour les étudiants français et internationaux du DU Ingénieur International : Management qualité et excellence opérationnelle. Elle comporte une partie théorique très réduite, suivie de mises en situation de type serious game : les étudiants se voient proposer des scénarii dans lesquels il est pratiquement impossible de parvenir au bon produit et au bon process et doivent déterminer comment gagner en qualité, en temps, etc. Mais, surtout, dans un troisième temps, ils sont confrontés à un cas réel : « Une entreprise partenaire leur ouvre ses portes pour qu’ils réalisent une sorte d’audit de ses produits et de ses process et proposent des améliorations, explique Jean-Pierre Caliste. Pour étudier les voies de progrès, ils travaillent en groupes chargés chacun d’un ou plusieurs sujets. Mais leurs propositions doivent être cohérentes et répondre à une stratégie globale. »

En 2016, le partenaire était Mankati, une entreprise chinoise qui conçoit et fabrique des imprimantes 3D vendues dans le monde entier. Et l’expérience s’est révélée concluante… à tel point que le directeur de la société a mis en œuvre les recommandations des étudiants plus vite que prévu ! En 2017, l’UV se déroulera avec un nouveau partenaire.


Une aide pour se préparer à une mobilité en France

Haozhou Zhang est une des jeunes Chinoises qui a suivi l’UV Management de projet - Approfondissement l’an dernier et expérimenté le travail en groupes mixtes. « Dans mon groupe, nous étions deux Chinois et quatre Français et nous avons proposé une application permettant aux paysans de voir à distance ce qu’il y a à faire dans leurs champs grâce à des drones prenant des photos.
Les Français étaient très forts pour trouver des informations sur Internet, mais aussi en planification de projet : ils faisaient des notes précises sur les tâches à faire. En travaillant avec eux, j’ai découvert de nouvelles méthodes et, surtout, j’ai progressé en français. Ça m’a aidée à m’adapter plus facilement en arrivant à Compiègne et à être moins timide quand il faut travailler en binôme avec un Français, ce qui est souvent le cas ici. » Depuis la rentrée 2016, Haozhou a en effet intégré la branche Génie informatique de l’UTC. « J’avais choisi l’UTseuS parce qu’il s’agissait d’un cursus offrant la possibilité d’une mobilité dans une UT, que la formation des UT est très reconnue en France et qu’elle accorde beaucoup de place à la théorie, mais aussi à la pratique.
Nous avons deux stages de six mois en entreprise, pendant lesquels nous n’avons aucun cours, ce qui, en Chine, n’est pas courant. A mes yeux, comme à ceux de mes parents, cette dimension pratique est un atout très important pour mon avenir professionnel. »