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Médaille de cristal pour une chercheuse du GEC

Jeanne-Bernadette Tse Sum Bui du laboratoire Génie enzymatique et cellulaire (GEC) travaille depuis onze ans sur les polymères à empreinte moléculaire (en anglais MIP : Molecularly Imprinted Polymer) à l'UTC. L'excellence et le caractère innovant de son travail viennent d'être récompensés par une médaille de cristal du CNRS, une première pour l'UTC.

Médaille de cristal pour une chercheuse du GEC

Créé en 2001, ce concours permet de distinguer au niveau national des parcours d'ingénieurs de recherche, techniciens et personnels administratifs pour la qualité et l'originalité de leurs travaux trop souvent méconnus par rapport à celui des chercheurs. Le dossier est présenté par le responsable hiérarchique du candidat à l'aide notamment des deux derniers rapports annuels témoignant de la qualité des résultats scientifiques obtenus. Pour Jeanne-Bernadette, c'est le directeur du GEC lui-même Karsten Haupt, un spécialiste mondialement reconnu des polymères biomimétiques, qui a souhaité la faire participer à ce concours national.

« Ma carrière a évolué progressivement, au départ j'étais seulement à la paillasse pour des manipulations, maintenant je dirige aussi des doctorants et je signe comme auteure correspondante dans des publications scientifiques, cette médaille représente une véritable reconnaissance » résume cette spécialiste d'un domaine aux applications industrielles nombreuses. Etudiant depuis 2006 cette technologie de pointe, Jeanne-Bernadette Tse Sum Bui a eu l'occasion de s'investir dans des collaborations variées.

« J'ai débuté dans le cadre d'un programme de recherche avec une société canadienne souhaitant élaborer des tests antidopage pour mieux détecter la testostérone dans les urines, j'ai développé des MIPs pour repérer certains biomarqueurs de cancers et maintenant je travaille avec plusieurs grands groupes sur des applications au niveau des odeurs » explique l'ingénieur de recherche qui apprécie aussi de transmettre son savoir-faire aux étudiants.

L'UTC parmi les leaders mondiaux

Cette passionnée partage son emploi du temps très chargé entre manipulations, pédagogie et écriture d'articles pour les revues scientifiques avec la même énergie. « Notre secteur est très concurrentiel, si nous ne faisons pas suffisamment de manipulations nous n'avons pas de résultats et si nous tardons à les publier, d'autres vont le faire avant nous...» note la jeune femme qui n'hésite pas à sacrifier certains week-ends à la rédaction. Ses projets de recherche d'une durée généralement comprise entre 6 mois et 3 ans sont menés dans le cadre de partenariats avec des industriels ou l'Union européenne. Il peut s'agir d'études de faisabilité sur quelques mois ou bien de recherches poussées à plus long terme pour élaborer une solution commercialisable. Sa récente participation à un projet avec L'Oréal a eu un retentissement international important.

Il s'agit d'introduire dans un déodorant des MIPs capturant les molécules responsables des mauvaises odeurs. Après quelques années de recherche, des études sont maintenant menées sur ces matériaux en vue d'une possible industrialisation. Classée parmi les leaders français et mondiaux des polymères à empreinte moléculaire, l'UTC se maintient dans la course à l'innovation grâce à la qualité de ses équipes.