Être une start-up en 2020

L’année 2020, marquée par l’épidémie de Covid-19, a été difficile pour de nombreuses entreprises françaises, et notamment pour les start-up. Comment ont-elles vécu le confinement, se sont-elles adaptées et envisagent-elles l’avenir ? Le point avec 4 UTCéens entrepreneurs.

Être une start-up en 2020

Qu’a entraîné le confinement sur le développement de votre start-up ?

LG : Au début du confinement, nous avons beaucoup plus utilisé la voie écrite pour communiquer. Des prises de décision se sont aussi faites à l’écrit, ce qui a créé des incompréhensions et a pu faire naître certaines tensions au sein de l’équipe.
CB : Nous avons généralisé le télétravail pour tous nos salariés en fournissant à chacun, et dans l’urgence, les équipements nécessaires à des conditions de travail convenables. Malheureusement, au vu des délais, ce n’était pas optimal pour tout le monde.
PH : Avec mon associé, nous avons décidé de mobiliser notre équipe et de nous concentrer sur notre projet interne Medicamentum, le 1er INCI beauty* du médicament, car l’activité de conseil et de développement d’applications mobile et web de Beyowi a été très affecté par le confinement.

Comment vous êtes-vous adaptés ? Est-ce que vous avez durablement changé votre façon de travailler ?

SC : Nous avons stoppé l’assemblage de notre 3e prototype et débuté la conception du 4e afin de proposer un système plus abouti une fois la crise sanitaire passée. Au sein de l’équipe, nous travaillions depuis déjà deux ans à distance entre l’Allemagne et la France, donc ce sont plutôt les rapports avec l’extérieur qui ont été impactés, car il est plus simple de proposer une visioconférence.
CB : Nous avons organisé des points réguliers, et avons contacté individuellement chacun pour prendre des nouvelles. Nous avons fait attention à ne pas organiser trop de réunions, afin de ne pas alourdir les plannings et d’éviter le sentiment d’être “surveillé”. Un projet est né à la sortie du confinement : l’ouverture d’un site Coddity dans la campagne limousine, un cadre de travail spacieux et calme. À long terme, on envisage de développer une activité dans cette région peu connue et souvent délaissée.

Quel est le bilan de cette année ? Comment vous projetez-vous pour 2021 ?

SC : Notre activité initiale liée à l’événementiel étant impossible dans les conditions actuelles, nous avons décidé de la mettre entre parenthèses et de nous lancer dans une nouvelle aventure en cherchant à répondre à la problématique de l’accès à l’énergie sur le continent africain. Plusieurs études terrain en Afrique sont prévues, ainsi que la rencontre d’un grand nombre d’acteurs et la fabrication de premiers prototypes.
LG : Notre communication a durablement évolué, nous savons différencier les échanges pouvant ou non se faire à l’écrit, ce qui permet un véritable gain de temps et une limitation de la frustration entre les membres de l’équipe.
PH : Notre incubation à H7 (lieu de vie dédié aux entrepreneurs à Lyon) et notre 4e place sur 50 projets au concours du Digital InPulse #App4Good en octobre a permis de rendre visible Medicamentum. Nous avons également recruté 3 personnes supplémentaires pour accélérer le développement.
* Application d’analyse de composition des produits cosmétiques

SVEN CUSSEAU
Étudiant en ingénierie mécanique, fondateur de la start-up ChargEos (bornes de rechargement de téléphones portables automatisées et alimentées par panneaux solaires).

LUCIE GRATREAU
Apprentie à l’UTC en informatique, fondatrice de la start-up Bring Lights (jeu de société d’enquêtes coopératif).

CHRISTOPHER BELLIARD
Fondateur de Coddity spécialisée dans les activités de développements web et data science.

PASCAL HUYNH
Fondateur de Beyowi, studio de développement mobile et web made in Paris.