J’ai conçu un carton réutilisable

Fraîchement diplômée de l’UTC, Romane Jager a réalisé un projet ambitieux pendant son stage de fin d’études : fabriquer un carton réutilisable. Témoignage.

J’ai conçu un carton réutilisable

Son voyage à travers toute l’Amérique latine était déjà parfaitement planifié. Il faut dire qu’à 24 ans Romane Jager est une reine de l’organisation. Six mois de césure pour découvrir le désert de sel de Bolivie, explorer les grandes plages du Brésil puis parcourir les plaines d’Argentine. Tous les détails logistiques étaient réglés. Logement chez des amis pour certaines destinations, travail en woofing ou dans des écovillages pour d’autres villes. Ne restait plus qu’à réserver les billets d’avion.

Mais à la dernière minute, le jour même où elle surfait entre les différents sites de réservation, la jeune femme tombe sur une annonce de stage. L’intitulé ? « Design d’une nouvelle gamme de contenants pour le vrac chez Vrac’n Roll ». « Le sujet de stage m’a immédiatement interpellée, détaille la jeune femme. J’avais planifié de faire une césure de six mois en Amérique du Sud avant mon stage de fin d’études, mais je continuais quand même de regarder les offres qui étaient proposées pour ne pas passer à côté d’une pépite. » Et cette annonce a tout pour plaire à la jeune étudiante. D’abord pour le contenu du stage en luimême. Le design de produit, c’est la grande spécialité de Romane : « J’ai eu un véritable coup de foudre pour cette discipline pendant ma 3e année à l’UTC, détaille-t-elle. À l’origine je voulais me spécialiser en biologie, puis en biomécanique et finalement un cours de design m’a donné envie de me lancer à fond là-dedans. »

Mais au-delà des missions, c’est le cadre du stage en lui-même qui lui plaît. Vrac’n Roll, c’est une petite start-up spécialisée dans la livraison de produits bio partout en France. Fondée en 2016 par Sarah Benosman (une ancienne de l’UTC) l’entreprise emploie alors quatre personnes. « Le courant est immédiatement passé avec Sarah et les équipes, poursuit Romane. Alors en février 2019 j’ai commencé mon stage de fin d’études. » Et ses missions évoluent rapidement. « Quand je suis arrivée, on m’a immédiatement annoncé que mon sujet avait changé. On m’avait indiqué que je devais travailler sur la fabrication de contenants pour des denrées alimentaires en vrac, mais finalement ils avaient déjà trouvé ce qu’il fallait. Du coup on m’a mis sur un projet de création d’un colis innovant. »

La problématique de Romane est des plus complexes : comment envoyer des produits dans toute la France sans générer des milliers de tonnes de déchets carton chaque année ? Alors, pendant plusieurs semaines, elle tente de résoudre cette équation difficile. Avec sa tutrice Sarah, elle mène un travail de fond, va à la rencontre des équipes pour réaliser un produit qui convienne à la fois aux préparateurs de commandes qui le rempliront, aux logisticiens qui le déplaceront et aux clients finaux qui le recevront.

Après plusieurs mois de travail, elle met au point et fait breveter le vrac’n colis : un carton consigné et réutilisable au minimum cinquante fois. « Le plus compliqué a été de trouver des matériaux suffisamment solides pour que le colis puisse être réalisé, détaille Romane. On a effectué pas mal de prototypages avec nos fournisseurs pour trouver le colis parfait. » Portrait-robot de ce petit vrac’n colis : une caisse refermée par une sangle et qui contient deux sacs en tissu.

Aujourd’hui, le colis conçu en partie par Romane circule partout en France pour transporter des produits en vrac. Une fierté pour la jeune femme, mais un projet qui a surtout débouché sur un CDI au sein de la même entreprise. « Depuis septembre, je suis cheffe de projet innovation et logistique, confie-t-elle en souriant. Je m’occupe aussi bien du développement de nouveaux produits que de l’amélioration des différents process de production. » Un job en or pour la désormais diplômée de l’UTC qui voulait donner du sens à son quotidien professionnel. « J’avais besoin d’une entreprise qui partage les mêmes valeurs que moi : développement durable et écologie. Avant d’intégrer Vrac’n Roll j’étais déjà adepte du vrac et du bio. Aujourd’hui il y a une cohérence entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle ; j’en suis fière. »