Dossier

42 : UTseuS, le campus des UT à Shanghai, 12 ans déjà !

C’est le poids lourd de l’économie mondiale et, de plus en plus, un des fers de lance de l’innovation technologique. La Chine est un pays stratégique pour les Universités de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM), Compiègne (UTC) et Troyes (UTT), qui, dès 2005, se sont associées avec l’Université de Shanghai pour fonder l’Université de Technologie sino-européenne de Shanghai (UTseuS). Portrait d’une coopération pionnière, qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

42 : UTseuS, le campus des UT à Shanghai, 12 ans déjà !

Des vélos au service de la ville intelligente

Les recherches de ComplexCity sur la captation de données peuvent donner lieu à des projets concrets d’innovation impliquant un partenaire industriel et des étudiants de l’UTseuS. Exemple…

100 000 vélos en libre-service déployés dans Shanghai entre avril et fin 2016, cinq fois plus que de Vélib’ à Paris… C’est la Chine! Et, surtout, la performance d’une jeune société chinoise, Mobike. Son concept ? Des vélos connectés et équipés d’un GPS, ce qui évite d’avoir à créer un réseau de bornes de stationnement et facilite la vie des usagers. Il suffit en effet d’un smartphone pour localiser le deux-roues le plus proche, le déverrouiller et payer sa location. Et, à l’arrivée, il est possible de laisser le vélo n’importe où.

Équiper la flotte de capteurs de pollution ?

Pour ComplexCity, ce parc de vélos sillonnant en permanence Shanghai pourrait aussi rendre un autre service: embarquer des capteurs mesurant la concentration de PM 2.5 (les particules de moins de 2,5 micromètres de diamètre), voire le niveau de bruit ou la pollution lumineuse dans les rues.
« L’an dernier, nous avons conçu un algorithme capable de prédire si une rue est calme ou non, explique Fabien Pfaender, enseignant-chercheur à ComplexCity. Nous avons analysé le profil des zones signalées comme calmes par les photos publiées sur Flickr et les messages Twitter : sont-elles bordées d’arbres, quels types de restaurants s’y trouvent ? etc. Puis, nous avons appris à l’algorithme ce qu’est une rue calme et créé une application permettant de choisir l’itinéraire le plus tranquille pour marcher d’un point A à un point B. Ensuite, nous avons voulu l’enrichir avec des données physiques sur la pollution. Mais Shanghai ne compte que quelques stations de mesures environnementales. D’où l’idée de développer un prototype de capteur simple et peu coûteux pour les vélos Mobike. Ses mesures sur le niveau de PM 2.5 seraient certes beaucoup moins précises que celles d’une station sophistiquée, mais la ville de Shanghai auarait des données à la rue près. Nous pourrions donc, avec eux dans le laboratoire commun, concevoir une application indiquant les rues les moins polluées pour marcher. »

Quatre étudiants creusent l’idée

Un projet auquel Mobike a très vite accepté de prendre part. En septembre 2016, quatre étudiants du DU "Langue, culture et innovation pour l’entrepreneuriat" de l’UTseuS ont entamé une étude de faisabilité. « Pour l’instant, le projet débute seulement, souligne Florian Bohnert, directeur du développement international de Mobike.
Les étudiants ont rencontré des collaborateurs et le directeur technique de Mobike, qui leur ont transmis toutes les informations nécessaires, et un tuteur a été nommé pour les encadrer. Si l’étude de faisabilité en cours est concluante, il s’agira d’entrer dans le concret, en testant le modèle grandeur nature sur quelques vélos. Ce sera un partenariat dans la durée, qui pourra impliquer d’autres étudiants. Pour nous, c’est un projet très intéressant. Nous avons beaucoup de données sur nos vélos : sont-ils réservés, où se trouvent-ils, etc. ? Les croiser avec des mesures environnementales peut par exemple permettre de proposer des cartes en temps réel du niveau de pollution selon les rues. Aujourd’hui, ce n’est pas notre business, notre valeur ajoutée repose sur notre service de mobilité. Mais, dans le futur, c’est dans l’Internet des objets que nous voyons le plus fort potentiel de valeur ajoutée. Si notre parc de vélos connectés fournit plus de données, nous pourrons développer des projets plus précis avec la ville de Shanghai. »