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Nouveaux débouchés pour l'huile de colza

Le 2 mai dernier, le professeur Christophe Len du Département Génie des Procédés de l’UTC s'est vu décerner le Glycerine Innovation Award pour ses travaux pendant plus de 10 ans sur le glycerol. Ce prix remis à Orlando (USA) durant la conférence annuelle de l'American Oil Chemists' Society marque la reconnaissance d'une carrière consacrée à la valorisation d'un coproduit des esters méthyliques, l'additif utilisé dans le biodiesel.

Nouveaux débouchés pour l'huile de colza

Le biodiesel commercialisé en Europe est composé de 7 à 12 % d'esters méthyliques fabriqués à partir d'huile de colza et de tournesol. Pour 10 tonnes d'additifs produits, 1,2 tonne d'un coproduit appelé glycérol brut est également généré. Ce résidu inutilisable sous cette forme était jusqu'à présent brûlé. Pourtant en le raffinant à haute température et en lui faisant subir des transformations chimiques, on peut employer cette substance dans de nombreuses applications industrielles, pharmaceutiques et agricoles. Depuis 2008, Christophe Len étudie à l'UTC les procédés pour transformer ce déchet de production en molécules à haute valeur ajoutée. Avec son équipe de doctorants et post-doctorants, il a découvert de nombreuses pistes pour en faire une base incontournable de la chimie verte. « Nous avons d'abord réussi à synthétiser du glycérol carbonate, synthon biodégradable intéressant pour la production de pesticides biosourcés actifs contre les nuisibles de la vigne. Diverses réactions ont ensuite été mises au point pour créer des dérivés de l’acide acrylique utilisables par l'industrie des plastiques et par l’industrie pharmaceutique pour produire des dérivés de la quinine utilisés pour lutter contre le paludisme ainsi que comme colorants alimentaires » résume ce spécialiste de la chimie organique.

Vers une nouvelle industrie chimique ?

Ses recherches ont également permis d'industrialiser des procédés employés auparavant uniquement à l'échelle de laboratoires. « Au départ, nous procédions avec des réactions de type batchs, aujourd'hui nous avons développé un système en flux continu pour produire industriellement de la quinoléine dans des conditions de productivité et de sécurité maximales ». Les solutions développées sont prometteuses, reste à convaincre les acteurs de la pétrochimie de l'intérêt économique de se lancer dans ces bioraffineries. Le cours des produits pétroliers mais aussi les politiques européennes au sujet des biocarburants détermineront pour une large part le déploiement ou non de ces technologies à grande échelle.